Louange : d’un point de vue lexical, il s’agit d’un éloge formulé par la langue à propos d’un bienfait volontaire, exprimé dans l’intention d’exalter le bénéficiaire, qu’il s’agisse ou non d’une faveur sensible. D’un point de vue technique, c’est tout acte qui manifeste la vénération du Bienfaiteur en tant que tel, fût-ce à propos d’un bienfait accordé à autre que celui qui loue.
(ḥamdan) : à l’accusatif par un verbe implicite – « je Le loue d’une louange » – et non régi par le substantif « ḥamd » déjà cité, dont il est séparé par le prédicat ; il lui reste donc étranger, c’est-à-dire qu’il n’en dépend pas syntaxiquement.
[Annotation de ad-Dusûqî]
– Sur le mot « thanaʾ » : cette définition vise un type particulier de louange, la louange créée ; la louange éternelle, en effet, ne saurait être par la langue, car l’attribution d’un organe à Allah – qu’Il soit exalté – est impossible.
S’il avait dit : « l’éloge par la parole », la formule aurait englobé les quatre formes de louange : la louange du créé envers le créé, du créé envers l’Éternel, de l’Éternel envers l’Éternel et de l’Éternel envers le créé, car le terme « parole » s’applique aussi bien à l’Incréé qu’au contingent.
– Sur l’expression « par la langue » : on vise ici l’organe de la parole ; dès lors, serait comprise la situation exceptionnelle où une main, par rupture d’habitude, se mettrait à louer untel pour un acte volontaire admirable.
– Sur « à propos d’un bienfait » : autrement dit, pour un mérite ; la préposition marque la causalité et désigne ce qui est loué. Il faut donc que ce mérite existe réellement pour le loué – ou du moins selon la conviction du laudateur – et qu’il résulte d’un choix ; sans cela, il ne s’agirait que d’un panégyrique (madḥ). Ainsi dira-t-on : « J’ai vanté la perle pour la pureté de sa couleur », mais non : « Je l’ai louée ». S’agissant de ce qui est loué (al-maḥmûd bihi), le caractère volontaire n’est pas requis ; on peut exalter quelqu’un pour l’éclat de son visage afin de l’honorer. On remarque donc que ce qui est loué et ce pour quoi il est loué peuvent parfois différer, de fait et d’intention, comme dans l’exemple précédent, ou coïncider quant à l’essence tout en divergeant par la considération : louer quelqu’un pour sa générosité en raison de cette même générosité ; la générosité, en tant qu’objet de l’éloge, est alors « loué par », et, comme motif poussant à la louange, « loué pour ».
La définition donnée renferme les cinq piliers de la louange : le laudateur, le loué, ce par quoi il est loué, ce pour quoi il est loué et la formulation. L’éloge « par la langue » constitue la formulation ; celle-ci implique nécessairement un laudateur (al-ḥâmid), un loué (al-maḥmûd) et ce par quoi l’on loue, à savoir le sens porté par la formulation elle-même.
Le syntagme « à propos d’un bienfait volontaire » renvoie donc à l’élément « loué pour ». On n’objectera pas que le découpage entre louange absolue et louange conditionnée indiquerait que l’objet loué ne serait pas indispensable : par « absolue », on entend l’éloge formulée à l’égard de l’Essence divine ou de l’une de Ses Perfections ; par « conditionnée », celle qui répond à un bienfait. Il ne s’agit pas d’une louange sans objet aucun. Ainsi, l’objet loué est toujours requis ; simplement, s’il s’agit de l’Essence ou d’un Attribut divins, la louange est dite absolue, et si c’est un bienfait, elle est qualifiée de conditionnée.
Si l’on objecte : l’Essence et les Attributs ne sont pas volontaires, alors que l’objet loué doit l’être, nous répondons : par « volontaire », les auteurs entendent seulement « non contraint » et non « acquis par libre choix ». L’Essence et les Attributs entrent dès lors dans cette catégorie.
- – Sur l’expression « dans l’intention d’exalter » : certains estiment que la mention est superflue, le caractère volontaire impliquant déjà l’exaltation. D’autres y voient un rappel nécessaire : l’accord du cœur avec la langue est indispensable à la louange ; si la langue exalte tandis que le cœur nie, il ne s’agit plus de louange, car l’exaltation n’est alors qu’apparente.
– Sur « — qu’il s’agisse d’une faveur ou non » : autrement dit, que l’acte volontaire loué soit une grâce, comme les dons, ou non, comme les œuvres cultuelles ou une belle calligraphie ; la formule englobe donc tout ce qui peut être loué.
– Sur « un acte » : c’est-à-dire émanant du laudateur ; il englobe la parole, l’action et la conviction, car on oppose ici l’acte à la simple passivité, si bien que les états intérieurs, tels les croyances, y sont inclus.
– Sur « qui manifeste l’exaltation du Bienfaiteur » : c’est-à-dire quiconque en est témoin comprend, par cet acte, que le Bienfaiteur – le loué – est vénéré. La référence au for intérieur est donc admise ; on ne dira pas que la manifestation ne se vérifie qu’extérieurement, car la conviction du cœur en fait partie, même si autrui ne la perçoit pas.
– Sur « fût-ce envers autre que le laudateur » : autrement dit, même si le bienfait visait quelqu’un d’autre. L’auteur précise « en tant qu’il est bienfaiteur » pour souligner l’idée d’insistance ; on ne lui reprochera donc pas cette précision, bien que la cause soit déjà comprise dans le qualificatif « le Bienfaiteur », car rattacher un jugement à un dérivé indique toujours la cause contenue dans ce dérivé.
– Sur « est à l’accusatif » : c’est-à-dire que le mot