et du hadith d’Ibn Mas‘ūd, qui est celui de Zayd ibn Arqam, lequel rapporte :
« Nous parlions pendant la prière, jusqu’à ce que soit révélé : “Et tenez-vous debout devant Allah avec recueillement.” [La Vache : 238] Il nous fut alors ordonné de garder le silence et interdit de parler. »
Ainsi que du hadith de Mu‘āwiya ibn al-Hakam al-Sulamī : « J’ai entendu le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dire : “Notre prière n’admet aucune parole ordinaire. Elle consiste uniquement à glorifier Allah, à proclamer Son unicité, à Le louer et à réciter le Coran.” »
Ils divergent toutefois sur deux cas : celui où l’on parle par inadvertance et celui où l’on parle délibérément pour rectifier la prière.
Al-Awzā‘ī s’est distingué par un avis isolé : celui qui parle pendant la prière pour sauver une vie ou pour une affaire grave poursuit sa prière sans la recommencer. Selon l’avis le plus connu de l’école de Mālik, parler délibérément pour rectifier la prière ne l’invalide pas. Al-Shāfi‘ī estime que toute parole l’invalide, sauf lorsqu’elle est prononcée par oubli. Abū Hanīfa considère, quant à lui, que toute parole l’invalide, quelles que soient les circonstances.
Leur divergence tient à l’opposition entre les sens apparents des hadiths relatifs à cette question. En effet, les hadiths précédents impliquent une interdiction générale de parler, tandis que le célèbre hadith d’Abū Hurayra rapporte :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — mit fin à sa prière après deux unités. Dhū al-Yadayn lui demanda : “La prière a-t-elle été raccourcie, ou as-tu oublié, ô Messager d’Allah ?” Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — demanda : “Dhū al-Yadayn a-t-il dit vrai ?” Ils répondirent : “Oui.” Le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — se leva alors, accomplit deux autres unités de prière, puis prononça la salutation finale. »
Le sens apparent de ce récit est que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — parla, de même que les fidèles présents avec lui, puis qu’ils poursuivirent leur prière sans que ces paroles l’aient invalidée.
Ceux qui retiennent ce sens apparent et considèrent que ce cas concerne spécifiquement les paroles destinées à rectifier la prière en font une exception à l’interdiction générale. Tel est l’avis de Mālik ibn Anas.
D’autres estiment que rien dans ce hadith ne prouve qu’ils aient parlé délibérément pendant la prière : ce qui ressort plutôt du récit, c’est qu’ils parlèrent en pensant que la prière avait été raccourcie, tandis que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — parla en pensant l’avoir achevée. Ils ne tiennent pas non plus pour établi que les fidèles aient parlé après cette parole du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut : « La prière n’a pas été raccourcie et je n’ai pas oublié. » Ils en concluent que le hadith permet uniquement de parler lorsque cela n’est pas délibéré.
Ainsi, la divergence entre Mālik et al-Shāfi‘ī sur l’exception à cette interdiction générale tient à leur divergence quant à