Cette divergence tient à la question suivante : l’iqāma fait-elle partie des actes qui précisent les modalités de l’ordre de prier, et doit-elle donc être considérée comme obligatoire en vertu de cette parole du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« Priez comme vous m’avez vu prier » ;
ou fait-elle partie des actes considérés comme recommandés ?
Le sens apparent du hadith de Mālik ibn al-Huwayrith implique qu’elle est obligatoire, soit pour la prière en groupe, soit pour celui qui prie seul.
Quant à la forme de l’iqāma, selon Mālik et al-Shāfi‘ī, la proclamation initiale de la grandeur d’Allah se prononce deux fois, tandis que les formules suivantes se disent une seule fois. La formule « La prière commence » fait toutefois l’objet d’une divergence : elle se prononce une fois selon Mālik et deux fois selon al-Shāfi‘ī.
Chez les hanafites, les formules de l’iqāma se prononcent toutes deux fois. Ahmad ibn Hanbal laisse le choix entre les prononcer une fois ou deux, conformément à sa position sur les différentes formes de l’adhān.
Cette divergence vient de la contradiction entre le hadith d’Anas relatif à cette question et celui d’Abū Laylā, précédemment cité. En effet, le hadith authentiquement établi d’Anas rapporte :
« Il fut ordonné à Bilāl de prononcer deux fois les formules de l’adhān et une seule fois celles de l’iqāma, à l’exception de : “La prière commence.” »
Dans le hadith d’Abū Laylā, il est rapporté que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — :
« donna un ordre à Bilāl, qui prononça alors deux fois les formules de l’adhān et deux fois celles de l’iqāma. »
La majorité des savants considère que les femmes ne sont tenues de prononcer ni l’adhān ni l’iqāma. Mālik a dit : « Si elles prononcent l’iqāma, c’est une bonne chose. » Al-Shāfi‘ī a dit : « Si elles prononcent l’adhān et l’iqāma, c’est une bonne chose. » Ishāq a dit : « Elles sont tenues de prononcer l’adhān et l’iqāma. »
Il est rapporté de ‘Ā’isha qu’elle prononçait l’adhān et l’iqāma, selon ce qu’a mentionné Ibn al-Mundhir. Cette divergence revient à la question de savoir si la femme peut ou non diriger la prière. On a également formulé la question ainsi : le principe est-il que la femme soit soumise aux mêmes règles que l’homme dans tout acte d’adoration, sauf lorsqu’une preuve établit une règle qui lui est propre ? Ou n’en va-t-il ainsi que pour certains actes, tandis que, pour d’autres, une preuve doit être recherchée ?
[Troisième chapitre de la deuxième partie : la direction de la prière]
Les musulmans s’accordent à considérer que s’orienter vers la Maison sacrée est l’une des conditions de validité de la prière, en vertu de cette parole du Très-Haut :
« D’où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. »
[al-Baqara : 149]
Lorsque le fidèle voit la Maison sacrée, il doit, selon eux, s’orienter vers l’édifice même. Ce point ne fait l’objet d’aucune divergence.
En revanche, lorsque la Kaaba n’est pas visible, ils divergent sur deux points :
Le premier : faut-il s’orienter vers l’édifice même ou vers sa direction ?
Le second :