En vérité, ce qui est prescrit de manière générale ne doit pas nécessairement être une condition de validité d’un autre acte prescrit, même lorsqu’il intervient dans cet acte : une autre prescription est nécessaire pour l’établir. De même, l’abstention de ce qui est interdit de manière générale ne constitue une condition de validité d’un acte qu’en vertu d’une autre prescription.
[Sixième chapitre : les lieux où l’on ne doit pas prier]
Sixième chapitre
Concernant les lieux où l’on peut prier, certains autorisent la prière en tout lieu exempt de souillure. D’autres en exceptent sept : les dépôts d’ordures, les abattoirs, les cimetières, les voies de passage, les bains, les aires de repos des chameaux et le toit de la Maison d’Allah. D’autres n’exceptent que les cimetières ; d’autres encore, les cimetières et les bains. Certains jugent répréhensible de prier dans ces lieux visés par l’interdiction, sans toutefois déclarer la prière invalide. C’est l’un des avis rapportés de Mālik. On rapporte également de lui qu’il l’autorise : telle est la version transmise par Ibn al-Qāsim.
Leur divergence tient à la contradiction apparente entre les traditions rapportées à ce sujet. Il existe en effet deux hadiths dont l’authenticité est admise et deux autres dont l’authenticité est discutée.
Les deux premiers sont ces paroles du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :
« On m’a accordé cinq choses qui n’avaient été accordées à personne avant moi. »
Il mentionna notamment :
« On a fait pour moi de la terre un lieu de prière et un moyen de purification. Où que me surprenne l’heure de la prière, je prie. »
Et cette autre parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :
« Accomplissez une partie de vos prières dans vos maisons et n’en faites pas des tombes. »
Quant aux deux hadiths dont l’authenticité ne fait pas l’unanimité, le premier rapporte :
« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a interdit de prier en sept lieux : les dépôts d’ordures, les abattoirs, les cimetières, les voies de passage, les bains, les aires de repos des chameaux et le toit de la Maison d’Allah. »
Ce hadith est rapporté par al-Tirmidhī.
Le second rapporte cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut :
« Priez dans les aires de repos du petit bétail, mais ne priez pas dans celles des chameaux. »
Les savants ont adopté trois approches à l’égard de ces hadiths. La première consiste à accorder la prépondérance à certains textes et à retenir l’abrogation ; la deuxième consiste à articuler les textes entre eux, c’est-à-dire les textes de portée particulière avec ceux de portée générale ; la troisième consiste à les concilier.
Ceux qui ont retenu la prépondérance et l’abrogation se sont appuyés sur le hadith bien connu, à savoir cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut : « On a fait