Radd al-MuḥtārIbn Abidin

— comme on l’apprend d’al-Durar ; médite donc.

— Il est licite, selon l’auteur, de vendre du moût de raisin à une personne dont on sait qu’elle le transformera en vin, car le péché ne réside pas dans la substance même du moût ; il n’apparaît qu’après sa transformation. D’autres estiment que la vente est réprouvée, parce qu’elle revient à aider à la désobéissance. L’auteur rapporte, d’al-Sirâj et des Mushkilât, que l’expression « de quelqu’un » vise un non-musulman ; s’il s’agit d’un musulman, la vente est makrûh. On lit la même chose dans al-Jawhara, al-Bâqânî et d’autres ouvrages. Quhistânî, citant al-Khâniyya, ajoute que la réprobation fait l’unanimité.

— Il en va autrement de la vente d’un amrad (garçon imberbe) à celui qui commet la sodomie, ou de la vente d’armes aux fauteurs de troubles : ici, le péché est inhérent à l’objet même. La réprobation concernant l’amrad est expressément mentionnée dans les Buyûʿ al-Khâniyya et ailleurs, opinion que l’auteur retient, contrairement à al-Zaylaʿî et al-ʿAynî, bien qu’il l’admette au chapitre des insurgés. Je dis : nous avons montré là-bas, d’après al-Nahr, que tout bien dans lequel le péché est intrinsèque est vendu avec réprobation d’interdiction ; sinon, la réprobation n’est que de simple évitement (tanzîh). Qu’on garde donc en mémoire cette conciliation.

— Il est également permis de restaurer une église, ainsi que de transporter, moyennant salaire, le vin d’un dhimmî, que ce soit soi-même ou sur sa monture.

[Raddu l-Muḥtâr]

Al-Qâḍî. – L’expression « comme on le sait d’al-Durar » signifie que la formulation y est explicite. Dans les Fawâʾid du Ṣâḥib al-Muḥît on lit : « Si le père, le grand-père ou le qâḍî loue le travail d’un mineur, certains disent que cela n’est permis que si la rémunération correspond au tarif usuel (ujrat al-mithl) ; s’il le loue pour moins, le contrat est nul. L’avis correct est qu’il reste valable, même pour un salaire inférieur. » La même idée se trouve dans al-Minah. Al-Shurunbulâlî précise : « Si l’on comprend “salaire inférieur” comme une minoration légère et non comme une sous-estimation flagrante, la contradiction disparaît. »

– « Il est permis » : c’est l’opinion de l’auteur, non celle des deux autres imâms, concernant la vente de moût, c’est-à-dire le jus extrait. Selon al-Muḥît, la vente de grappes ou de ceps de vigne n’est sujette à aucune réprobation. Bayʿ al-Khizâna mentionne toutefois un désaccord, note Quhistânî.

– L’expression « à quelqu’un dont on sait » montre que, s’il n’en a pas connaissance, la vente n’est pas réprouvée, de l’avis unanime (Quhistânî).

– « Le péché n’est pas inhérent… » : on en déduit que l’objet où le péché n’est pas intrinsèque est celui qui n’acquiert la caractéristique coupable qu’après la vente, tandis que l’objet où le péché est intrinsèque la porte déjà au moment de la transaction, comme l’amrad ou l’arme. Une discussion plus complète suivra.

– « Quant à le vendre à un musulman, c’est réprouvé » parce que cela revient à aider au péché (Quhistânî d’après al-Jawâhir).

Je dis : cette restriction contredit la portée générale des abrégés et la raison avancée par les commentateurs. Al-Ṭ a écrit : « Cela ne se comprend que pour qui affirme que les non-musulmans ne sont pas assujettis aux détails de la Loi, alors que l’avis correct est qu’ils le sont ; partant, les aider dans le péché reste une aide au péché. Il n’y a donc pas de différence, pour la vente de moût, entre musulman et non-musulman. Réfléchis-y. » Cela ne remet pas en cause les formules générales ni leur justification exposée plus haut.

– « Contrairement à ce qu’ont écrit al-Zaylaʿî et al-ʿAynî » ; on lit la même chose dans al-Nihâya et al-Kifâya d’après le chapitre des Locations de l’imâm al-Sarakhsî.

– « Attribuant cet avis à al-Nahr » : celui-ci le mentionne dans le chapitre des rebelles. On comprend dès lors qu’il n’est pas réprouvé de vendre un bien où le péché n’est pas intrinsèque, par exemple une esclave chanteuse, un bélier buteur, un pigeon voyageur, du moût, ou du bois destiné à fabriquer des instruments de musique. Quant à l’énoncé des Buyûʿ al-Khâniyya selon lequel il est réprouvé de vendre un amrad à un débauché notoire, il demeure problématique.

Al-Zaylaʿî affirme catégoriquement, dans al-Ḥaẓr wa-l-Ibâḥa, qu’il n’est pas réprouvé de vendre une esclave à quelqu’un qui la sodomisera ni de vendre un garçon à un sodomite, ce qui concorde avec les propos précédents. À mon sens, le passage d’al-Khâniyya doit être interprété comme une réprobation de simple évitement (tanzîh). C’est l’opinion qui tranquillise les esprits : même s’il n’aide pas directement, le vendeur devient cause de l’assistance, et je n’ai vu personne d’autre relever ce point.

Dans la ḥâshiya de Shalabî sur al-Muḥît, on lit : « Si un musulman dépravé achète un jeune esclave imberbe et qu’il a l’habitude de commettre la sodomie, on l’oblige à le revendre. »

L’expression « que l’on conserve donc cette conciliation » signifie : comprendre la réprobation affirmée dans al-Khâniyya comme tanzîh, et la négation de réprobation chez al-Zaylaʿî et d’autres comme visant la karâha taḥrîm ; ainsi, il n’y a pas de contradiction. Je dis toutefois : cette conciliation n’est pas claire, car l’auteur a d’abord rangé l’amrad parmi les biens où le péché est intrinsèque ; selon cette logique, la réprobation le concernant doit être d’interdiction. Il n’est donc pas cohérent de rapporter les propos d’al-Zaylaʿî et consorts à une simple tanzîh ; leur position repose plutôt sur l’idée que l’amrad n’est pas un bien où le péché est intrinsèque, comme on le verra clairement plus loin lorsqu’ils diront : « Il est permis de louer une maison… »

– « Et il est permis de restaurer une église » : al-Khâniyya explique : « Si quelqu’un se loue pour travailler dans une église et la rénover, il n’y a pas de mal, car l’acte en lui-même n’est pas un péché. » – « et de transporter le vin d’un dhimmî… »

كَمَا يُعْلَمُ مِنْ الدُّرَرِ فَتَبَصَّرْ. (وَ) جَازَ (بَيْعُ عَصِيرِ) عِنَبٍ (مِمَّنْ) يُعْلَمُ أَنَّهُ (يَتَّخِذُهُ خَمْرًا) لِأَنَّ الْمَعْصِيَةَ لَا تَقُومُ بِعَيْنِهِ بَلْ بَعْدَ تَغَيُّرِهِ وَقِيلَ يُكْرَهُ لِإِعَانَتِهِ عَلَى الْمَعْصِيَةِ وَنَقَلَ الْمُصَنِّفُ عَنْ السِّرَاجِ وَالْمُشْكِلَاتِ أَنَّ قَوْلَهُ مِمَّنْ أَيْ مِنْ كَافِرٍ أَمَّا بَيْعُهُ مِنْ الْمُسْلِمِ فَيُكْرَهُ وَمِثْلُهُ فِي الْجَوْهَرَةِ وَالْبَاقَانِيِّ وَغَيْرِهِمَا زَادَ الْقُهُسْتَانِيُّ مَعْزِيًّا لِلْخَانِيَّةِ أَنَّهُ يُكْرَهُ بِالِاتِّفَاقِ. (بِخِلَافِ بَيْعِ أَمْرَدَ مِمَّنْ يَلُوطُ بِهِ وَبَيْعِ سِلَاحٍ مِنْ أَهْلِ الْفِتْنَةِ) لِأَنَّ الْمَعْصِيَةَ تَقُومُ بِعَيْنِهِ ثُمَّ الْكَرَاهَةُ فِي مَسْأَلَةِ الْأَمْرَدِ مُصَرَّحٌ بِهَا فِي بُيُوعِ الْخَانِيَّةِ وَغَيْرِهَا وَاعْتَمَدَهُ الْمُصَنِّفُ عَلَى خِلَافِ مَا فِي الزَّيْلَعِيِّ وَالْعَيْنِيِّ وَإِنْ أَقَرَّهُ الْمُصَنِّفُ فِي بَابِ الْبُغَاةِ. قُلْت: وَقَدَّمْنَا ثَمَّةَ مَعْزِيًّا لِلنَّهْرِ أَنَّ مَا قَامَتْ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ يُكْرَهُ بَيْعُهُ تَحْرِيمًا وَإِلَّا فَتَنْزِيهًا. فَلْيُحْفَظْ تَوْفِيقًا. (وَ) جَازَ تَعْمِيرُ كَنِيسَةٍ وَ (حَمْلُ خَمْرِ ذِمِّيٍّ) بِنَفْسِهِ أَوْ دَابَّتِهِ (بِأَجْرٍ) . ــ [رد المحتار] الْقَاضِي (قَوْلُهُ كَمَا يُعْلَمُ مِنْ الدُّرَرِ) أَيْ صَرِيحًا وَعِبَارَتُهَا وَفِي فَوَائِدِ صَاحِبِ الْمُحِيطِ إذَا آجَرَ الْأَبُ أَوْ الْجَدُّ أَوْ الْقَاضِي الصَّغِيرَ فِي عَمَلٍ مِنْ الْأَعْمَالِ قِيلَ إنَّمَا يَجُوزُ إذَا كَانَتْ الْإِجَارَةُ بِأَجْرِ الْمِثْلِ، حَتَّى إذَا آجَرَهُ أَحَدُهُمْ بِأَقَلَّ مِنْهُ لَمْ يَجُزْ وَالصَّحِيحُ أَنَّهُ تَجُوزُ الْإِجَارَةُ وَلَوْ بِالْأَقَلِّ اهـ وَمِثْلُهُ فِي الْمِنَحِ قَالَ فِي الشُّرُنْبُلَالِيَّةِ: وَلَوْ حُمِلَ الْأَقَلُّ عَلَى الْغَبْنِ الْيَسِيرِ دُونَ الْفَاحِشِ انْتَفَتْ الْمُخَالَفَةُ. (قَوْلُهُ وَجَازَ) أَيْ عِنْدَهُ لَا عِنْدَهُمَا بَيْعُ عَصِيرِ عِنَبٍ أَيْ مَعْصُورُهُ الْمُسْتَخْرَجُ مِنْهُ فَلَا يُكْرَهُ بَيْعُ الْعِنَبِ وَالْكَرْمِ مِنْهُ بِلَا خِلَافٍ، كَمَا فِي الْمُحِيطِ لَكِنْ فِي بَيْعِ الْخِزَانَةِ أَنَّ بَيْعَ الْعِنَبِ عَلَى الْخِلَافِ قُهُسْتَانِيٌّ (قَوْلُهُ مِمَّنْ يَعْلَمُ) فِيهِ إشَارَةٌ إلَى أَنَّهُ لَوْ لَمْ يَعْلَمْ لَمْ يُكْرَهْ بِلَا خِلَافٍ قُهُسْتَانِيٌّ (قَوْلُهُ لَا تَقُومُ بِعَيْنِهِ إلَخْ) يُؤْخَذُ مِنْهُ أَنَّ الْمُرَادَ بِمَا لَا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ مَا يَحْدُثُ لَهُ بَعْدَ الْبَيْعِ وَصْفٌ آخَرُ يَكُونُ فِيهِ قِيَامُ الْمَعْصِيَةِ وَأَنَّ مَا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ مَا تُوجَدُ فِيهِ عَلَى وَصْفِهِ الْمَوْجُودِ حَالَةَ الْبَيْعِ كَالْأَمْرَدِ وَالسِّلَاحِ وَيَأْتِي تَمَامُ الْكَلَامِ عَلَيْهِ (قَوْلُهُ أَمَّا بَيْعُهُ مِنْ الْمُسْلِمِ فَيُكْرَهُ) لِأَنَّهُ إعَانَةٌ عَلَى الْمَعْصِيَةِ قُهُسْتَانِيٌّ عَنْ الْجَوَاهِرِ. أَقُولُ: وَهُوَ خِلَافُ إطْلَاقِ الْمُتُونِ وَتَعْلِيلِ الشُّرُوحِ بِمَا مَرَّ وَقَالَ ط: وَفِيهِ أَنَّهُ لَا يَظْهَرُ إلَّا عَلَى قَوْلِ مَنْ قَالَ إنَّ الْكُفَّارَ غَيْرُ مُخَاطَبِينَ بِفُرُوعِ الشَّرِيعَةِ وَالْأَصَحُّ خِطَابُهُمْ وَعَلَيْهِ فَيَكُونُ إعَانَةً عَلَى الْمَعْصِيَةِ، فَلَا فَرْقَ بَيْنَ الْمُسْلِمِ وَالْكَافِرِ فِي بَيْعِ الْعَصِيرِ مِنْهُمَا فَتَدَبَّرْ اهـ وَلَا يَرِدُ هَذَا عَلَى الْإِطْلَاقِ وَالتَّعْلِيلِ الْمَارِّ. (قَوْلُهُ عَلَى خِلَافِ مَا فِي الزَّيْلَعِيِّ وَالْعَيْنِيِّ) وَمِثْلُهُ فِي النِّهَايَةِ وَالْكِفَايَةِ عَنْ إجَارَاتِ الْإِمَامِ السَّرَخْسِيِّ (قَوْلُهُ مَعْزِيًّا لِلنَّهْرِ) قَالَ فِيهِ مِنْ بَابِ الْبُغَاةِ وَعُلِمَ مِنْ هَذَا أَنَّهُ لَا يُكْرَهُ بَيْعُ مَا لَمْ تَقُمْ الْمَعْصِيَةُ بِهِ كَبَيْعِ الْجَارِيَةِ الْمُغَنِّيَةِ وَالْكَبْشِ النَّطُوحِ وَالْحَمَامَةِ الطَّيَّارَةِ وَالْعَصِيرِ وَالْخَشَبِ مِمَّنْ يُتَّخَذَ مِنْهُ الْمَعَازِفُ، وَأَمَّا فِي بُيُوعِ الْخَانِيَّةِ مِنْ أَنَّهُ يُكْرَهُ بَيْعُ الْأَمْرَدِ مِنْ فَاسِقٍ يَعْلَمُ أَنَّهُ يَعْصِي بِهِ مُشْكِلٌ. وَاَلَّذِي جَزَمَ بِهِ الزَّيْلَعِيُّ فِي الْحَظْرِ وَالْإِبَاحَةِ أَنَّهُ لَا يُكْرَهُ بَيْعُ جَارِيَةٍ مِمَّنْ يَأْتِيهَا فِي دُبُرِهَا أَوْ بَيْعُ غُلَامٍ مِنْ لُوطِيٍّ، وَهُوَ الْمُوَافِقُ لِمَا مَرَّ وَعِنْدِي أَنَّ مَا فِي الْخَانِيَّةِ مَحْمُولٌ عَلَى كَرَاهَةِ التَّنْزِيهِ، وَهُوَ الَّذِي تَطْمَئِنُّ إلَيْهِ النُّفُوسُ إذْ لَا يُشْكِلُ أَنَّهُ وَإِنْ لَمْ يَكُنْ مُعِينًا أَنَّهُ مُتَسَبِّبٌ فِي الْإِعَانَةِ وَلَمْ أَرَ مَنْ تَعَرَّضَ لِهَذَا اهـ وَفِي حَاشِيَةِ الشَّلَبِيِّ عَلَى الْمُحِيطِ اشْتَرَى الْمُسْلِمُ الْفَاسِقُ عَبْدًا أَمْرَدَ وَكَانَ مِمَّنْ يَعْتَادُ إتْيَانَ الْأَمْرَدِ يُجْبَرُ عَلَى بَيْعِهِ (قَوْلُهُ فَلْيُحْفَظْ تَوْفِيقًا) بِأَنْ يُحْمَلَ مَا فِي الْخَانِيَّةِ مِنْ إثْبَاتِ الْكَرَاهَةِ عَلَى التَّنْزِيهِ، وَمَا فِي الزَّيْلَعِيِّ وَغَيْرِهِ مِنْ نَفْيِهَا عَلَى التَّحْرِيمِ، فَلَا مُخَالَفَةَ وَأَقُولُ هَذَا التَّوْفِيقُ غَيْرُ ظَاهِرٍ لِأَنَّهُ قَدَّمَ أَنَّ الْأَمْرَدَ مِمَّا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ وَعَلَى مُقْتَضَى مَا ذَكَرَهُ هُنَا يَتَعَيَّنُ أَنْ تَكُونَ الْكَرَاهَةُ فِيهِ لِلتَّحْرِيمِ فَلَا يَصِحُّ حَمْلُ كَلَامِ الزَّيْلَعِيِّ وَغَيْرِهِ عَلَى التَّنْزِيهِ، وَإِنَّمَا مَبْنَى كَلَامِ الزَّيْلَعِيِّ وَغَيْرِهِ عَلَى أَنَّ الْأَمْرَدَ لَيْسَ مِمَّا تَقُومُ الْمَعْصِيَةُ بِعَيْنِهِ كَمَا يَظْهَرُ مِنْ عِبَارَتِهِ قَرِيبًا عِنْدَ قَوْلِهِ وَجَازَ إجَارَةُ بَيْتٍ. (قَوْلُهُ وَجَازَ تَعْمِيرُ كَنِيسَةٍ) قَالَ فِي الْخَانِيَّةِ: وَلَوْ آجَرَ نَفْسَهُ لِيَعْمَلَ فِي الْكَنِيسَةِ وَيُعَمِّرَهَا لَا بَأْسَ بِهِ لِأَنَّهُ لَا مَعْصِيَةَ فِي عَيْنِ الْعَمَلِ (قَوْلُهُ وَحَمْلُ خَمْرِ ذِمِّيٍّ)

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies