ablutions, conformément à la parole du Très-Haut :
« Lavez vos visages. »
[al-Mā’ida : 6]
Ils divergent toutefois sur trois points : le lavage de la partie de peau nue comprise entre les favoris et l’oreille, celui de la partie de la barbe qui retombe, et le passage des doigts à travers la barbe.
Selon l’avis le plus connu de l’école de Mālik, la peau nue comprise entre les favoris et l’oreille ne fait pas partie du visage. Une distinction entre l’homme imberbe et l’homme barbu a également été soutenue dans cette école, qui compte ainsi trois avis sur cette question. Pour Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī, cette partie appartient au visage.
Quant à la partie de la barbe qui retombe, Mālik considère qu’il est obligatoire d’y faire passer l’eau. Abū Hanīfa ne l’impose pas, pas plus qu’al-Shāfi‘ī selon l’un de ses deux avis.
Leur divergence sur ces deux questions tient à l’incertitude entourant l’étendue du terme « visage » : englobe-t-il ces deux parties ou non ?
Quant au passage des doigts à travers la barbe, il n’est pas obligatoire selon l’école de Mālik. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī partagent cet avis pour les ablutions. Ibn ‘Abd al-Hakam, l’un des disciples de Mālik, le tient en revanche pour obligatoire.
Cette divergence tient à leur désaccord sur l’authenticité des traditions qui ordonnent de passer les doigts à travers la barbe. La majorité les considère comme non authentiques. De plus, aucune des traditions authentiques décrivant les ablutions du Prophète — sur lui la prière et le salut — ne mentionne cette pratique.
Cinquième question, relative à la délimitation
Les savants s’accordent à considérer le lavage des mains et des avant-bras comme l’une des obligations des ablutions, conformément à la parole du Très-Haut :
« Et vos mains jusqu’aux coudes. »
[al-Mā’ida : 6]
Ils divergent toutefois sur l’inclusion des coudes dans ce lavage. La majorité, dont Mālik, al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa, considère qu’il est obligatoire de les y inclure. Les littéralistes, certains disciples tardifs de Mālik et al-Tabarī estiment, quant à eux, que cela n’est pas obligatoire.
Cette divergence tient à la pluralité des sens que possèdent, dans la langue arabe, la préposition ilā et le nom yad. En effet, ilā indique tantôt une limite (« jusqu’à »), tantôt l’accompagnement (« avec »). De même, yad peut désigner trois ensembles différents : la main seule ; la main et l’avant-bras ; ou la main, l’avant-bras et le bras.
Ceux qui donnent à ilā le sens d’« avec », ou qui comprennent yad comme désignant l’ensemble de ces trois parties, imposent d’inclure les coudes dans le lavage. En revanche, ceux qui comprennent ilā comme indiquant une limite, qui entendent par yad la partie située en deçà du coude et qui considèrent que la limite n’appartient pas à ce qu’elle délimite, n’incluent pas les coudes dans le lavage.
Muslim rapporte dans son Sahīh, d’après Abū Hurayra :
« Il se lava la main et l’avant-bras droits en faisant parvenir l’eau jusque sur le bras, puis procéda de même du côté gauche. Il se lava ensuite le pied droit en faisant parvenir l’eau jusque sur la jambe, puis procéda de même du côté gauche. Il dit alors : “C’est ainsi que j’ai vu le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — accomplir ses ablutions.” »