Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Introduction de l’auteur]

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

« Allah accorde la compréhension de la religion à celui à qui Il veut du bien. »

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Après avoir adressé à Allah toutes les louanges qui Lui reviennent, et appelé la bénédiction et le salut sur Muhammad, Son Messager, ainsi que sur sa famille et ses Compagnons, voici mon propos : dans ce livre, je souhaite consigner pour mon propre rappel certaines questions juridiques faisant l’objet d’un accord ou de divergences, avec leurs preuves et les points précis sur lesquels portent ces divergences. Je retiendrai celles qui peuvent servir de principes et de règles générales pour les questions que pourrait rencontrer le juriste exerçant un effort d’interprétation et sur lesquelles la Loi révélée garde le silence. Il s’agit, pour la plupart, de questions expressément abordées dans la Loi révélée ou étroitement liées à celles-ci. Ce sont les questions sur lesquelles les juristes musulmans se sont accordés, ou dont les divergences sont devenues célèbres parmi eux, depuis l’époque des Compagnons — qu’Allah les agrée — jusqu’à la généralisation de l’imitation juridique.

Au préalable, exposons aussi brièvement que possible les différentes catégories de voies par lesquelles sont connues les règles de la Loi révélée, les catégories de ces règles et celles des causes à l’origine des divergences.

Nous disons donc : les voies par lesquelles les règles ont été reçues du Prophète — que la bénédiction et le salut soient sur lui — se répartissent en trois grandes catégories : une parole, un acte ou une approbation.

Quant aux règles sur lesquelles le Législateur a gardé le silence, la majorité des juristes estime que le moyen de les connaître est le raisonnement par analogie.

Les tenants de l’école littéraliste considèrent, pour leur part, que le raisonnement par analogie n’est pas valide en matière de Loi révélée et que ce sur quoi le Législateur a gardé le silence n’est soumis à aucune règle. Un argument rationnel atteste la validité du raisonnement par analogie : les situations qui se présentent dans les rapports entre les êtres humains sont en nombre illimité, tandis que les textes, les actes et les approbations sont en nombre limité. Or, il est impossible de faire correspondre à ce qui est illimité ce qui est limité.

Les formulations des sources transmises dont sont tirées les règles juridiques se répartissent en quatre catégories : trois font l’objet d’un accord, tandis que la quatrième est controversée.

Les trois catégories admises d’un commun accord sont les suivantes : une expression générale entendue dans sa portée générale, ou particulière entendue dans sa portée particulière ; une expression générale visant un sens particulier ; une expression particulière visant un sens général. Cette dernière catégorie comprend

[مُقَدِّمَةُ الْمُؤَلِّفِ] بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ «مَنْ يُرِدِ اللَّهُ بِهِ خَيْرًا يُفَقِّهُ فِي الدِّينِ» بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَنِ الرَّحِيمِ أَمَّا بَعْدَ حَمْدِ اللَّهِ بِجَمِيعِ مَحَامِدِهِ، وَالصَّلَاةِ وَالسَّلَامِ عَلَى مُحَمَّدٍ رَسُولِهِ وَآلِهِ وَأَصْحَابِهِ، فَإِنَّ غَرَضِي فِي هَذَا الْكِتَابِ أَنْ أُثْبِتَ فِيهِ لِنَفْسِي عَلَى جِهَةِ التَّذْكِرَةِ مِنْ مَسَائِلِ الْأَحْكَامِ الْمُتَّفَقِ عَلَيْهَا وَالْمُخْتَلَفِ فِيهَا بِأَدِلَّتِهَا، وَالتَّنْبِيهِ عَلَى نُكَتِ الْخِلَافِ فِيهَا، مَا يَجْرِي مَجْرَى الْأُصُولِ وَالْقَوَاعِدِ لِمَا عَسَى أَنْ يَرِدَ عَلَى الْمُجْتَهِدِ مِنَ الْمَسَائِلِ الْمَسْكُوتِ عَنْهَا فِي الشَّرْعِ، وَهَذِهِ الْمَسَائِلُ فِي الْأَكْثَرِ هِيَ الْمَسَائِلُ الْمَنْطُوقُ بِهَا فِي الشَّرْعِ، أَوْ تَتَعَلَّقُ بِالْمَنْطُوقِ بِهِ تَعَلُّقًا قَرِيبًا، وَهِيَ الْمَسَائِلُ الَّتِي وَقَعَ الِاتِّفَاقُ عَلَيْهَا، أَوِ اشْتَهَرَ الْخِلَافُ فِيهَا بَيْنَ الْفُقَهَاءِ الْإِسْلَامِيِّينَ مِنْ لَدُنِ الصَّحَابَةِ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ - إِلَى أَنْ فَشَا التَّقْلِيدُ. وَقَبْلَ ذَلِكَ فَلْنَذْكُرْ كَمْ أَصْنَافُ الطُّرُقِ الَّتِي تُتَلَقَّى مِنْهَا الْأَحْكَامُ الشَّرْعِيَّةُ، وَكَمْ أَصْنَافُ الْأَحْكَامِ الشَّرْعِيَّةِ، وَكَمْ أَصْنَافُ الْأَسْبَابِ الَّتِي أَوْجَبَتْ الِاخْتِلَافَ ; بِأَوْجَزِ مَا يُمْكِنُنَا فِي ذَلِكَ، فَنَقُولُ: إِنَّ الطُّرُقَ الَّتِي مِنْهَا تُلُقِّيَتِ الْأَحْكَامُ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - بِالْجِنْسِ ثَلَاثَةٌ: إِمَّا لَفْظٌ، وَإِمَّا فِعْلٌ، وَإِمَّا إِقْرَارٌ. وَأَمَّا مَا سَكَتَ عَنْهُ الشَّارِعُ مِنَ الْأَحْكَامِ فَقَالَ الْجُمْهُورُ: إِنَّ طَرِيقَ الْوُقُوفِ عَلَيْهِ هُوَ الْقِيَاسُ. وَقَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ: الْقِيَاسُ فِي الشَّرْعِ بَاطِلٌ، وَمَا سَكَتَ عَنْهُ الشَّارِعُ فَلَا حُكْمَ لَهُ وَدَلِيلُ الْعَقْلِ يَشْهَدُ بِثُبُوتِهِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْوَقَائِعَ بَيْنَ أَشْخَاصِ الْأَنَاسِيِّ غَيْرُ مُتَنَاهِيَةٍ، وَالنُّصُوصَ، وَالْأَفْعَالَ وَالْإِقْرَارَاتِ مُتَنَاهِيَةٌ، وَمُحَالٌ أَنْ يُقَابَلَ مَا لَا يَتَنَاهَى بِمَا يَتَنَاهَى. وَأَصْنَافُ الْأَلْفَاظِ الَّتِي تُتَلَقَّى مِنْهَا الْأَحْكَامُ مِنَ السَّمْعِ أَرْبَعَةٌ: ثَلَاثَةٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهَا، وَرَابِعٌ مُخْتَلَفٌ فِيهِ. أَمَّا الثَّلَاثَةُ الْمُتَّفَقُ عَلَيْهَا: فَلَفْظٌ عَامٌّ يُحْمَلُ عَلَى عُمُومِهِ، أَوْ خَاصٌّ يُحْمَلُ عَلَى خُصُوصِهِ، أَوْ لَفْظٌ عَامٌّ يُرَادُ بِهِ الْخُصُوصُ، أَوْ لَفْظٌ خَاصٌّ يُرَادُ بِهِ الْعُمُومُ، وَفِي هَذَا يَدْخُلُ

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