al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Il existe à ce sujet deux avis : faut-il, ou non, relaver l’emplacement de la barbe (et de la moustache) lorsqu’on les a rasées et qu’elles ont disparu ? L’avis le plus solide est qu’il n’y a pas à répéter le lavage.

La cinquième obligation est le frottement (al-dalk) : il consiste à faire passer la main sur le membre, fût-ce après avoir versé l’eau, tant que celui-ci n’a pas encore séché. Il est recommandé, ici, de joindre le frottement au versement de l’eau, à la différence du simple lavage, en raison de la gêne que cela entraînerait. Par « main », on entend la paume, selon l’opinion retenue. Dans le grand bain rituel (ghusl), le frottement revient à faire passer un membre sur un autre.

La sixième obligation, d’après l’une des deux opinions célèbres, est la continuité (al-muwalâ). L’auteur y fait allusion par la formule : « Qu’en est-il de la continuité ? » Elle consiste à accomplir l’ablution dans un laps de temps d’un seul tenant, sans interruption importante ; une brève interruption n’entache pas l’acte. Cette notion est parfois exprimée par le terme « fawr » (sans délai), mais « continuité » est préférable.

[Commentaire d’ad-Dusûqî]
– « … l’obligation de relaver l’emplacement de sa barbe » : l’idée est que les poils couvraient la zone ; une fois disparus, on devrait, selon cet avis, la laver à nouveau.
– « … et le non-obligatoire » : c’est l’opinion prépondérante, car l’état d’impureté mineure a déjà été levé ; il n’y a donc plus lieu de répéter le lavage. À en juger par leurs propos, la divergence vaut que la barbe soit clairsemée ou fournie. On pourrait objecter qu’une barbe légère ne couvre pas la peau, puisque celle-ci est lavée en dessous ; on répond qu’elle voile malgré tout le point d’implantation du poil, lequel est mouillé grâce à la pénétration de l’eau et à l’ouverture des pores – qu’on y réfléchisse.

Avertissement : Il est illicite pour un homme de se raser la barbe ou la moustache ; celui qui le fait doit être réprimandé. Pour la femme, le rasage de ces poils est, selon l’avis retenu, obligatoire. Quant au rasage de la tête, ceux qui en ont l’habitude ne devraient pas, désormais, y renoncer.

– « le frottement » : il est obligatoire en soi, même si l’eau atteint déjà la peau, selon l’avis dominant, parce qu’il fait partie intégrante de la notion de lavage ; sans lui, ce ne serait qu’une simple aspersion ou immersion. Si l’on objecte : « Puisque le frottement rentre dans la définition du lavage, l’obligation de laver le rend superflu », nous répondons : l’auteur l’a mentionné pour réfuter une opposition de poids qui soutient que le frottement n’est obligatoire que pour acheminer l’eau jusqu’à la peau ; si l’eau l’atteint sans frottement, celui-ci ne serait alors pas requis.
– « faire passer la main sur le membre » : avec une pression moyenne, même si les saletés ne disparaissent pas, sauf si elles sont incrustées au point de faire écran.
– « fût-ce après avoir versé l’eau » : le frottement vaut qu’il accompagne le versement ou qu’il le suive, pourvu que le membre soit encore humide ; la présence d’eau en surface n’est pas requise, l’humidité résiduelle suffit – ainsi l’affirme Ibn Abî Zayd, avis prépondérant, contrairement à Abû l-Hasan al-Qâbisî, qui exige la concomitance.
– La précision « en raison de la gêne » justifie que l’on ne recommande pas cette concomitance dans le simple lavage.
– Par « main », dans le chapitre des ablutions, on entend la paume, non le dos ni un autre membre ; dès lors, frotter un pied avec l’autre ne suffit pas pour les ablutions, mais cela est valide pour le ghusl. Dans un manuscrit cité, le shaykh Abû ʿAlî al-Misnâwî écrit : « Le frottement – qu’il se fasse avec la main, paume ou dos, avec l’avant-bras, à l’aide d’un tissu, ou en grattant un pied avec l’autre – est recevable », à rebours de ʿAj et de ses partisans, qui le limitent à la paume. Abû ʿAlî s’appuie sur la parole d’al-Fâkihânî : « Le frottement consiste à faire passer la main ou ce qui en tient lieu. » Il ajoute : « Lorsque les juristes parlent du frottement par la main, ils se réfèrent au cas le plus courant », toujours à l’opposé de ʿAj et des siens.
– « faire passer le membre » : qu’il s’agisse de la main ou d’un autre membre, comme le pied.

Avertissement : Ajouter de l’eau du fait du frottement ne nuit pas, pourvu que le membre ait déjà été totalement mouillé par une eau purifiante, sauf si la saleté se solidifie.

– « … et c’est l’accomplir » : il s’agit de l’ablution.
– « sans interruption notable » : c’est-à-dire sans interruption du tout, ou avec une interruption minime.
– « car une interruption minime n’entache pas [l’acte] ».

(وَفِي) وُجُوبِ إعَادَةِ مَوْضِعِ (لِحْيَتِهِ) وَشَارِبِهِ إذَا حَلَقَهُمَا وَسَقَطَا، وَعَدَمِهِ وَهُوَ الرَّاجِحُ (قَوْلَانِ) (وَ) الْفَرِيضَةُ الْخَامِسَةُ (الدَّلْكُ) وَهُوَ إمْرَارُ الْيَدِ عَلَى الْعُضْوِ وَلَوْ بَعْدَ صَبِّ الْمَاءِ قَبْلَ جَفَافِهِ وَتُنْدَبُ الْمُقَارَنَةُ هُنَا دُونَ الْغَسْلِ لِلْمَشَقَّةِ وَالْمُرَادُ بِالْيَدِ هُنَا بَاطِنُ الْكَفِّ عَلَى مَا اُسْتُظْهِرَ وَالدَّلْكُ فِي الْغَسْلِ هُوَ إمْرَارُ الْعُضْوِ عَلَى الْعُضْوِ الْفَرِيضَةُ السَّادِسَةُ الْمُوَالَاةُ عَلَى أَحَدِ الْمَشْهُورَيْنِ وَإِلَيْهَا أَشَارَ بِقَوْلِهِ (وَهَلْ الْمُوَالَاةُ) وَهِيَ فِعْلُهُ فِي زَمَنٍ مُتَّصِلٍ مِنْ غَيْرِ تَفْرِيقٍ كَثِيرٍ لِأَنَّ الْيَسِيرَ لَا يَضُرُّ وَيُعَبَّرُ عَنْهَا بِالْفَوْرِ وَالتَّعْبِيرُ بِالْمُوَالَاةِ أَوْلَى ــ [حاشية الدسوقي] مَقْصُودَةٌ بِالْمَسْحِ فَزَوَالُهَا زَوَالٌ لِمَا قُصِدَ (قَوْلُهُ: وَفِي وُجُوبِ إعَادَةِ مَوْضِعِ لِحْيَتِهِ) أَيْ نَظَرًا لِسَتْرِ الشَّعْرِ لِلْمَحَلِّ وَقَدْ زَالَ وَحِينَئِذٍ فَيَغْسِلُ الْمَحَلَّ (قَوْلُهُ: وَعَدَمِهِ) أَيْ وَعَدَمُ وُجُوبِ الْإِعَادَةِ؛ لِأَنَّ الْحَدَثَ قَدْ ارْتَفَعَ عَنْ مَحَلِّهَا فَلَا وَجْهَ لِإِعَادَةِ غَسْلِهِ وَظَاهِرُ كَلَامِهِمْ جَرَيَانُ الْخِلَافِ فِي غَسْلِ مَحَلِّ اللِّحْيَةِ سَوَاءٌ كَانَتْ خَفِيفَةً أَوْ كَثِيفَةً وَقَدْ يُقَالُ: إنَّ الْخَفِيفَةَ غَيْرُ سَاتِرَةٍ إذْ الْبَشَرَةُ تُغْسَلُ تَحْتَهَا وَأُجِيبَ بِأَنَّهَا سَاتِرَةٌ لِمَنْبَتِ الشَّعْرِ وَفِيهِ أَنَّهُ مَغْسُولٌ لِسَرَيَانِ الْمَاءِ وَانْفِتَاحِ الْمَسَامِّ تَأَمَّلْ (تَنْبِيهٌ) يَحْرُمُ عَلَى الرَّجُلِ حَلْقُ لِحْيَتِهِ أَوْ شَارِبِهِ وَيُؤَدَّبُ فَاعِلُ ذَلِكَ وَيَجِبُ عَلَى الْمَرْأَةِ حَلْقُهُمَا عَلَى الْمُعْتَمَدِ وَحَلْقُ الرَّأْسِ لَا يَنْبَغِي تَرْكُهُ الْآنَ لِمَنْ عَادَتُهُمْ الْحَلْقُ. (قَوْلُهُ: وَالدَّلْكُ) هُوَ وَاجِبٌ لِنَفْسِهِ وَلَوْ وَصَلَ الْمَاءُ لِلْبَشَرَةِ عَلَى الْمَشْهُورِ بِنَاءً عَلَى دُخُولِهِ فِي مُسَمَّى الْغَسْلِ وَإِلَّا كَانَ مُجَرَّدَ إفَاضَةٍ أَوْ غَمْسٍ إنْ قُلْتَ حَيْثُ كَانَ الدَّلْكُ دَاخِلًا فِي مُسَمَّى الْغَسْلِ فَفَرِيضَةُ الْغَسْلِ مُغْنِيَةٌ عَنْهُ فَلَا حَاجَةَ لِذِكْرِهِ قُلْتُ ذَكَرَهُ لِلرَّدِّ عَلَى الْمُخَالِفِ الْقَوِيِّ الْقَائِلِ إنَّهُ وَاجِبٌ لِإِيصَالِ الْمَاءِ لِلْبَشَرَةِ، فَإِنْ وَصَلَ لَهَا بِدُونِهِ لَمْ يَجِبْ بِنَاءً عَلَى أَنَّ إيصَالَ الْمَاءِ لِلْبَشَرَةِ مِنْ غَيْرِ دَلْكٍ يُسَمَّى غَسْلًا كَذَا قَرَّرَ شَيْخُنَا (قَوْلُهُ: وَهُوَ إمْرَارُ الْيَدِ عَلَى الْعُضْوِ) أَيْ إمْرَارًا مُتَوَسِّطًا وَلَوْ لَمْ تَزُلْ الْأَوْسَاخُ إلَّا أَنْ تَكُونَ مُتَجَسِّدَةً فَتَكُونَ حَائِلًا (قَوْلُهُ: وَلَوْ بَعْدَ صَبِّ الْمَاءِ) أَيْ هَذَا إذَا كَانَ إمْرَارُ الْيَدِ مُصَاحِبًا لِلصَّبِّ بَلْ وَلَوْ كَانَ بَعْدَ الصَّبِّ قَبْلَ الْجَفَافِ فَلَا يُشْتَرَطُ الْمَاءُ بَاقِيًا بَلْ يَكْفِي بَقَاءُ الرُّطُوبَةِ كَمَا قَالَهُ ابْنُ أَبِي زَيْدٍ وَهُوَ الْمُعْتَمَدُ خِلَافًا لِأَبِي الْحَسَنِ الْقَابِسِيِّ حَيْثُ قَالَ: لَا بُدَّ مِنْ مُقَارَنَةِ إمْرَارِ الْيَدِ لِلصَّبِّ (قَوْلُهُ: لِلْمَشَقَّةِ) عِلَّةٌ لِقَوْلِهِ دُونَ الْغَسْلِ أَيْ فَلَا تُنْدَبُ الْمُقَارَنَةُ فِيهِ لِلْمَشَقَّةِ (قَوْلُهُ: وَالْمُرَادُ بِالْيَدِ هُنَا) أَيْ فِي بَابِ الْوُضُوءِ وَقَوْلُهُ: بَاطِنُ الْكَفِّ أَيْ لَا ظَاهِرُهُ وَلَا إمْرَارُ غَيْرِهِ مِنْ الْأَعْضَاءِ فَعَلَى هَذَا لَا يُجْزِئُ دَلْكُ إحْدَى الرِّجْلَيْنِ بِالْأُخْرَى فِي الْوُضُوءِ وَيُجْزِئُ فِي الْغُسْلِ وَفِي بْن مَا نَصَّهُ كَتَبَ الشَّيْخُ أَبُو عَلِيٍّ حَسَنٌ الْمِسْنَاوِيُّ مَا نَصُّهُ وَالدَّلْكُ أَيْ بِالْيَدِ ظَاهِرُهَا أَوْ بَاطِنُهَا وَبِالذِّرَاعِ أَوْ بِخِرْقَةٍ أَوْ بِحَكِّ إحْدَى الرِّجْلَيْنِ الْأُخْرَى خِلَافًا لِتَخْصِيصِ عج وَمَنْ تَبِعَهُ الدَّلْكُ بِبَاطِنِ الْكَفِّ وَاحْتَجَّ أَبُو عَلِيٍّ لِمَا قَالَهُ بِقَوْلِ الْفَاكِهَانِيِّ الدَّلْكُ إمْرَارُ الْيَدِ أَوْ مَا يَقُومُ مَقَامَهَا ثُمَّ قَالَ بَعْدُ وَقَوْلُ الْفُقَهَاءِ الدَّلْكُ بِالْيَدِ جَرَى عَلَى الْغَالِبِ خِلَافًا لعج وَمَنْ تَبِعَهُ اهـ (قَوْلُهُ: إمْرَارُ الْعُضْوِ) أَيْ سَوَاءٌ كَانَ يَدًا أَوْ غَيْرَهَا كَالرِّجْلِ. (تَنْبِيهٌ) لَا يَضُرُّ إضَافَةُ الْمَاءِ بِسَبَبِ الدَّلْكِ حَيْثُ عَمَّ الْمَاءُ الْعُضْوَ حَالَةَ كَوْنِهِ طَهُورًا إلَّا أَنْ يَتَجَسَّدَ الْوَسَخُ قَالَهُ فِي المج. (قَوْلُهُ: وَهِيَ فِعْلُهُ) أَيْ الْوُضُوءِ (قَوْلُهُ: مِنْ غَيْرِ تَفْرِيقٍ كَثِيرٍ) أَيْ مِنْ غَيْرِ تَفْرِيقٍ أَصْلًا أَوْ مَعَ تَفْرِيقٍ يَسِيرٍ (قَوْلُهُ: لِأَنَّ الْيَسِيرَ لَا يَضُرُّ) أَيْ وَإِنَّمَا قَيَّدْنَا

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