Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

« Bilāl reçut l’ordre de prononcer les formules de l’adhān en nombre pair et celles de l’iqāma en nombre impair, à l’exception de “La prière est sur le point de commencer”, qu’il devait répéter deux fois. »

Muslim a rapporté, d’après Abū Mahdhūra, une description de l’adhān conforme à la pratique des gens du Hijāz. En raison de ces divergences entre les traditions relatives à l’adhān, Ahmad ibn Hanbal et Dāwūd ont estimé que ces différentes formes avaient été transmises pour laisser le choix, et non pour imposer l’une d’elles : chacun est donc libre de choisir entre elles.

Les savants ont également divergé sur la formule que le muezzin prononce pour la prière de l’aube : « La prière est meilleure que le sommeil. » Faut-il la dire ou non ? La majorité estime qu’elle doit être prononcée. D’autres considèrent qu’elle ne doit pas l’être, car elle ne fait pas partie de l’adhān établi par la sunna. C’est la position d’al-Shāfi‘ī.

Leur divergence tient à la question suivante : cette formule était-elle prononcée à l’époque du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, ou ne l’a-t-elle été qu’à l’époque de ‘Umar ?

[Deuxième partie de la première section du deuxième chapitre : le statut juridique de l’adhān]

Les savants ont divergé sur le statut juridique de l’adhān : est-il obligatoire ou constitue-t-il une sunna fortement recommandée ? Et, s’il est obligatoire, s’agit-il d’une obligation individuelle ou collective ?

Selon une position rapportée de Mālik, l’adhān est obligatoire dans les mosquées où se tient la prière en commun. Selon une autre, il constitue une sunna fortement recommandée. Pour celui qui prie seul, Mālik ne le considérait ni comme une obligation ni comme une sunna.

Certains représentants de l’école littéraliste estiment qu’il constitue une obligation individuelle. D’autres le déclarent obligatoire pour le groupe, en voyage comme à résidence. D’autres encore l’imposent en voyage.

Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa s’accordent à considérer l’adhān comme une sunna, tant pour celui qui prie seul que pour le groupe, tout en soulignant qu’il est plus fortement recommandé pour le groupe.

Abū ‘Umar a dit : « Tous s’accordent à considérer qu’il constitue, pour l’habitant d’une ville, soit une sunna fortement recommandée, soit une obligation, puisqu’il est établi que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, lorsqu’il entendait l’appel à la prière, ne lançait pas d’attaque ; s’il ne l’entendait pas, il attaquait. »

Leur divergence vient de l’opposition entre le sens déduit de ce récit et le sens apparent des traditions. Il est en effet établi que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut — a dit à Mālik ibn al-Huwayrith et à son compagnon :

« Lorsque vous êtes en voyage, faites l’adhān et l’iqāma, et que le plus âgé de vous deux dirige votre prière. »

À cela s’ajoutent les récits selon lesquels il a constamment pratiqué l’adhān pour la prière en commun — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut.

Ceux qui ont compris que ces textes établissaient une obligation sans restriction ont déclaré que l’adhān constituait une obligation individuelle ou une obligation pour le groupe. C’est cette position qu’Ibn al-Mughallis rapporte de Dāwūd. Ceux qui ont compris qu’il s’agissait d’appeler les fidèles à se réunir pour la prière ont estimé qu’il constituait une sunna propre aux mosquées, ou une obligation dans les lieux où se rassemble le groupe.

«أَنَّ بِلَالًا أُمِرَ أَنْ يَشْفَعَ الْأَذَانَ وَيُوتِرَ الْإِقَامَةَ إِلَّا: قَدْ قَامَتِ الصَّلَاةُ، فَإِنَّهُ يُثَنِّيهَا» وَخَرَّجَ مُسْلِمٌ عَنْ أَبِي مَحْذُورَةَ عَلَى صِفَةِ أَذَانِ الْحِجَازِيِّينَ، وَلِمَكَانِ هَذَا التَّعَارُضِ الَّذِي وَرَدَ فِي الْأَذَانِ رَأَى أَحْمَدُ بْنُ حَنْبَلٍ وَدَاوُدُ أَنَّ هَذِهِ الصِّفَاتِ الْمُخْتَلِفَةَ إِنَّمَا وَرَدَتْ عَلَى التَّخْيِيرِ لَا عَلَى إِيجَابِ وَاحِدَةٍ مِنْهَا، وَأَنَّ الْإِنْسَانَ مُخَيَّرٌ فِيهَا، وَاخْتَلَفُوا فِي قَوْلِ الْمُؤَذِّنِ فِي صَلَاةِ الصُّبْحِ الصَّلَاةُ خَيْرٌ مِنَ النَّوْمِ هَلْ يُقَالُ فِيهَا أَمْ لَا؟ فَذَهَبَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّهُ يُقَالُ ذَلِكَ فِيهَا. وَقَالَ آخَرُونَ: إِنَّهُ لَا يُقَالُ ; لِأَنَّهُ لَيْسَ مِنَ الْأَذَانِ الْمَسْنُونِ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: اخْتِلَافُهُمْ هَلْ قِيلَ ذَلِكَ فِي زَمَانِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَوْ إِنَّمَا قِيلَ فِي زَمَانِ عُمَرَ؟ . [الْقِسْمُ الثَّانِي مِنَ الْفَصْلِ الْأَوَّلِ مِنَ الْبَابِ الثَّانِي حُكْمُ الْأَذَانِ] ِ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي حُكْمِ الْأَذَانِ: هَلْ هُوَ وَاجِبٌ أَوْ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ؟ وَإِنْ كَانَ وَاجِبًا، فَهَلْ هُوَ مِنْ فُرُوضِ الْأَعْيَانِ أَوْ مِنْ فُرُوضِ الْكِفَايَةِ؟ فَقِيلَ عَنْ مَالِكٍ: إِنَّ الْأَذَانَ هُوَ فَرْضٌ عَلَى مَسَاجِدِ الْجَمَاعَاتِ، وَقِيلَ: سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ، وَلَمْ يَرَهُ عَلَى الْمُنْفَرِدِ لَا فَرْضًا وَلَا سُنَّةً. وَقَالَ بَعْضُ أَهْلِ الظَّاهِرِ: هُوَ وَاجِبٌ عَلَى الْأَعْيَانِ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: عَلَى الْجَمَاعَةِ كَانَتْ فِي سَفَرٍ أَوْ فِي حَضَرٍ، وَقَالَ بَعْضُهُمْ: فِي السَّفَرِ. وَاتَّفَقَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ عَلَى أَنَّهُ سُنَّةٌ لِلْمُنْفَرِدِ وَالْجَمَاعَةِ إِلَّا أَنَّهُ آكَدُ فِي حَقِّ الْجَمَاعَةِ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَاتَّفَقَ الْكُلُّ عَلَى أَنَّهُ سُنَّةٌ مُؤَكَّدَةٌ أَوْ فَرْضٌ عَلَى الْمِصْرِيِّ لِمَا ثَبَتَ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - كَانَ إِذَا سَمِعَ النِّدَاءَ لَمْ يُغِرْ، وَإِذَا لَمْ يَسْمَعْهُ أَغَارَ» . وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: مُعَارَضَةُ الْمَفْهُومِ مِنْ ذَلِكَ لِظَوَاهِرِ الْآثَارِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ ثَبَتَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ لِمَالِكِ بْنِ الْحُوَيْرِثِ وَلِصَاحِبِهِ: «إِذَا كُنْتُمَا فِي سَفَرٍ فَأَذِّنَا، وَأَقِيمَا، وَلْيَؤُمُّكُمَا أَكْبَرُكُمَا» ، وَكَذَلِكَ مَا رُوِيَ مِنِ اتِّصَالِ عَمَلِهِ بِهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي الْجَمَاعَةِ. فَمَنْ فَهِمَ مِنْ هَذَا الْوُجُوبَ مُطْلَقًا قَالَ: إِنَّهُ فَرْضٌ عَلَى الْأَعْيَانِ أَوْ عَلَى الْجَمَاعَةِ، وَهُوَ الَّذِي حَكَاهُ ابْنُ الْمُغَلِّسِ عَنْ دَاوُدَ، وَمَنْ فَهِمِ مِنْهُ الدُّعَاءَ إِلَى الِاجْتِمَاعِ لِلصَّلَاةِ قَالَ: إِنَّهُ سُنَّةُ الْمَسَاجِدِ أَوْ فَرْضٌ فِي الْمَوَاضِعِ الَّتِي يَجْتَمِعُ إِلَيْهَا الْجَمَاعَةُ.

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