Radd al-MuḥtārIbn Abidin

mais non de la presser, car, dans ce cas, le péché réside déjà dans l’acte même.

— Il est en outre licite, selon l’auteur, de louer une maison dans le Sawâd de Koufa, c’est-à-dire dans l’ensemble de ses villages, mais non ailleurs d’après l’avis le plus sûr. Quant aux autres grandes villes et aux villages extérieurs à Koufa, on n’y autorise pas cette pratique, car les signes de l’islam y sont patents. Le Sawâd de Koufa a été excepté parce que la majorité de ses habitants sont des dhimmîs. Il reste donc permis d’y louer une habitation destinée à devenir un temple du feu, une synagogue, une église ou un lieu de vente du vin. Les deux imâms, Abû Yûsuf et Muhammad, jugent toutefois qu’il ne convient pas de procéder ainsi, car c’est prêter main-forte au péché ; al-Zaylaʿî précise que telle est également l’opinion des trois autres imâms.

— Il est également permis de vendre la superstructure des maisons de La Mecque.

[Raddu l-Muḥtâr]

Al-Zaylaʿî commente : « Cet avis est celui d’Abû Ḥanîfa ; pour les deux élèves, la chose est réprouvée, car le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — a maudit dix catégories de personnes liées au vin et il a compté parmi elles celui qui le transporte. » Abû Ḥanîfa rétorque : le contrat de location porte sur l’acte de transport, qui n’est ni en soi une désobéissance ni une cause directe de celle-ci ; le péché ne naît que de l’acte volontaire du buveur, et boire n’est nullement une conséquence nécessaire du transport : on peut en effet le faire pour jeter le vin ou le transformer en vinaigre. Le cas ressemble donc à celui où l’on loue quelqu’un pour presser ou cueillir du raisin. Le hadith doit s’entendre du transport accompli avec l’intention explicite de désobéir.

Al-Nihâya ajoute : ce raisonnement relève de l’analogie, alors que la position des deux élèves s’appuie sur l’istiḥsân. Al-Zaylaʿî poursuit : « De la même divergence découle que, si l’on loue une monture pour transporter du vin ou si l’on se loue soi-même pour garder des porcs, le salaire est licite selon Abû Ḥanîfa, mais réprouvé selon les deux. »

Dans al-Muḥîṭ on lit : « Il n’y a pas de réprobation à vendre un zannâr (ceinture distinctive) à un chrétien ni une calotte à un mazdéen, car cela constitue pour eux une marque d’humiliation. En revanche, il est réprouvé de vendre à un homme un ornement cubique plaqué d’argent destiné à être porté, car c’est l’aider à revêtir quelque chose d’illicite. De même, si un cordonnier reçoit l’ordre de fabriquer des bottes à la mode des mazdéens ou des débauchés, ou si un tailleur est prié de coudre un vêtement selon la coupe des libertins, il lui est réprouvé d’obtempérer, puisqu’il favoriserait ainsi l’imitation des mazdéens et des pervers. »

— L’assertion : « mais non de la presser, car le péché réside déjà dans l’acte même » contredit manifestement l’affirmation antérieure selon laquelle le péché n’est pas inhérent à l’objet ; elle heurte aussi ce que nous avons cité d’al-Zaylaʿî touchant la licéité de louer quelqu’un pour presser ou couper des raisins. Sans doute faut-il comprendre ici : « presser le raisin dans l’intention explicite d’en faire du vin » ; dans ce cas, l’acte, visé par cette intention, devient fautif en soi. Voilà pourquoi le pronom revient à « vin », alors qu’en toute rigueur on presse le raisin. On ne contredit donc pas ce qui précède sur la vente du moût ou la location pour presser les raisins ; telle est, à mes yeux, la conciliation correcte : médite-la.

— L’énoncé : « il est permis de louer une maison… » reflète à nouveau l’opinion d’Abû Ḥanîfa : le bail porte sur la jouissance du logement, si bien que le loyer devient dû dès la remise des clefs ; cet usage n’est pas, en soi, un péché. Le péché résulte de l’acte du locataire, agent responsable ; le lien avec le bailleur se trouve ainsi coupé. C’est comparable à la vente d’une esclave à quelqu’un qui ne respectera pas l’istibrâʾ ou qui aura avec elle des rapports anaux, ou encore à la vente d’un garçon à un sodomite. La preuve en est que, si l’on loue simplement la maison pour y résider, cela est permis, alors même que l’occupant ne manquera pas d’y pratiquer son culte. (Al-Zaylaʿî, al-ʿAynî ; même idée dans al-Nihâya et al-Kifâya.)

Al-Minah remarque : « Ces passages affirment clairement la licéité de vendre un garçon à un sodomite, alors que de nombreuses fatwas déclarent la chose réprouvée ; c’est d’ailleurs l’avis que nous avons retenu dans le Mukhtaṣar. »

Je dis : ils établissent aussi, sans ambiguïté, que nous ne sommes pas ici devant un bien où le péché est intrinsèque ; dès lors, la position exprimée dans les fatwas reste problématique, comme l’a noté al-Nahr, car il n’existe aucune différence entre le garçon, la maison ou le moût. L’auteur aurait donc dû privilégier la lecture des commentateurs, qui l’emporte sur celle des fatwas. Toutefois, avec le raisonnement d’al-Zaylaʿî, la distinction entre ce qui porte le péché en soi et ce qui ne le porte pas demeure obscure, puisqu’avec les armes, l’ornement cubique plaqué d’argent et autres objets analogues, le péché dépend également de l’usage qu’en fera l’acquéreur. Qu’on s’interroge donc sur le véritable critère ; je ne l’ai pas trouvé exposé clairement.

La différence réapparaît, en revanche, si l’on retient l’explication que le commentateur a citée d’autres auteurs : la vente du moût est permise parce que le péché n’apparaît qu’après transformation, ce qui est comparable à la vente de fer à des fauteurs de troubles ; le fer ne devient arme qu’une fois façonné. De cette manière, il devient clair que le garçon imberbe appartient, comme nous l’avons déjà dit, à la catégorie des biens où le péché est intrinsèque ; qu’on y réfléchisse.

— Au sujet de l’expression « Quant aux grandes villes… », il eût été plus judicieux de dire « dans les grandes villes… ».

— « on ne leur en accorde pas la faculté » : c’est-à-dire de bâtir synagogues et églises, de vendre du vin au grand jour, etc.

— « temple (kanisa) ou église (biʿa) » : le premier terme désigne, selon al-Ṣiḥâḥ, la synagogue des juifs, le second l’église des chrétiens ; qui prétend le contraire se trompe, écrit Ibn Kamâl. On emploie néanmoins aussi kanisa pour l’église, comme le montrent al-Qâmûs et al-Mughrib. Le pluriel de biʿa, avec kasra, est buyʿ, à l’instar de ʿinab.

— « Il est permis de vendre la superstructure des maisons de La Mecque » : c’est l’avis unanime, car la construction appartient à celui qui l’a édifiée, de même que celui qui bâtit sur un terrain en waqf conserve la propriété de la structure qu’il y a élevée (Itiqânî).

لَا عَصْرُهَا لِقِيَامِ الْمَعْصِيَةِ بِعَيْنِهِ. (وَ) جَازَ (إجَارَةُ بَيْتٍ بِسَوَادِ الْكُوفَةِ) أَيْ قُرَاهَا (لَا بِغَيْرِهَا عَلَى الْأَصَحِّ) وَأَمَّا الْأَمْصَارُ وَقُرَى غَيْرِ الْكُوفَةِ فَلَا يُمَكَّنُونَ لِظُهُورِ شِعَارِ الْإِسْلَامِ فِيهَا وَخُصَّ سَوَادُ الْكُوفَةِ، لِأَنَّ غَالِبَ أَهْلِهَا أَهْلُ الذِّمَّةِ (لِيُتَّخَذَ بَيْتَ نَارٍ أَوْ كَنِيسَةً أَوْ بِيعَةً أَوْ يُبَاعَ فِيهِ الْخَمْرُ) وَقَالَا لَا يَنْبَغِي ذَلِكَ لِأَنَّهُ إعَانَةٌ عَلَى الْمَعْصِيَةِ وَبِهِ قَالَتْ الثَّلَاثَةُ زَيْلَعِيٌّ. (وَ) جَازَ (بَيْعُ بِنَاءِ بُيُوتِ مَكَّةَ ــ [رد المحتار] قَالَ الزَّيْلَعِيُّ: وَهَذَا عِنْدَهُ وَقَالَا هُوَ مَكْرُوهٌ " لِأَنَّهُ (رحمهم الله) «لَعَنَ فِي الْخَمْرِ عَشَرَةً وَعَدَّ مِنْهَا حَامِلَهَا» وَلَهُ أَنَّ الْإِجَارَةَ عَلَى الْحَمْلِ وَهُوَ لَيْسَ بِمَعْصِيَةٍ، وَلَا سَبَبَ لَهَا وَإِنَّمَا تَحْصُلُ الْمَعْصِيَةُ بِفِعْلِ فَاعِلٍ مُخْتَارٍ، وَلَيْسَ الشُّرْبُ مِنْ ضَرُورَاتِ الْحَمْلِ، لِأَنَّ حَمْلَهَا قَدْ يَكُونُ لِلْإِرَاقَةِ أَوْ لِلتَّخْلِيلِ، فَصَارَ كَمَا إذَا اسْتَأْجَرَهُ لِعَصْرِ الْعِنَبِ أَوْ قَطْعِهِ وَالْحَدِيثُ مَحْمُولٌ عَلَى الْحَمْلِ الْمَقْرُونِ بِقَصْدِ الْمَعْصِيَةِ اهـ زَادَ فِي النِّهَايَةِ وَهَذَا قِيَاسٌ وَقَوْلُهُمَا اسْتِحْسَانٌ، ثُمَّ قَالَ الزَّيْلَعِيُّ: وَعَلَى هَذَا الْخِلَافِ لَوْ آجَرَهُ دَابَّةً لِيَنْقُلَ عَلَيْهَا الْخَمْرَ أَوْ آجَرَهُ نَفْسَهُ لِيَرْعَى لَهُ الْخَنَازِيرَ يَطِيبُ لَهُ الْأَجْرُ عِنْدَهُ وَعِنْدَهُمَا يُكْرَهُ. وَفِي الْمُحِيطِ لَا يُكْرَهُ بَيْعُ الزَّنَانِيرِ مِنْ النَّصْرَانِيِّ وَالْقَلَنْسُوَةِ مِنْ الْمَجُوسِيِّ، لِأَنَّ ذَلِكَ إذْلَالٌ لَهُمَا وَبَيْعُ الْمُكَعَّبِ الْمُفَضَّضِ لِلرَّجُلِ إنْ لِيَلْبَسَهُ يُكْرَهُ، لِأَنَّهُ إعَانَةٌ عَلَى لُبْسِ الْحَرَامِ وَإِنْ كَانَ إسْكَافًا أَمَرَهُ إنْسَانٌ أَنْ يَتَّخِذَ لَهُ خُفًّا عَلَى زِيِّ الْمَجُوسِ أَوْ الْفَسَقَةِ أَوْ خَيَّاطًا أَمَرَهُ أَنْ يَتَّخِذَ لَهُ ثَوْبًا عَلَى زِيِّ الْفُسَّاقِ يُكْرَهُ لَهُ أَنْ يَفْعَلَ لِأَنَّهُ سَبَبُ التَّشَبُّهِ بِالْمَجُوسِ وَالْفَسَقَةِ اهـ (قَوْلُهُ لَا عَصْرُهَا لِقِيَامِ الْمَعْصِيَةِ بِعَيْنِهِ) فِيهِ مُنَافَاةٌ ظَاهِرَةٌ لِقَوْلِهِ سَابِقًا لِأَنَّ الْمَعْصِيَةَ لَا تَقُومُ بِعَيْنِهِ ط وَهُوَ مُنَافٍ أَيْضًا لِمَا قَدَّمْنَاهُ عَنْ الزَّيْلَعِيِّ مِنْ جَوَازِ اسْتِئْجَارِهِ لِعَصْرِ الْعِنَبِ أَوْ قَطْعِهِ، وَلَعَلَّ الْمُرَادَ هُنَا عَصْرُ الْعِنَبِ عَلَى قَصْدِ الْخَمْرِيَّةِ فَإِنَّ عَيْنَ هَذَا الْفِعْلِ مَعْصِيَةٌ بِهَذَا الْقَصْدِ، وَلِذَا أَعَادَ الضَّمِيرَ عَلَى الْخَمْرِ مَعَ أَنَّ الْعَصْرَ لِلْعِنَبِ حَقِيقَةٌ فَلَا يُنَافِي مَا مَرَّ مِنْ جَوَازِ بَيْعِ الْعَصِيرِ وَاسْتِئْجَارِهِ عَلَى عَصْرِ الْعِنَبِ هَذَا مَا ظَهَرَ لِي فَتَأَمَّلْ. (قَوْلُهُ وَجَازَ إجَارَةُ بَيْتٍ إلَخْ) هَذَا عِنْدَهُ أَيْضًا لِأَنَّ الْإِجَارَةَ عَلَى مَنْفَعَةِ الْبَيْتِ، وَلِهَذَا يَجِبُ الْأَجْرُ بِمُجَرَّدِ التَّسْلِيمِ، وَلَا مَعْصِيَةَ فِيهِ وَإِنَّمَا الْمَعْصِيَةُ بِفِعْلِ الْمُسْتَأْجِرِ وَهُوَ مُخْتَارٌ فَيَنْقَطِعُ نِسْبِيَّتُهُ عَنْهُ، فَصَارَ كَبَيْعِ الْجَارِيَةِ مِمَّنْ لَا يَسْتَبْرِئُهَا أَوْ يَأْتِيهَا مِنْ دُبُرٍ وَبَيْعِ الْغُلَامِ مِنْ لُوطِيٍّ وَالدَّلِيلُ عَلَيْهِ أَنَّهُ لَوْ آجَرَهُ لِلسُّكْنَى جَازَ وَهُوَ لَا بُدَّ لَهُ مِنْ عِبَادَتِهِ فِيهِ اهـ زَيْلَعِيٌّ وَعَيْنِيٌّ وَمِثْلُهُ فِي النِّهَايَةِ وَالْكِفَايَةِ، قَالَ فِي الْمِنَحِ: وَهُوَ صَرِيحٌ فِي جَوَازِ بَيْعِ الْغُلَامِ مِنْ اللُّوطِيِّ، وَالْمَنْقُولُ فِي كَثِيرٍ مِنْ الْفَتَاوَى أَنَّهُ يُكْرَهُ وَهُوَ الَّذِي عَوَّلْنَا عَلَيْهِ فِي الْمُخْتَصَرِ اهـ. أَقُولُ: هُوَ صَرِيحٌ أَيْضًا فِي أَنَّهُ لَيْسَ مِمَّا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ، وَلِذَا كَانَ مَا فِي الْفَتَاوَى مُشْكِلًا كَمَا مَرَّ عَنْ النَّهْرِ إذْ لَا فَرْقَ بَيْنَ الْغُلَامِ وَبَيْنَ الْبَيْتِ وَالْعَصِيرِ " فَكَانَ يَنْبَغِي لِلْمُصَنِّفِ التَّعْوِيلُ عَلَى مَا ذَكَرَهُ الشُّرَّاحُ فَإِنَّهُ مُقَدَّمٌ عَلَى مَا فِي الْفَتَاوَى. نَعَمْ عَلَى هَذَا التَّعْلِيلِ الَّذِي ذَكَرَهُ الزَّيْلَعِيُّ يُشْكِلُ الْفَرْقُ بَيْنَ مَا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ وَبَيْنَ مَا لَا تَقُومُ بِعَيْنِهِ، فَإِنَّ الْمَعْصِيَةَ فِي السِّلَاحِ وَالْمُكَعَّبِ الْمُفَضَّضِ وَنَحْوِهِ إنَّمَا هِيَ بِفِعْلِ الشَّارِي فَلْيُتَأَمَّلْ فِي وَجْهِ الْفَرْقِ فَإِنَّهُ لَمْ يَظْهَرْ لِي وَلَمْ أَرَ مَنْ نَبَّهَ عَلَيْهِ. نَعَمْ يَظْهَرُ الْفَرْقُ عَلَى مَا قَدَّمَهُ الشَّارِحُ تَبَعًا لِغَيْرِهِ مِنْ التَّعْلِيلِ، لِجَوَازِ بَيْعِ الْعَصِيرِ بِأَنَّهُ لَا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ، بَلْ بَعْدَ تَغَيُّرِهِ فَهُوَ كَبَيْعِ الْحَدِيدِ مِنْ أَهْلِ الْفِتْنَةِ، لِأَنَّهُ وَإِنْ كَانَ يُعْمَلُ مِنْهُ السِّلَاحُ لَكِنْ بَعْدَ تَغَيُّرِهِ أَيْضًا إلَى صِفَةٍ أُخْرَى. وَعَلَيْهِ يَظْهَرُ كَوْنُ الْأَمْرَدِ مِمَّا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ كَمَا قَدَّمْنَاهُ فَلْيُتَأَمَّلْ (قَوْلُهُ وَأَمَّا الْأَمْصَارُ) الْأَنْسَبُ فِي التَّعْبِيرِ كَالْأَمْصَارِ إلَخْ ط (قَوْلُهُ فَلَا يُمَكَّنُونَ) أَيْ مِنْ اتِّخَاذِ الْبِيَعِ وَالْكَنَائِسِ وَإِظْهَارِ بَيْعِ الْخُمُورِ وَنَحْوِ ذَلِكَ (قَوْلُهُ أَوْ كَنِيسَةً أَوْ بِيعَةً) الْأَوَّلُ مَعْبَدُ الْيَهُودِ وَالثَّانِي مَعْبَدُ النَّصَارَى ذَكَرَهُ فِي الصِّحَاحِ وَمَنْ ظَنَّ عَكَسَ هَذَا فَقَدْ سَهَا اهـ ابْنُ كَمَالٍ لَكِنْ تُطْلَقُ الْكَنِيسَةُ عَلَى الثَّانِي أَيْضًا كَمَا يُعْلَمُ مِنْ الْقَامُوسِ وَالْمُغْرِبِ وَالْبِيعَةُ بِالْكَسْرِ جَمْعُهُ بِيَعٌ كَعِنَبٍ. (قَوْلُهُ وَجَازَ بَيْعُ بِنَاءِ بُيُوتِ مَكَّةَ) أَيْ اتِّفَاقًا لِأَنَّهُ مِلْكٌ لِمَنْ بَنَاهُ كَمَنْ بَنَى فِي أَرْضِ الْوَقْفِ لَهُ بَيْعُهُ إتْقَانِيٌّ

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies