Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Et ce récit étaye l’avis de ceux qui imposent d’inclure les coudes dans le lavage. En effet, lorsqu’un terme se prête également à deux sens, on ne doit retenir l’un d’eux qu’en présence d’une preuve. Si, toutefois, dans la langue arabe, ilā exprime plus manifestement une limite que l’accompagnement (« avec »), et si le terme yad désigne plus manifestement ce qui se situe en deçà du bras que ce qui se situe au-delà, alors l’avis de ceux qui n’incluent pas les coudes est plus solide du point de vue du sens des mots. En revanche, l’avis de ceux qui les incluent est mieux étayé par ce récit, à moins d’y voir une simple recommandation. Comme on le voit, la question se prête à plusieurs interprétations.

Certains ont affirmé que, lorsque la limite est de même nature que ce qu’elle délimite, elle y est incluse ; sinon, elle ne l’est pas.

Sixième question, relative à la délimitation

Les savants s’accordent à considérer le passage de la main mouillée sur la tête comme l’une des obligations des ablutions. Ils divergent toutefois sur l’étendue minimale permettant de s’acquitter de cette obligation. Mālik estime qu’il faut passer la main mouillée sur toute la tête. Al-Shāfi‘ī, certains disciples de Mālik et Abū Hanīfa considèrent que l’obligation ne porte que sur une partie de celle-ci. Parmi les disciples de Mālik, certains fixent cette partie au tiers de la tête, d’autres aux deux tiers. Abū Hanīfa la fixe au quart. Il détermine également la partie minimale de la main avec laquelle ce geste doit être accompli : selon lui, passer moins de trois doigts sur la tête ne suffit pas. Quant à al-Shāfi‘ī, il ne fixe d’étendue minimale ni pour la partie de la main utilisée ni pour celle de la tête sur laquelle elle passe.

Cette divergence tient à la pluralité des sens de la préposition bā’ en arabe. Elle est tantôt explétive, comme dans la parole du Très-Haut :

« Qui produit de l’huile. »

[al-Mu’minūn : 20]

Cela vaut selon la lecture tunbitu, avec un u sur le t et un i sur le b, du verbe anbata (« faire pousser »). Tantôt, elle a un sens partitif, comme lorsqu’on dit : « J’ai saisi une partie de son vêtement et de son bras. » Il n’y a aucun sens à nier cet usage en arabe — je veux dire le sens partitif de bā’ —, que reconnaissent les grammairiens de Kūfa.

Ceux qui la considèrent comme explétive imposent de passer la main mouillée sur toute la tête ; par « explétive », on entend ici qu’elle renforce le sens. Ceux qui lui donnent un sens partitif n’imposent ce geste que sur une partie de la tête.

Les tenants de cette dernière interprétation invoquent le hadith d’al-Mughīra :

« Le Prophète — sur lui la prière et le salut — accomplit ses ablutions et passa la main mouillée sur l’avant de sa tête ainsi que sur son turban. »

Ce hadith est rapporté par Muslim.

Même si nous admettons que bā’ est explétive, une autre possibilité d’interprétation demeure : faut-il obligatoirement retenir l’étendue minimale de ce que désignent les termes, ou leur étendue maximale ?

Septième question, relative au nombre de répétitions

Les savants s’accordent à considérer qu’il est obligatoire de laver une seule fois chacun des membres soumis au lavage, à condition que celui-ci soit complet, et qu’il est recommandé de les laver deux ou trois fois. Il est en effet authentiquement rapporté :

« Le Prophète — sur lui la prière et le salut — accomplit ses ablutions en lavant chaque membre une fois ; il les accomplit aussi en lavant chaque membre deux fois, puis trois fois. »

De plus, l’ordre n’implique que d’accomplir l’acte une seule fois (je veux dire l’ordre

وَهُوَ حُجَّةٌ لِقَوْلِ مَنْ أَوْجَبَ إِدْخَالَهَا فِي الْغَسْلِ ; لِأَنَّهُ إِذَا تَرَدَّدَ اللَّفْظُ بَيْنَ الْمَعْنَيَيْنِ عَلَى السَّوَاءِ وَجَبَ أَنْ لَا يُصَارَ إِلَى أَحَدِ الْمَعْنَيَيْنِ إِلَّا بِدَلِيلٍ، وَإِنْ كَانَتْ (إِلَى) فِي كَلَامِ الْعَرَبِ أَظَهَرَ فِي مَعْنَى الْغَايَةِ مِنْهَا فِي مَعْنَى (مَعَ) وَكَذَلِكَ اسْمُ الْيَدِ أَظَهَرُ فِيمَا دُونَ الْعَضُدِ مِنْهُ فِيمَا فَوْقَ الْعَضُدِ، فَقَوْلُ مَنْ لَمْ يُدْخِلْهَا مِنْ جِهَةِ الدَّلَالَةِ اللَّفْظِيَّةِ أَرَجَحُ، وَقَوْلُ مَنْ أَدْخَلَهَا مِنْ جِهَةِ هَذَا الْأَثَرِ أَبْيَنُ، إِلَّا أَنْ يُحْمَلَ هَذَا الْأَثَرُ عَلَى النَّدْبِ، وَالْمَسْأَلَةُ مُحْتَمِلَةٌ كَمَا تَرَى، وَقَدْ قَالَ قَوْمٌ: إِنَّ الْغَايَةَ إِذَا كَانَتْ مِنْ جِنْسِ ذِي الْغَايَةِ دَخَلَتْ فِيهِ، وَإِنْ لَمْ تَكُنْ مِنْ جِنْسِهِ لَمْ تَدْخُلْ فِيهِ. الْمَسْأَلَةُ السَّادِسَةُ مِنَ التَّحْدِيدِ اتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ مَسْحَ الرَّأْسِ مِنْ فُرُوضِ الْوُضُوءِ، وَاخْتَلَفُوا فِي الْقَدْرِ الْمُجْزِئِ مِنْهُ. فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّ الْوَاجِبَ مَسْحُهُ كُلُّهُ، وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ وَبَعْضُ أَصْحَابِ مَالِكٍ وَأَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّ مَسْحَ بَعْضِهِ هُوَ الْفَرْضُ، وَمِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ مَنْ حَدَّ هَذَا الْبَعْضَ بِالثُّلُثِ، وَمِنْهُمْ مَنْ حَدَّهُ بِالثُّلُثَيْنِ، وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ فَحَدَّهُ بِالرُّبُعِ، وَحَدَّ مَعَ هَذَا الْقَدْرَ مِنَ الْيَدِ الَّذِي يَكُونُ بِهِ الْمَسْحُ، فَقَالَ: إِنْ مَسَحَهُ بِأَقَلَّ مِنْ ثَلَاثَةِ أَصَابِعَ لَمْ يُجْزِهِ. وَأَمَّا الشَّافِعِيُّ فَلَمْ يَحُدَّ فِي الْمَاسِحِ وَلَا فِي الْمَمْسُوحِ حَدًّا. وَأَصْلُ هَذَا الِاخْتِلَافِ الِاشْتِرَاكُ الَّذِي فِي الْبَاءِ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ، وَذَلِكَ أَنَّهَا مَرَّةً تَكُونُ زَائِدَةً مِثْلَ قَوْله تَعَالَى: {تَنْبُتُ بِالدُّهْنِ} [المؤمنون: ٢٠] عَلَى قِرَاءَةِ مَنْ قَرَأَ " تُنْبِتُ " بِضَمِّ التَّاءِ وَكَسْرِ الْبَاءِ مِنْ " أَنْبَتَ " ، وَمَرَّةً تَدُلُّ عَلَى التَّبْعِيضِ مِثْلَ قَوْلِ الْقَائِلِ: أَخَذْتُ بِثَوْبِهِ وَبِعَضُدِهِ، وَلَا مَعْنَى لِإِنْكَارِ هَذَا فِي كَلَامِ الْعَرَبِ (أَعْنِي كَوْنَ الْبَاءِ مُبَعِّضَةً) وَهُوَ قَوْلُ الْكُوفِيِّينَ مِنَ النَّحْوِيِّينَ. فَمَنْ رَآهَا زَائِدَةً أَوْجَبَ مَسْحَ الرَّأْسِ كُلِّهِ ; وَمَعْنَى الزَّائِدَةِ هَاهُنَا كَوْنُهَا مُؤَكِّدَةً، وَمَنْ رَآهَا مُبَعِّضَةً أَوْجَبَ مَسْحَ بَعْضِهِ. وَقَدِ احْتَجَّ مَنْ رَجَّحَ هَذَا الْمَفْهُومَ بِحَدِيثِ الْمُغِيرَةِ «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - تَوَضَّأَ فَمَسَحَ بِنَاصِيَتِهِ وَعَلَى الْعِمَامَةِ» خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَإِنْ سَلَّمْنَا أَنَّ الْبَاءَ زَائِدَةٌ بَقِيَ هَاهُنَا أَيْضًا احْتِمَالٌ آخَرُ، وَهُوَ هَلِ الْوَاجِبُ الْأَخْذُ بِأَوَائِلِ الْأَسْمَاءِ أَوْ بِأَوَاخِرِهَا. الْمَسْأَلَةُ السَّابِعَةُ مِنَ الْأَعْدَادِ اتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ الْوَاجِبَ مِنْ طَهَارَةِ الْأَعْضَاءِ الْمَغْسُولَةِ مَرَّةً مَرَّةً إِذَا أَسْبَغَ، وَأَنَّ الِاثْنَيْنِ وَالثَّلَاثَ مَنْدُوبٌ إِلَيْهِمَا، لِمَا صَحَّ «أَنَّهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - تَوَضَّأَ مَرَّةً مَرَّةً وَتَوَضَّأَ مَرَّتَيْنِ مَرَّتَيْنِ وَتَوَضَّأَ ثَلَاثًا ثَلَاثًا» وَلِأَنَّ الْأَمْرَ لَيْسَ يَقْتَضِي إِلَّا الْفِعْلَ مَرَّةً مَرَّةً (أَعْنِي الْأَمْرَ

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