Ils furent ainsi établis « dans un siège de véridicité auprès d’un Souverain tout-puissant » – qu’Allah soit satisfait d’eux. Quant à l’auteur, il comptait parmi les plus éminents d’entre eux et faisait partie des gens du dévoilement spirituel, tout comme son maître Sîdî ʿAbd Allâh al-Manûfî.
(Khalîl) : tel est le nom de l’auteur ; syntaxiquement, le mot sert d’apposition ou d’explicitation à l’expression « le serviteur pauvre et contraint », ou encore de prédicat à un sujet elliptique, c’est-à-dire : « c’est Khalîl ».
(Khalîl ibn Isḥâq) : qualificatif de Khalîl – ou prédicat d’un sujet sous-entendu – « fils de Mûsâ » ; se trompe donc celui qui écrit « fils de Yaʿqûb ».
(al-Mâlikî) : l’affiliation à l’imâm Mâlik, car l’auteur pratiquait le culte selon son école et étudiait, pour enseigner et apprendre, les avis qu’il avait adoptés. C’est un second qualificatif de Khalîl, non d’Isḥâq, lequel était ḥanafite ; il orienta toutefois son fils vers le madhhab mâlikite par amour pour son shaykh Sîdî ʿAbd Allâh al-Manûfî et pour Sîdî Abû ʿAbd Allâh ibn al-Ḥâjj, l’auteur du Madkhal.
Isḥâq, le père de l’auteur, était un allié d’Allah et comptait parmi les gens du dévoilement. L’auteur l’atteste dans ses Manâqib de Sîdî ʿAbd Allâh al-Manûfî, où il écrit : « Mon père – qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde – faisait partie des saints vertueux. Il avait fréquenté plusieurs hommes d’élite, tels que notre maître Shaykh ʿAbd Allâh al-Manûfî et notre maître, le pieux gnostique en Allah, Abû ʿAbd Allâh ibn al-Ḥâjj ; notre maître le shaykh, c’est-à-dire al-Manûfî, venait lui rendre visite. »
Parmi les dévoilements de mon père, je rapporte ceci : un jour, alors qu’il était faible et retiré, je lui dis : « Ô mon père, notre maître Aḥmad, fils de notre maître Shaykh Abû ʿAbd Allâh ibn al-Ḥâjj, est à l’agonie. » Il me répondit : « Il ne lui arrivera rien cette fois ; c’est plutôt son frère, notre maître Muḥammad, qui est décédé. » Je me rendis sur place et constatai la véracité de ses paroles : ils revenaient tout juste de l’enterrer et personne ne l’en avait informé.
Il relate encore une autre anecdote de ses dévoilements ; reporte-toi-y si tu le souhaites. – Qu’Allah soit satisfait de lui, de son père et de ses maîtres. Âmîn.
L’auteur est décédé (m. 767 H).
S’il s’est nommé au début de son ouvrage, c’est afin que son livre soit plus enclin à être accepté, car un écrit dont l’auteur reste inconnu est, la plupart du temps, délaissé.
« Louange à Allah » – cette formule et ce qui suit constituent le propos rapporté. Sur le plan linguistique, le terme ḥamd