Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Quatrième partie de la première section : les conditions de l’adhān]

Quatrième partie de la première section : les conditions

Cette partie comporte huit questions :

La première : celui qui prononce l’adhān doit-il également prononcer l’iqāma (l’annonce du début de la prière) ?

La deuxième : faut-il s’abstenir de parler au cours de l’adhān ?

La troisième : celui qui prononce l’adhān doit-il être en état de pureté rituelle ?

La quatrième : doit-il être tourné vers la qibla ?

La cinquième : doit-il être debout ?

La sixième : est-il réprouvé de prononcer l’adhān en étant sur une monture ?

La septième : faut-il avoir atteint la puberté pour prononcer l’adhān ?

La huitième : celui qui prononce l’adhān doit-il s’abstenir de percevoir une rémunération pour cela, ou lui est-il permis d’en recevoir une ?

Quant au cas où un homme prononce l’adhān et un autre l’iqāma, la plupart des juristes des grandes cités l’autorisent, tandis que certains l’interdisent.

Cette divergence vient de ce que deux hadiths contradictoires ont été rapportés à ce sujet.

Le premier est le hadith d’al-Sudā’ī, qui dit :

« Je me rendis auprès du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut. Lorsque vint l’heure de la prière de l’aube, il m’ordonna de prononcer l’adhān, ce que je fis. Puis il se leva pour la prière. Bilāl vint alors prononcer l’iqāma, mais le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — dit : “Notre frère de Sudā’ a prononcé l’adhān ; c’est à celui qui prononce l’adhān de prononcer l’iqāma.” »

Le second hadith rapporte ceci :

« Lorsque l’adhān fut montré en songe à ‘Abd Allāh ibn Zayd, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — ordonna à Bilāl de le prononcer, ce qu’il fit. Puis il ordonna à ‘Abd Allāh de prononcer l’iqāma, ce qu’il fit. »

Ceux qui ont retenu l’abrogation disent : « Le hadith de ‘Abd Allāh ibn Zayd est antérieur, et celui d’al-Sudā’ī est postérieur. »

Ceux qui ont donné la prépondérance à l’un des deux disent : « Le hadith de ‘Abd Allāh ibn Zayd est plus solidement établi, car ‘Abd al-Rahmān ibn Ziyād al-Ifrīqī est le seul à avoir transmis celui d’al-Sudā’ī, et il ne fait pas autorité à leurs yeux. »

Quant à leur divergence sur la rémunération de l’adhān, elle tient à leur désaccord sur l’authenticité du récit rapporté à ce sujet, à savoir le hadith de ‘Uthmān ibn Abī al-‘Ās, qui dit :

« Parmi les dernières recommandations que m’a faites le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — figurait celle de choisir un muezzin qui ne perçoive aucune rémunération pour son adhān. »

Ceux qui interdisent cette rémunération assimilent, sur ce point, l’adhān à la prière par analogie.

Quant aux autres conditions, la divergence à leur sujet tient à l’application à l’adhān, par analogie, des règles de la prière. Ainsi, ceux qui l’ont assimilé à

[الْقِسْمُ الرَّابِعُ مِنَ الْفَصْلِ الْأَوَّلِ فِي شُّرُوطِ الأذان] الْقِسْمُ الرَّابِعُ مِنَ الْفَصْلِ الْأَوَّلِ: فِي الشُّرُوطِ وَفِي هَذَا الْقِسْمِ مَسَائِلُ ثَمَانِيَةٌ: إِحْدَاهَا هَلْ مِنْ شُرُوطِ مَنْ أَذَّنَ أَنْ يَكُونَ هُوَ الَّذِي يُقِيمُ أَمْ لَا؟ وَالثَّانِيَةُ هَلْ مِنْ شُرُوطِ الْأَذَانِ أَلَّا يُتَكَلَّمَ فِي أَثْنَائِهِ أَمْ لَا؟ وَالثَّالِثَةُ: هَلْ مِنْ شَرْطِهِ أَنْ يَكُونَ عَلَى طَهَارَةٍ أَمْ لَا؟ . وَالرَّابِعَةُ: هَلْ مَنْ شَرْطِهِ أَنْ يَكُونَ مُتَوَجِّهًا إِلَى الْقِبْلَةِ أَمْ لَا؟ وَالْخَامِسَةُ: هَلْ مِنْ شَرْطِهِ أَنْ يَكُونَ قَائِمًا أَمْ لَا؟ وَالسَّادِسَةُ: هَلْ يُكْرَهُ أَذَانُ الرَّاكِبِ أَمْ لَيْسَ يُكْرَهُ؟ وَالسَّابِعَةُ: هَلْ مِنْ شَرْطِهِ الْبُلُوغُ أَمْ لَا؟ وَالثَّامِنَةُ: هَلْ مِنْ شَرْطِهِ أَنْ لَا يَأْخُذَ عَلَى الْأَذَانِ أَجْرًا أَمْ يَجُوزُ لَهُ أَنْ يَأْخُذَهُ؟ . فَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الرَّجُلَيْنِ يُؤَذِّنُ أَحَدُهُمَا وَيُقِيمُ الْآخَرُ، فَأَكْثَرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ عَلَى إِجَازَةِ ذَلِكَ، وَذَهَبَ بَعْضُهُمْ إِلَى أَنَّ ذَلِكَ لَا يَجُوزُ. وَالسَّبَبُ فِي ذَلِكَ أَنَّهُ وَرَدَ فِي هَذَا حَدِيثَانِ مُتَعَارِضَانِ: أَحَدُهُمَا حَدِيثُ الصُّدَائِيِّ قَالَ: «أَتَيْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَلَمَّا كَانَ أَوَانُ الصُّبْحِ أَمَرَنِي فَأَذَّنْتُ، ثُمَّ قَامَ إِلَى الصَّلَاةِ، فَجَاءَ بِلَالٌ لِيُقِيمَ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: إِنَّ أَخَا صُدَاءَ أَذَّنَ، وَمَنْ أَذَّنَ فَهُوَ يُقِيمُ» . وَالْحَدِيثُ الثَّانِي: مَا رُوِيَ «أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ زَيْدٍ حِينَ أُرِيَ الْأَذَانَ أَمَرَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - بِلَالًا فَأَذَّنَ، ثُمَّ أَمَرَ عَبْدَ اللَّهِ فَأَقَامَ» . فَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ النَّسْخِ قَالَ: حَدِيثُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَيْدٍ مُتَقَدِّمٌ وَحَدِيثُ الصُّدَائِيِّ مُتَأَخِّرٌ. وَمَنْ ذَهَبَ مَذْهَبَ التَّرْجِيحِ قَالَ: حَدِيثُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَيْدٍ أَثْبَتُ لِأَنَّ حَدِيثَ الصُّدَائِيِّ انْفَرَدَ بِهِ عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ زِيَادٍ الْإِفْرِيقِيُّ، وَلَيْسَ بِحُجَّةٍ عِنْدَهُمْ. وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الْأُجْرَةِ عَلَى الْأَذَانِ فَلِمَكَانِ اخْتِلَافِهِمْ فِي تَصْحِيحِ الْخَبَرِ الْوَارِدِ فِي ذَلِكَ: أَعْنِي حَدِيثَ عُثْمَانَ بْنِ أَبِي الْعَاصِ أَنَّهُ قَالَ: «إِنَّ مِنْ آخِرِ مَا عَهِدَ إِلَيَّ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ أَتَّخِذَ مُؤَذِّنًا لَا يَأْخُذُ عَلَى أَذَانِهِ أَجْرًا» . وَمَنْ مَنَعَهُ قَاسَ الْأَذَانَ فِي ذَلِكَ عَلَى الصَّلَاةِ. وَأَمَّا سَائِرُ الشُّرُوطِ الْأُخَرِ فَسَبَبُ الْخِلَافِ فِيهَا هُوَ قِيَاسُهَا عَلَى الصَّلَاةِ، فَمَنْ قَاسَهَا عَلَى

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