Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la prière ont rendu obligatoires les conditions requises pour celle-ci ; ceux qui n’ont pas fait cette analogie ne les ont pas rendues obligatoires.

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit :
« Il nous a été rapporté qu’Abū Wā’il ibn Hujr a dit : “C’est un devoir et une sunna établie de ne prononcer l’adhān que debout et de ne le prononcer qu’en état de pureté rituelle.” »

Il ajoute :
« Abū Wā’il compte parmi les Compagnons. Lorsqu’il qualifie cela de sunna, son propos relève des récits rattachés au Prophète et prévaut sur l’analogie. »

Le juge a dit :
« Al-Tirmidhī a rapporté d’après Abū Hurayra que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit : “Seul celui qui a fait ses ablutions doit prononcer l’adhān.” »

[Cinquième partie : ce que dit celui qui entend le muezzin]

Cinquième partie

Les savants ont divergé sur ce que doit dire celui qui entend le muezzin. Certains estiment qu’il répète ses paroles mot pour mot jusqu’à la fin de l’appel. D’autres estiment qu’il répète les mêmes paroles, sauf lorsque le muezzin dit : « Venez à la prière ! Venez à la réussite ! » Il dit alors : « Il n’est de force ni de puissance que par Allah. »

Cette divergence vient de la contradiction entre les récits transmis. En effet, il est rapporté dans le hadith d’Abū Sa‘īd al-Khudrī que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit :
« Lorsque vous entendez le muezzin, dites ce qu’il dit. »

Mais il est rapporté par la voie de ‘Umar ibn al-Khattāb, ainsi que dans le hadith de Mu‘āwiya, que celui qui entend : « Venez à la réussite ! » dit : « Il n’est de force ni de puissance que par Allah. »

Ceux qui ont choisi de donner la prépondérance à l’un des récits ont retenu la portée générale du hadith d’Abū Sa‘īd al-Khudrī. Ceux qui ont interprété l’énoncé général à la lumière de l’énoncé particulier ont concilié les deux hadiths. Telle est la position de Mālik ibn Anas.

[Deuxième section du deuxième chapitre de la deuxième partie : l’iqāma]

Ils ont divergé sur deux points concernant l’iqāma : son statut juridique et sa forme.

Quant à son statut, les juristes des grandes cités la considèrent, tant pour les individus que pour les groupes, comme une sunna fortement recommandée, plus encore que l’adhān. Les tenants de l’école littéraliste la considèrent comme une obligation. J’ignore toutefois s’ils en font une obligation en soi ou l’une des obligations constitutives de la prière. La différence est que, selon la première position, son omission n’invalide pas la prière, tandis que, selon la seconde, elle l’invalide.

Ibn Kināna, l’un des disciples de Mālik, a dit : « Celui qui l’omet délibérément voit sa prière invalidée. »

الصَّلَاةِ، أَوْجَبَ تِلْكَ الشُّرُوطَ الْمَوْجُودَةَ فِي الصَّلَاةِ، وَمَنْ لَمْ يَقِسْهَا لَمْ يُوجِبْ ذَلِكَ. قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: قَدْ رُوِّينَا عَنْ أَبِي وَائِلِ بْنِ حُجْرٍ قَالَ: حَقٌّ وَسُنَّةٌ مَسْنُونَةٌ أَنْ لَا يُؤَذِّنَ إِلَّا وَهُوَ قَائِمٌ، وَلَا يُؤَذِّنَ إِلَّا عَلَى طُهْرٍ، قَالَ: وَأَبُو وَائِلٍ هُوَ مِنَ الصَّحَابَةِ، وَقَوْلُهُ سُنَّةٌ يَدْخُلُ فِي الْمُسْنَدِ وَهُوَ أَوْلَى مِنَ الْقِيَاسِ. قَالَ الْقَاضِي: وَقَدْ خَرَّجَ التِّرْمِذِيُّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ «لَا يُؤَذِّنُ إِلَّا مُتَوَضِّئٌ» . [الْقِسْمُ الْخَامِسُ فِيمَا يَقُولُهُ السَّامِعُ لِلْمُؤَذِّنِ] الْقِسْمُ الْخَامِسُ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيمَا يَقُولُهُ السَّامِعُ لِلْمُؤَذِّنِ: فَذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّهُ يَقُولُ مَا يَقُولُ الْمُؤَذِّنُ كَلِمَةً بِكَلِمَةٍ إِلَى آخِرِ النِّدَاءِ، وَذَهَبَ آخَرُونَ إِلَى أَنَّهُ يَقُولُ مِثْلَ مَا يَقُولُ الْمُؤَذِّنُ إِلَّا إِذَا قَالَ حَيِّ عَلَى الصَّلَاةِ حَيِّ عَلَى الْفَلَاحِ، فَإِنَّهُ يَقُولُ: لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ. وَالسَّبَبُ فِي الِاخْتِلَافِ فِي ذَلِكَ تَعَارُضُ الْآثَارِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ قَدْ رُوِيَ مِنْ حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - قَالَ: «إِذَا سَمِعْتُمُ الْمُؤَذِّنَ، فَقُولُوا مِثْلَ مَا يَقُولُ» ، وَجَاءَ مِنْ طَرِيقِ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، وَحَدِيثِ مُعَاوِيَةَ أَنَّ السَّامِعَ يَقُولُ عِنْدَ حَيِّ عَلَى الْفَلَّاحِ لَا حَوْلَ وَلَا قُوَّةَ إِلَّا بِاللَّهِ. فَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ أَخَذَ بِعُمُومِ حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ. وَمَنْ بَنَى الْعَامَّ فِي ذَلِكَ عَلَى الْخَاصِّ جَمَعَ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكِ بْنِ أَنَسٍ. [الْفَصْلُ الثَّانِي مِنَ الْبَابِ الثَّانِي مِنَ الْجُمْلَةِ الثَّانِيَةِ فِي الْإِقَامَةِ] ِ اخْتَلَفُوا فِي الْإِقَامَةِ فِي مَوْضِعَيْنِ: فِي حُكْمِهَا، وَفِي صِفَتِهَا. أَمَّا حُكْمُهَا فَإِنَّهَا عِنْدَ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ فِي حَقِّ الْأَعْيَانِ وَالْجَمَاعَاتِ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ أَكْثَرُ مِنَ الْأَذَانِ، وَهِيَ عِنْدَ أَهْلِ الظَّاهِرِ فَرْضٌ وَلَا أَدْرِي هَلْ هِيَ فَرْضٌ عِنْدَهُمْ عَلَى الْإِطْلَاقِ أَوْ فَرْضٌ مِنْ فُرُوضِ الصَّلَاةِ؟ وَالْفَرْقُ بَيْنَهُمَا أَنَّ عَلَى الْقَوْلِ الْأَوَّلِ لَا تَبْطُلُ الصَّلَاةُ بِتَرْكِهَا. وَعَلَى الثَّانِي: تَبْطُلُ، وَقَالَ ابْنُ كِنَانَةَ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ: مَنْ تَرَكَهَا عَامِدًا بَطَلَتْ صَلَاتُهُ.

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