Radd al-MuḥtārIbn Abidin

il ne lui est donc pas permis d’en percevoir la moindre rétribution, comme pour tout autre acte d’obéissance.
Je dis : le raisonnement des auteurs postérieurs s’applique-t-il ici ? La question demande à être examinée de près.

— Le voyage d’une esclave, d’une umm al-walad (esclave devenue mère de l’enfant de son maître), d’une mukâtabah (esclave en contrat d’affranchissement) ou d’une esclave partiellement affranchie est permis sans maḥram. Telle était la règle à leur époque ; à la nôtre, cela ne l’est plus, la corruption ayant gagné du terrain, et c’est l’avis juridique qu’énonce Ibn Kamâl.

— Il est également permis d’acheter, ou de vendre, ce qui est indispensable à un mineur – nourriture, vêtements, location d’une nourrice, etc. – lorsqu’il se trouve sous la garde d’un frère, d’un oncle, de sa mère ou du recueilleur (celui qui l’a trouvé) ; sinon, cela n’est pas permis.
— Quant à louer le travail de l’enfant, seule sa mère peut le faire, pourvu qu’il soit sous sa garde ; le recueilleur, selon l’opinion la plus sûre, y est également autorisé. L’auteur rapporte cela au Sharḥ al-Majma‘, mais je ne l’y ai pas trouvé, et un passage à venir le contredira ; qu’on y prenne garde.
— Son oncle paternel, d’après Abû Yûsuf (le « second »), peut en faire autant, contrairement à l’avis de Muḥammad (le « troisième »).
— Si le mineur se loue lui-même, le contrat est nul, sauf lorsque le travail est déjà accompli et que l’opération ne comporte pour lui qu’un pur avantage ; dans ce cas, le salaire convenu lui est dû.
— La location conclue par le père, le grand-père ou le qâḍî est valable, même pour un salaire inférieur au tarif usuel, selon l’avis correct.

— [Radd al-Muḥtâr] – Si, par la suite, le gouverneur lui attribue de quoi subvenir à ses besoins, rien n’y fait obstacle. En revanche, s’il a posé dès le départ la condition suivante : « Je n’accepte la magistrature que si le gouverneur me verse telle somme en contrepartie ; sinon, je refuse », la clause est nulle, car il s’agirait d’une rémunération pour un acte d’obéissance.

• Sa parole « il ne lui est donc pas permis » signifie qu’aucune rétribution n’est licite.
• Quant à l’expression « la question demande à être examinée », nous avons déjà tranché la question dans le Livre des Locations : l’opinion des auteurs postérieurs ne concerne pas toutes les dévotions, mais seulement les cas de nécessité, tels que l’enseignement du Coran, du fiqh, l’imâma et l’adhân.

• Sur « le voyage de l’esclave » : pour ce qui est du regard et du toucher, les hommes étrangers par rapport aux esclaves sont assimilés à des maḥrams (Hidâya).
• Sur « l’umm al-walad » : il s’agit d’un cas particulier ajouté au cas général. Al-Zayla‘î précise qu’elle demeure esclave, le statut de servitude subsistant ; il en va de même de la mukâtabah, dont le cou demeure possédé, et de l’esclave partiellement affranchie selon Abû Ḥanîfa, celle-ci étant pour lui comparable à la mukâtabah.
• Cela laisse entendre qu’une femme libre ne peut voyager trois jours sans maḥram. Sur les trajets plus courts, les avis divergent ; certains autorisent le voyage en compagnie d’hommes vertueux, mais ni l’enfant ni l’aliéné ne sont considérés comme maḥrams (al-Muḥîṭ, Quhistânî).

• Sur « acheter ce qui est indispensable au mineur » : il s’agit de l’entretien, de l’habillement, de la location d’une nourrice, etc.
• L’expression « sous leur garde (ḥijr) » accepte les deux vocalisations de ḥāʾ.
• La référence à Sharḥ al-Majma‘ renvoie à Ibn Malak.
• Je n’y ai cependant rien trouvé de tel ; le passage authentique stipule seulement qu’on peut le placer en apprentissage d’un métier, sans le louer, selon l’opinion la plus ferme, afin d’écarter le récit d’al-Qudûrî qui autorise sa location comme celle décidée par la mère, au motif que le travail le préserve de la dépravation.
• L’argument du premier avis est que le recueilleur ne possède pas le droit de disposer des bénéfices de l’enfant ; il ne peut donc le louer, pas plus que l’oncle, contrairement à la mère, laquelle peut en disposer gratuitement et, à plus forte raison, contre rémunération.
• Il en est de même dans son commentaire sur al-Wiqâya, et al-Zayla‘î considère que la version d’al-Qudûrî est la plus convaincante.
• J’ai pourtant établi que l’avis le plus sûr est contraire, comme l’explicitent al-Majma‘, al-Wiqâya, al-Hidâya et d’autres dans le chapitre du foundling, bien qu’al-Hidâya présente ici une certaine confusion.

• Sur « et de même pour son oncle » : cela concerne l’oncle paternel. Quelques copies d’al-Minah portent : « S’il est entre les mains de l’oncle et que celui-ci le loue, c’est valable car il veille sur lui », selon Abû Yûsuf, alors que Muḥammad le juge invalide. Une copie corrigée remplace « qu’il le loue » par « que sa mère le loue », ce qui s’accorde avec al-Tabyîn et la Sharḥ de Shurunbulâlî.
• J’ai lu toutefois dans al-Nihâya d’après le Jâmiʿ de Tumurtâshî : « Si la mère le loue, c’est valable dès lors qu’il est sous sa garde, et il en va de même pour tout parent maḥram. »
• Et, p. 27 du Jâmiʿ al-Fuṣūlayn : « S’il n’a ni père, ni grand-père, ni tuteur testamentaire, et qu’un parent maḥram chez qui il réside le loue, le contrat est valide ; même s’il est chez un maḥram et qu’un autre parent plus proche le loue – par exemple, il vit chez sa tante paternelle et c’est sa mère qui le loue –, cela est valide selon Abû Yûsuf, non selon Muḥammad. Celui qui l’a loué perçoit alors le salaire. »

• L’expression « n’est pas valable » signifie qu’il n’engage pas (selon Kifâya), parce qu’il comporte un risque de préjudice (Zayla‘î).
• « La location par le père ou le grand-père est valide » : de même pour celle conclue par leur exécuteur testamentaire, à la différence de l’exécuteur nommé par le qâḍî (Hamawî) ; c’est pourtant contraire au texte apparent d’al-Durar : qu’on s’y reporte. Le commentateur la range en effet, dans le Livre des Testaments, parmi les huit questions où le tuteur paternel diffère du tuteur nommé

فَلَمْ تَجُزْ كَسَائِرِ الطَّاعَاتِ قُلْت: وَهَلْ يَجْرِي فِيهِ كَلَامُ الْمُتَأَخِّرِينَ يُحَرَّرُ. (وَ) جَازَ (سَفَرُ الْأَمَةِ وَأُمِّ الْوَلَدِ) وَالْمُكَاتَبَةِ وَالْمُبَعَّضَةِ (بِلَا مَحْرَمٍ) هَذَا فِي زَمَانِهِمْ أَمَّا فِي زَمَانِنَا فَلَا لِغَلَبَةِ أَهْلِ الْفَسَادِ وَبِهِ يُفْتِي ابْنُ كَمَالٍ. (وَ) جَازَ (شِرَاءُ مَا لَا بُدَّ لِلصَّغِيرِ مِنْهُ وَبَيْعُهُ) أَيْ بَيْعُ مَا لَا بُدَّ لِلصَّغِيرِ مِنْهُ (لِأَخٍ وَعَمٍّ وَأُمٍّ وَمُلْتَقِطٍ هُوَ فِي حِجْرِهِمْ) أَيْ فِي كَنَفِهِمْ وَإِلَّا لَا (وَ) جَازَ (إجَارَتُهُ لِأُمِّهِ فَقَطْ) لَوْ فِي حِجْرِهَا وَكَذَا الْمُلْتَقِطُ عَلَى الْأَصَحِّ كَذَا عَزَاهُ الْمُصَنِّفُ لِشَرْحِ الْمَجْمَعِ وَلَمْ أَرَهُ فِيهِ وَيَأْتِي مَتْنًا مَا يُنَافِيهِ فَتَنَبَّهْ. وَكَذَا لِعَمِّهِ عِنْدَ الثَّانِي خِلَافًا لِلثَّالِثِ وَلَوْ أَجَرَ الصَّغِيرُ نَفْسَهُ لَمْ يَجُزْ إلَّا إذَا فَرَغَ الْعَمَلُ لِتَمَحُّضِهِ نَفْعًا فَيَجِبُ الْمُسَمَّى وَصَحَّ إجَارَةُ أَبٍ وَجَدٍّ وَقَاضٍ وَلَوْ بِدُونِ أَجْرِ الْمِثْلِ فِي الصَّحِيحِ ــ [رد المحتار] ثُمَّ رَزَقَهُ الْوَالِي كِفَايَتَهُ، أَمَّا إنْ قَالَ ابْتِدَاءً إنَّمَا أَقْبَلُ الْقَضَاءَ إنْ رَزَقَنِي الْوَالِي كَذَا بِمُقَابَلَةِ قَضَائِي، وَإِلَّا فَلَا أَقْبَلُ فَهُوَ بَاطِلٌ لِأَنَّهُ اسْتِئْجَارٌ عَلَى الطَّاعَةِ اهـ كِفَايَةٌ (قَوْلُهُ فَلَمْ تَجُزْ) أَيْ الْأُجْرَةُ عَلَيْهِ أَيْ لَمْ يَجُزْ أَخْذُهَا (قَوْلُهُ يُحَرَّرُ) أَقُولُ: قَدَّمْنَا تَحْرِيرَهُ فِي كِتَابِ الْإِجَارَاتِ بِمَا لَا مَزِيدَ عَلَيْهِ، وَبَيَّنَّا أَنَّ كَلَامَ الْمُتَأَخِّرِينَ لَيْسَ عَامًّا فِي كُلِّ طَاعَةٍ بَلْ فِيمَا فِيهِ ضَرُورَةٌ كَتَعْلِيمِ الْقُرْآنِ وَالْفِقْهِ وَالْإِمَامَةِ وَالْأَذَانِ (قَوْلُهُ وَجَازَ سَفَرُ الْأَمَةِ) لِأَنَّ الْأَجَانِبَ فِي حَقِّ الْإِمَاءِ فِيمَا يَرْجِعُ إلَى النَّظَرِ وَالْمَسِّ بِمَنْزِلَةِ الْمَحَارِمِ هِدَايَةٌ (قَوْلُهُ وَأُمِّ الْوَلَدِ إلَخْ) عَطْفُ خَاصٍّ عَلَى عَامٍّ قَالَ الزَّيْلَعِيُّ: وَأُمُّ الْوَلَدِ أَمَةٌ لِقِيَامِ الرِّقِّ فِيهَا وَكَذَا الْمُكَاتَبَةُ، لِأَنَّهَا مَمْلُوكَةُ الرَّقَبَةِ وَكَذَا مُعْتَقَةُ الْبَعْضِ عِنْدَ أَبِي حَنِيفَةَ لِأَنَّهَا كَالْمُكَاتَبَةِ عِنْدَهُ اهـ. وَفِيهِ إشَارَةٌ إلَى أَنَّ الْحُرَّةَ لَا تُسَافِرُ ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ بِلَا مَحْرَمٍ. وَاخْتُلِفَ فِيمَا دُونَ الثَّلَاثِ وَقِيلَ: إنَّهَا تُسَافِرُ مَعَ الصَّالِحِينَ، وَالصَّبِيُّ وَالْمَعْتُوهُ غَيْرُ مَحْرَمَيْنِ كَمَا فِي الْمُحِيطِ قُهُسْتَانِيُّ (قَوْلُهُ وَجَازَ شِرَاءُ مَا لَا بُدَّ لِلصَّغِيرِ مِنْهُ) كَالنَّفَقَةِ وَالْكِسْوَةِ وَاسْتِئْجَارِ الظِّئْرِ مِنَحٌ (قَوْلُهُ فِي حِجْرِهِمْ) بِفَتْحِ الْحَاءِ وَكَسْرِهَا مِنَحٌ (قَوْلُهُ لِشَرْحِ الْمَجْمَعِ) أَيْ لِابْنِ مَلَكٍ (قَوْلُهُ وَلَمْ أَرَهُ فِيهِ) بَلْ الَّذِي فِيهِ بَعْدَ قَوْلِ الْمَجْمَعِ، وَيُسَلِّمُهُ فِي صِنَاعَةٍ وَلَا يُؤَجِّرُهُ فِي الْأَصَحِّ مَا نَصُّهُ قَيَّدَ بِهِ احْتِرَازًا عَنْ رِوَايَةِ الْقُدُورِيِّ مِنْ أَنَّ إجَارَتَهُ جَائِزَةٌ كَإِجَارَةِ الْأُمِّ الصَّغِيرَ، لِأَنَّ فِيهَا صَوْنًا عَنْ الْفَسَادِ بِكَوْنِهِ مَشْغُولًا بِعَمَلٍ. وَجْهُ الرِّوَايَةِ الْأُولَى أَنَّ الْمُلْتَقِطَ لَا يَمْلِكُ إتْلَافَ مَنَافِعِهِ، فَلَا يُؤَجِّرُهُ كَالْعَمِّ بِخِلَافِ الْأُمِّ، لِأَنَّهَا تَمْلِكُ إتْلَافَ مَنَافِعِهِ مَجَّانًا فَتَمْلِكُهُ بِعِوَضٍ اهـ وَمِثْلُهُ فِي شَرْحِهِ عَلَى الْوِقَايَةِ نَعَمْ ذَكَرَ الزَّيْلَعِيُّ أَنَّ رِوَايَةَ الْقُدُورِيِّ أَقْرَبُ. أَقُولُ: قَدْ عَلِمْت أَنَّ الْأَصَحَّ خِلَافُهَا كَمَا صَرَّحَ بِهِ فِي الْمَجْمَعِ وَالْوِقَايَةِ وَالْهِدَايَةِ وَغَيْرِهَا مِنْ كِتَابِ اللَّقِيطِ وَوَقَعَ فِي الْهِدَايَةِ هُنَا اضْطِرَابٌ (قَوْلُهُ وَكَذَا لِعَمِّهِ) أَيْ لِعَمِّ الصَّغِيرِ وَهَذَا بِنَاءً عَلَى مَا فِي بَعْضِ نُسَخِ الْمِنَحِ وَنَصُّهُ وَإِنْ كَانَ الصَّغِيرُ فِي يَدِ الْعَمِّ فَآجَرَهُ صَحَّ لِأَنَّهُ مِنْ الْحِفْظِ وَهَذَا عِنْدَ أَبِي يُوسُفَ وَعِنْدَ مُحَمَّدٍ لَا يَصِحُّ اهـ، وَفِي نُسْخَةٍ مُصَحَّحَةٍ كُشِطَ الضَّمِيرُ مِنْ قَوْلِهِ فَآجَرَهُ وَأَبْدَلَهُ بِقَوْلِهِ فَأَجَّرَتْهُ أُمُّهُ، وَهَذَا هُوَ الْمُوَافِقُ لِمَا فِي التَّبْيِينِ والشُّرُنبُلالِيَّة، لَكِنْ رَأَيْت فِي النِّهَايَةِ عَنْ جَامِعِ التُّمُرْتَاشِيِّ مَا نَصُّهُ: وَالْأُمُّ لَوْ آجَرَتْهُ يَجُوزُ إذَا كَانَ فِي حِجْرِهَا وَكَذَا ذُو الرَّحِمِ الْمَحْرَمِ مِنْهُ اهـ فَرَاجِعْهُ وَفِي ٢٧ مِنْ جَامِعِ الْفُصُولَيْنِ: لَوْ لَمْ يَكُنْ لَهُ أَبٌ وَلَا جَدٌّ وَلَا وَصِيٌّ فَآجَرَهُ ذُو رَحِمٍ مَحْرَمٍ هُوَ فِي حِجْرِهِ صَحَّ وَلَوْ فِي حِجْرِ ذِي رَحِمٍ مَحْرَمٍ فَآجَرَهُ آخَرُ أَقْرَبُ كَمَا لَوْ لَهُ أُمٌّ وَعَمَّةٌ وَهُوَ فِي حِجْرِ عَمَّتِهِ فَآجَرَتْهُ أُمُّهُ صَحَّ عِنْدَ أَبِي يُوسُفَ لَا عِنْدَ مُحَمَّدٍ وَلِمَنْ آجَرَهُ قَبَضَ أُجْرَتَهُ اهـ (قَوْلُهُ لَمْ يَجُزْ) أَيْ لَمْ يَلْزَمْ كِفَايَةً لِأَنَّهُ مَشُوبٌ بِالضَّرَرِ زَيْلَعِيٌّ (قَوْلُهُ وَصَحَّ إجَارَةُ أَبٍ وَجَدٍّ) وَكَذَا تَصِحُّ إجَارَةُ وَصِيِّهِمَا بِخِلَافِ وَصِيِّ الْقَاضِي حَمَوِيٌّ، وَهُوَ خِلَافُ ظَاهِرِ عِبَارَةِ الدُّرَرِ فَرَاجِعْهَا. نَعَمْ عَدَّهَا الشَّارِحُ فِي كِتَابِ الْوَصَايَا مِنْ الْمَسَائِلِ الثَّمَانِيَةِ الَّتِي خَالَفَ فِيهَا وَصِيُّ الْأَبِ وَصِيَّ

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