al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

car ce terme exprime précisément l’absence d’interruption entre les membres, et c’est bien ce que l’on recherche. Quant au mot « fawr », il peut laisser entendre qu’il faut accomplir l’ablution dès l’entrée du temps, et suggère encore qu’il faudrait se hâter dans l’exécution ; or ni l’une ni l’autre de ces deux idées n’est voulue.

(La continuité) est donc obligatoire lorsque la personne s’en souvient, en a la capacité et entend poursuivre ce qu’elle a commencé, c’est-à-dire si elle veut prier avec cette ablution ou simplement demeurer en état de pureté ; elle ne la recommence pas, car le fait de la reprendre intégralement serait alors réprouvé, voire interdit.

[Commentaire d’ad-Dusûqî]
– « … une grande interruption » : une interruption minime n’altère jamais l’ablution, qu’elle soit due à l’oubli, à l’incapacité ou à une intention délibérée, car ce qui jouxte une chose prend sa règle. Puisque la courte interruption n’est pas nuisible, elle devient seulement déconseillée lorsqu’elle est volontaire, selon l’avis prépondérant. Le « minime » se mesure au fait que le membre n’a pas encore séché.
– « parce qu’elle exprime l’absence d’interruption… » : autrement dit, elle indique l’obligation de ne pas séparer les membres.
– « … peut laisser entendre qu’il faut l’accomplir… » : c’est-à-dire qu’il pourrait induire l’obligation de l’exécuter dès l’entrée du temps.
– « … suggère aussi la hâte » : sous-entendu l’obligation de se presser et l’absence de tolérance pour une courte interruption.
– « s’il s’en souvient et en a la capacité » : le distrait et l’incapable ne sont pas astreints à la continuité. S’ils interrompent par oubli ou incapacité, ils reprennent dans tous les cas, que la pause soit longue ou brève ; mais l’oubliant doit renouveler son intention, tandis que l’incapable n’y est pas tenu. La distinction que fait l’auteur, pour l’incapable, entre longue et courte interruption — après avoir déjà subordonné l’obligation à la capacité — n’est pas évidente ; on a donc compris ici l’« incapable » non pas en son sens strict, mais comme une personne ayant fait preuve de négligence. S’il avait ajouté, après « s’il s’en souvient, en a la capacité et poursuit » : « et s’il est réellement incapable, il est assimilé à l’oubliant et reprend, avec intention », cela eût été préférable, et l’incapacité aurait conservé son sens littéral.
– « et poursuit » : autrement dit, s’il a interrompu la séquence — par exemple, il a lavé son visage avec l’intention du wudûʾ, puis, pris d’oubli, s’est arrêté ; lorsqu’il s’en souvient, il reprend, pourvu qu’il veuille prier avec cette même ablution.
– « … c’est-à-dire : c’est réprouvé ou interdit » : cela renvoie à la divergence exposée plus loin : la reprise intégrale est-elle simplement déconseillée ou prohibée ? Il en ressort que l’expression « et poursuit » est vue comme une Sunna ; s’il abandonnait ce qu’il a déjà accompli pour recommencer l’ablution, il irait à l’encontre de la tradition prophétique et commettrait un acte illicite ou répréhensible. Cette conclusion appelle toutefois réserve : les juristes précisent que l’ablutionniste est libre d’en achever ou non les étapes. L’interprétation correcte est donc que la phrase de l’auteur « et il poursuit avec intention » signifie qu’il est permis de reprendre, avec une nouvelle intention, lorsqu’on a oublié, sans restriction, et qu’il reste également loisible de recommencer depuis le début. Dans cette optique, il eût été plus judicieux pour le commentateur de supprimer la clause « et il ne la recommence pas », etc.

Objection : « Tout acte cultuel n’exige-t-il pas d’être achevé dès lors qu’on l’a entamé, et l’ablution n’en fait-elle pas partie ? Comment, dès lors, celui qui l’accomplit pourrait-il choisir de la terminer ou non ? » — Réponse : Toutes les adorations ne nécessitent pas d’être menées à terme une fois commencées ; certaines l’exigent, d’autres non. Ibn ʿArafa l’a même versifié en ces termes :

لِأَنَّهَا تُفِيدُ عَدَمَ التَّفْرِيقِ بَيْنَ الْأَعْضَاءِ خَاصَّةً وَهُوَ الْمَطْلُوبُ وَالْفَوْرُ رُبَّمَا يُفِيدُ فِعْلَهُ أَوَّلَ الْوَقْتِ وَأَيْضًا يُوهِمُ السُّرْعَةَ فِي الْفِعْلِ وَكِلَاهُمَا لَيْسَ بِمُرَادٍ (وَاجِبَةٌ إنْ ذَكَرَ وَقَدَرَ وَبَنَى) إنْ أَرَادَ الصَّلَاةَ بِهِ أَوْ الْبَقَاءَ عَلَى الطَّهَارَةِ وَلَا يَبْتَدِئُهُ أَيْ يُكْرَهُ أَوْ يَحْرُمُ ــ [حاشية الدسوقي] التَّفْرِيقَ بِالْكَثِيرِ؛ لِأَنَّ التَّفْرِيقَ الْيَسِيرَ لَا يَضُرُّ مُطْلَقًا سَهْوًا كَانَ أَوْ عَجْزًا أَوْ عَمْدًا؛ لِأَنَّ مَا قَارَبَ الشَّيْءَ يُعْطَى حُكْمَهُ وَإِذَا لَمْ يَضُرَّ التَّفْرِيقُ الْيَسِيرُ فَيُكْرَهُ إنْ كَانَ عَمْدًا عَلَى الْمُعْتَمَدِ وَالْيَسِيرُ مُقَدَّرٌ بِعَدَمِ الْجَفَافِ (قَوْلُهُ: لِأَنَّهَا تُفِيدُ عَدَمَ التَّفْرِيقِ إلَخْ) أَيْ تُفِيدُ وُجُوبَ عَدَمِ التَّفْرِيقِ بَيْنَ الْأَعْضَاءِ (قَوْلُهُ: رُبَّمَا يُفِيدُ فِعْلَهُ) أَيْ رُبَّمَا يُفِيدُ وُجُوبَ فِعْلِهِ أَوَّلَ الْوَقْتِ، وَقَوْلُهُ: أَيْضًا يُوهِمُ السُّرْعَةَ أَيْ وُجُوبَ السُّرْعَةِ فِي الْفِعْلِ وَعَدَمَ اغْتِفَارِ التَّفْرِيقِ الْيَسِيرِ (قَوْلُهُ: إنْ ذَكَرَ وَقَدَرَ) أَيْ وَأَمَّا النَّاسِي وَالْعَاجِزُ فَلَا تَجِبُ الْمُوَالَاةُ فِي حَقِّهِمَا وَحِينَئِذٍ إذَا فَرَّقَ نَاسِيًا أَوْ عَاجِزًا، فَإِنَّهُ يَبْنِي مُطْلَقًا سَوَاءٌ طَالَ أَمْ لَا لَكِنَّ النَّاسِيَ يَبْنِي بِنِيَّةٍ جَدِيدَةٍ. وَأَمَّا الْعَاجِزُ فَلَا يَحْتَاجُ لِتَجْدِيدِ نِيَّةٍ وَمَا ذَكَرَهُ الْمُصَنِّفُ مِنْ التَّفْرِقَةِ فِي الْعَاجِزِ بَيْنَ الطُّولِ وَعَدَمِهِ كَالْعَامِدِ بَعْدَ تَقْيِيدِ الْوُجُوبِ بِالْقُدْرَةِ فَغَيْرُ ظَاهِرٍ وَلِذَا حَمَلُوا الْعَاجِزَ فِي كَلَامِهِ عَلَى غَيْرِ الْحَقِيقِيِّ وَهُوَ مَنْ عِنْدَهُ نَوْعُ تَفْرِيطٍ وَلَوْ قَالَ الْمُصَنِّفُ بَعْدَ قَوْلِهِ إنْ ذَكَرَ وَقَدَرَ وَبَنَى إنْ عَجَزَ مُطْلَقًا كَالنَّاسِي بِنِيَّةٍ كَانَ أَوْلَى وَيُحْمَلُ الْعَجْزُ حِينَئِذٍ عَلَى الْحَقِيقِيِّ اهـ بْن (قَوْلُهُ: وَبَنَى) أَيْ وَإِنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْأَعْضَاءِ بِأَنْ غَسَلَ وَجْهَهُ مَثَلًا بِنِيَّةِ الْوُضُوءِ ثُمَّ حَصَلَ لَهُ نِسْيَانٌ فَتَرَكَ الْغَسْلَ ثُمَّ تَذَكَّرَ بَنَى إنْ أَرَادَ الصَّلَاةَ بِذَلِكَ الْوُضُوءِ الَّذِي فَرَّقَ فِيهِ (قَوْلُهُ: أَيْ يُكْرَهُ أَوْ يَحْرُمُ) أَيْ فَيَجْرِي عَلَى الْخِلَافِ الْآتِي فِي قَوْلِهِ وَهَلْ تُكْرَهُ الرَّابِعَةُ أَوْ تُمْنَعُ خِلَافٌ وَهَذَا يَقْتَضِي أَنَّ الْمُرَادَ بِقَوْلِهِ وَبَنَى أَيْ اسْتِنَانًا وَأَنَّهُ إذَا رَفَضَ مَا فَعَلَ وَابْتَدَأَ الْوُضُوءَ كَانَ مُخَالِفًا لِلسُّنَّةِ وَكَانَ مُرْتَكِبًا لِمُحَرَّمٍ أَوْ مَكْرُوهٍ وَفِيهِ نَظَرٌ فَقَدْ صَرَّحُوا بِأَنَّ الْمُتَوَضِّئَ مُخَيَّرٌ فِي إتْمَامِ وُضُوئِهِ وَتَرْكِهِ فَالصَّوَابُ أَنَّ قَوْلَ الْمُصَنِّفِ وَبَنَى بِنِيَّةٍ إلَخْ مَعْنَاهُ وَصَحَّ الْبِنَاءُ بِنِيَّةِ إنْ نَسِيَ مُطْلَقًا وَيَجُوزُ لَهُ ابْتِدَاؤُهُ مِنْ أَوَّلِهِ وَحِينَئِذٍ فَالْأَوْلَى لِلشَّارِحِ حَذْفُ قَوْلِهِ وَلَا يَبْتَدِئُهُ إلَخْ إنْ قُلْتَ: إنَّ الْعِبَادَةَ يَلْزَمُ إتْمَامُهَا بِالشُّرُوعِ فِيهَا وَالْوُضُوءُ مِنْ جُمْلَةِ الْعِبَادَاتِ فَكَيْفَ يُخَيَّرُ الْمُتَوَضِّئُ فِي إتْمَامِ وُضُوئِهِ وَتَرْكِهِ قُلْتُ: لَيْسَ كُلُّ عِبَادَةٍ يَلْزَمُ إتْمَامُهَا بِالشُّرُوعِ فِيهَا بَلْ بَعْضُهَا يَلْزَمُ إتْمَامُهَا وَبَعْضُهَا لَا يَلْزَمُ، وَقَدْ نَظَمَ ذَلِكَ ابْنُ عَرَفَةَ بِقَوْلِهِ

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