la prière ou non. Ils divergent également sur l’étendue des parties intimes chez l’homme et chez la femme.
Selon le sens apparent de la doctrine de Mālik, couvrir les parties intimes relève des pratiques de la sunna propres à la prière. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī considèrent, quant à eux, que cela compte parmi les obligations de la prière.
Cette divergence tient à la contradiction entre les récits transmis et à leur désaccord sur le sens de cette parole du Très-Haut :
« Ô enfants d’Adam ! Portez votre parure en tout lieu de prière. »
[al-A‘rāf : 31]
Cet ordre exprime-t-il une obligation ou une recommandation ? Ceux qui y voient une obligation estiment qu’il vise le fait de couvrir les parties intimes. Ils invoquent à l’appui les circonstances de la révélation de ce verset : une femme accomplissait les circumambulations autour de la Maison sacrée, nue, en disant :
Aujourd’hui s’en dévoile une partie, ou le tout ;
Mais ce qui s’en dévoile, je ne le permets à personne.
Ce verset fut alors révélé :
« Et le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — ordonna qu’après cette année, aucun polythéiste n’accomplisse le pèlerinage et que personne ne fasse les circumambulations autour de la Maison sacrée en étant nu. »
Ceux qui comprennent cet ordre comme une recommandation estiment qu’il vise la parure extérieure : le manteau et les autres vêtements qui servent à se parer. Ils invoquent à l’appui ce qui est rapporté dans le hadith :
« Des hommes priaient avec le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, leurs pagnes noués autour du cou, à la manière des enfants. On disait aux femmes : “Ne relevez pas la tête avant que les hommes ne soient bien assis.” »
Ils ajoutent : c’est pourquoi nul ne conteste que celui qui ne trouve rien pour couvrir ses parties intimes doit prier, tandis qu’il y a divergence sur le fait de savoir si celui qui ne peut se purifier doit prier ou non.
Quant à la deuxième question, qui porte sur l’étendue des parties intimes chez l’homme, Mālik et al-Shāfi‘ī estiment qu’elles correspondent à la région située entre le nombril et le genou. Abū Hanīfa est du même avis. D’autres considèrent que, chez l’homme, elles se limitent aux organes génitaux et à l’anus.
Cette divergence tient à deux récits contradictoires, tous deux établis. Le premier est le hadith de Jurhud, selon lequel le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :
« La cuisse fait partie des parties intimes. »
Le second est le hadith d’Anas :
« Le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — découvrit sa cuisse alors qu’il était assis avec ses Compagnons. »
Al-Bukhārī a dit : « Le hadith d’Anas possède une chaîne de transmission plus solide, tandis que celui de Jurhud invite à davantage de prudence. »
Certains ont également dit : les parties intimes comprennent l’anus, l’organe génital et la cuisse.