Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et d’autres encore. Les auteurs tardifs de l’école de Mālik ont retenu la reprise des attestations : elle consiste à prononcer d’abord deux fois chacune des deux attestations à voix basse, puis à les prononcer de nouveau deux fois à voix haute.

La deuxième forme est l’adhān des Mecquois, adopté par al-Shāfi‘ī. Elle consiste à prononcer quatre fois le takbīr initial et chacune des deux attestations, et deux fois chacune des autres formules de l’adhān.

La troisième forme est l’adhān des habitants de Kūfa. Elle consiste à prononcer quatre fois le takbīr initial et deux fois chacune des autres formules de l’adhān. C’est la position d’Abū Hanīfa.

La quatrième forme est l’adhān des habitants de Bassora. Elle consiste à prononcer quatre fois le takbīr initial et trois fois chacune des deux attestations ainsi que les formules « Venez à la prière » et « Venez à la réussite ». On commence par « J’atteste qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah » et l’on poursuit jusqu’à « Venez à la réussite », puis on reprend une deuxième fois cette même suite — je veux dire les quatre formules l’une après l’autre —, avant de les reprendre une troisième fois. C’est la position d’al-Hasan al-Basrī et d’Ibn Sīrīn.

La divergence entre ces quatre groupes s’explique par la diversité des traditions rapportées à ce sujet et par celle des pratiques transmises sans interruption chez chacun d’eux. Les Médinois invoquent ainsi, à l’appui de leur position, la pratique qui s’est perpétuée à Médine. Les Mecquois invoquent eux aussi la pratique qui s’est perpétuée chez eux, de même que les habitants de Kūfa et de Bassora. Chacun dispose également de traditions étayant sa position.

Quant au fait de prononcer deux fois le takbīr au début de l’adhān, conformément à la position des gens du Hijāz, il est rapporté par des voies de transmission authentiques d’après Abū Mahdhūra et ‘Abd Allāh ibn Zayd al-Ansārī. Le fait de le prononcer quatre fois est également rapporté d’après Abū Mahdhūra par d’autres voies, ainsi que d’après ‘Abd Allāh ibn Zayd.

Al-Shāfi‘ī a dit : « Ce sont des ajouts qu’il faut accepter, d’autant que cette pratique s’est transmise sans interruption à La Mecque. »

Quant à la reprise des attestations retenue par les auteurs tardifs de l’école de Mālik, elle est rapportée par la voie d’Abū Qudāma. Abū ‘Umar a dit : « Or, Abū Qudāma est considéré chez eux comme un transmetteur faible. »

Les habitants de Kūfa, quant à eux, s’appuient sur le hadith d’Abū Laylā, dans lequel il est rapporté :

« ‘Abd Allāh ibn Zayd vit en songe un homme qui se tenait debout sur une brèche d’un mur, vêtu de deux pièces d’étoffe vertes. Il prononça l’adhān en répétant deux fois chaque formule, puis fit de même pour l’iqāma. ‘Abd Allāh en informa le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde le salut —, puis Bilāl se leva et prononça l’adhān en répétant deux fois chaque formule, et fit de même pour l’iqāma. »

Ce qu’al-Bukhārī rapporte sur cette question se limite au hadith d’Anas, dont voici le texte :

وَغَيْرِهِ، وَاخْتَارَ الْمُتَأَخِّرُونَ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ التَّرْجِيعَ، وَهُوَ أَنْ يُثَنِّيَ الشَّهَادَتَيْنِ أَوَّلًا خَفِيًّا، ثُمَّ يُثَنِّيَهُمَا مَرَّةً ثَانِيَةً مَرْفُوعَ الصَّوْتِ. وَالصِّفَةُ الثَّانِيَةُ: أَذَانُ الْمَكِّيِّينَ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَهُوَ تَرْبِيعُ التَّكْبِيرِ الْأَوَّلِ وَالشَّهَادَتَيْنِ وَتَثْنِيَةُ بَاقِي الْأَذَانِ. وَالصِّفَةُ الثَّالِثَةُ: أَذَانُ الْكُوفِيِّينَ، وَهُوَ تَرْبِيعُ التَّكْبِيرِ الْأَوَّلِ، وَتَثْنِيَةُ بَاقِي الْأَذَانِ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ. وَالصِّفَةُ الرَّابِعَةُ: أَذَانُ الْبَصْرِيِّينَ، وَهُوَ تَرْبِيعُ التَّكْبِيرِ الْأَوَّلِ وَتَثْلِيثُ الشَّهَادَتَيْنِ وَحَيِّ عَلَى الصَّلَاةِ وَحَيِّ عَلَى الْفَلَاحِ، يَبْدَأُ بِأَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ حَتَّى يَصِلَ إِلَى حَيِّ عَلَى الْفَلَاحِ، ثُمَّ يُعِيدُ كَذَلِكَ مَرَّةً ثَانِيَةً؛ أَعْنِي: الْأَرْبَعَ كَلِمَاتٍ تَبَعًا ثُمَّ يُعِيدُهُنَّ ثَالِثَةً، وَبِهِ قَالَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ وَابْنُ سِيرِينَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْ هَؤُلَاءِ الْأَرْبَعِ فِرَقٍ اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي ذَلِكَ، وَاخْتِلَافُ اتِّصَالِ الْعَمَلِ عِنْدَ كُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ، وَذَلِكَ أَنَّ الْمَدَنِيِّينَ يَحْتَجُّونَ لِمَذْهَبِهِمْ بِالْعَمَلِ الْمُتَّصِلِ بِذَلِكَ فِي الْمَدِينَةِ، وَالْمَكِّيُّونَ كَذَلِكَ أَيْضًا يَحْتَجُّونَ بِالْعَمَلِ الْمُتَّصِلِ عِنْدَهُمْ بِذَلِكَ، وَكَذَلِكَ الْكُوفِيُّونَ وَالْبَصْرِيُّونَ وَلِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْهُمْ آثَارٌ تَشْهَدُ لِقَوْلِهِ. أَمَّا تَثْنِيَةُ التَّكْبِيرِ فِي أَوَّلِهِ عَلَى مَذْهَبِ أَهْلِ الْحِجَازِ فَرُوِيَ مِنْ طُرُقٍ صِحَاحٍ عَنْ أَبِي مَحْذُورَةَ وَعَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَيْدٍ الْأَنْصَارِيِّ، وَتَرْبِيعُهُ أَيْضًا مَرْوِيٌّ عَنْ أَبِي مَحْذُورَةَ مِنْ طُرُقٍ أُخَرَ وَعَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ زَيْدٍ. قَالَ الشَّافِعِيُّ: وَهِيَ زِيَادَاتٌ يَجِبُ قَبُولُهَا مَعَ اتِّصَالِ الْعَمَلِ بِذَلِكَ بِمَكَّةَ. وَأَمَّا التَّرْجِيعُ الَّذِي اخْتَارَهُ الْمُتَأَخِّرُونَ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ فَرُوِيَ مِنْ طَرِيقِ أَبِي قُدَامَةَ، قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَأَبُو قُدَامَةَ عِنْدَهُمْ ضَعِيفٌ. وَأَمَّا الْكُوفِيُّونَ فَبِحَدِيثِ أَبِي لَيْلَى وَفِيهِ «أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ زَيْدٍ رَأَى فِي الْمَنَامِ رَجُلًا قَامَ عَلَى خُرْمِ حَائِطٍ، وَعَلَيْهِ بُرْدَانِ أَخْضَرَانِ، فَأَذَّنَ مَثْنَى، وَأَقَامَ مَثْنَى، وَأَنَّهُ أَخْبَرَ بِذَلِكَ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَامَ بِلَالٌ فَأَذَّنَ مَثْنَى، وَأَقَامَ مَثْنَى» وَالَّذِي خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ فِي هَذَا الْبَابِ إِنَّمَا هُوَ مِنْ حَدِيثِ أَنَسٍ فَقَطْ وَهُوَ:

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