– Le menton (al-dhaqan, avec fatḥa sur le dhāl et le qāf) est la zone où se rejoignent les deux mâchoires ; elle se situe dans la partie lisse de la joue.
– Et, pour celui qui porte la barbe, la limite inférieure de la surface apparente de celle-ci. Le terme laḥya – dont le lām peut être lu avec kasra ou fatḥa – désigne le poil qui pousse sur les deux mâchoires (duel laḥyayn, sing. laḥy, lʼos de la mandibule inférieure). Ainsi, en considérant la notion de « limite », le menton et l’extérieur de la barbe entrent tous deux dans le périmètre du visage ; il faut donc les laver. « Laver l’extérieur de la barbe » signifie faire passer la main mouillée dessus en la frottant légèrement. Ce frottement diffère du takhlīl – expliqué plus loin – qui, lui, consiste à faire parvenir l’eau jusqu’à la peau.
Il faut aussi inclure dans le lavage une partie du cuir chevelu, l’obligation n’étant complète qu’à cette condition. Par la mention de la « racine habituelle des cheveux » sont exclus :
• le chauve (aṣlaʿ) et celui dont les cheveux sont naturellement reculés (anzāʿ) : ils se limitent au front, juste ce qu’il faut pour parachever l’obligation ;
• celui dont les cheveux descendent anormalement bas (agham) : il lave la partie tombant sous la limite normale et s’arrête à l’endroit habituel, dans la mesure nécessaire pour accomplir le devoir.
Certaines parties du visage, en raison de leur relief, reçoivent mal l’eau ; l’auteur les signale – bien qu’elles appartiennent au visage – et dit :
• « il lave la watara », avec fatḥa sur le wāw et le tā’ : c’est la cloison séparant les deux narines ;
• « ainsi que les asârîr de son front », c’est-à-dire les rides ou sillons (pluriel dʼasrira ou dʼasrar) ; asârîr est donc un « pluriel de pluriel ». Ici, le mot jabha désigne la partie qui s’élève au-dessus des sourcils jusqu’au début de l’implantation des cheveux, englobant les deux jabīn (tempes). Le « front » requis pour la prosternation, en revanche, est la zone arrondie comprise entre les sourcils et la naissance des cheveux, sans les tempes ;
• « et la surface extérieure de ses deux lèvres », c’est-à-dire ce qui apparaît lorsqu’elles se ferment naturellement.
Il lave donc tout cela « en peignant (takhlīl) » l’eau dans tout poil – barbe, sourcils, moustache, petit toupet sous la lèvre (ʿanfaqa) ou cils – dès lors que la peau reste visible dessous dans une situation de conversation ordinaire. Le takhlīl consiste à faire parvenir l’eau à la peau. Lorsque la pilosité est dense au point de masquer la peau, on ne l’entrelace pas ; il est même déconseillé de le faire et l’on se contente de laver la surface.
Il n’a pas à laver une blessure cicatrisée mais creuse, ni une dépression naturelle de la peau.