al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

« Il est pardonné ce qu’il est difficile d’éviter » : l’exemption porte sur les impuretés dont on ne peut aisément se préserver. Il s’agit là d’un principe général. Comme l’extraction des cas particuliers à partir d’un tel principe peut demeurer obscure à certains esprits, l’auteur énumère quelques exemples pour l’illustrer :

– Ainsi d’un « évènement » persistant : urine, liquide pré-éjaculatoire ou autre. Le terme « persistant » (mustankih, avec kasra sur le kāf) signifie qu’il accompagne la personne de façon continue, ne fût-ce qu’une fois par jour. Tout ce que cet écoulement atteint est excusé, et l’intéressé peut entrer dans la mosquée tant qu’il ne craint pas de la salir ; s’il redoute de la souiller, l’accès lui est interdit.

– De même pour l’humidité provenant d’une hémorroïde qui se dépose sur la main : il n’est pas obligatoire de la laver « si les renvois sont fréquents », c’est-à-dire plus d’une fois par jour – l’on estime le seuil à trois fois, le lavage de la main ne devenant pénible qu’à force de répétition. Le même statut vaut pour la pièce d’étoffe destinée à la remettre en place, tel un linge.

– Et si cette humidité atteint un vêtement ou le corps, l’exemption demeure même lorsque les renvois ne sont pas nombreux, pourvu qu’ils surviennent au moins une fois par jour.

– Il en va de même du vêtement – ou du corps – d’une nourrice, qu’elle soit la mère ou une autre, lorsqu’il y a nécessité, qu’aucune autre nourrice n’est disponible ou que l’enfant refuse toute autre.

[Hâshiya d’al-Dusûqî]
• … ou sur la partie inférieure du vêtement.
• « Il est pardonné ce qu’il est difficile d’éviter » : c’est-à-dire ce dont on ne peut aisément se séparer ni se tenir éloigné.
• « Tel qu’un évènement… » : le mot ḥadath est pris dans son sens générique, englobant toutes les formes d’impureté. L’auteur n’a pas dit « évènements persistants » pour qu’on ne croie pas l’exemption limitée à la pluralité des cas.
• « ou autre chose » : comme les excréments ou le sperme. La Dhakhīra rapporte qu’une impureté excusée pour son porteur l’est également pour autrui, l’impureté cessant d’être prise en compte. D’autres refusent cette extension, l’exemption reposant sur une nécessité dont autrui n’est pas tributaire. La divergence se manifeste quant à la direction de la prière : selon le premier avis, il est licite – bien que réprouvé – qu’un tel homme soit imâm ; selon le second, cela est illicite sans invalider toutefois la prière des fidèles, leur prière restant liée à la sienne qui demeure valide.
• « c’est-à-dire qui le fréquente assidûment » : explication de mustankih, lequel signifie « dominant » ; une chose ne domine qu’en étant constamment présente.
• « Il est pardonné ce qui atteint… » : ni lavage obligatoire ni recommandé pour la partie atteinte du vêtement ou du corps. Quant au lieu de prière, Ḥ. note que les auteurs n’en parlent pas ; il semble que, si la souillure survient hors prière, il n’y ait pas d’exemption – l’intéressé pouvant se déplacer vers un endroit pur –, tandis que, si elle apparaît pendant la prière, elle fait partie de ce qu’il porte et dont il est difficile de se préserver.
• La question de savoir si cet écoulement annule les ablutions relève d’un autre chapitre. En résumé : s’il dure tout le temps, la majorité ou la moitié du temps, il ne rompt pas l’ablution ; s’il dure moins, il la rompt, tout en restant excusé quant à la souillure elle-même. L’exemption ici concerne les souillures (akhbāth), alors que la rupture du wuḍūʾ ressort des évènements (aḥdāth) ; or les souillures sont traitées avec plus de souplesse.
• « Hémorroïde » (pl. bawāsīr) : excroissance interne de l’anus qui sort enduite d’humidité et d’impureté ; on la repousse à la main ou avec un linge, lequel se souille. Est excusé ce qui atteint la main ou l’étoffe lorsque les renvois sont fréquents. Les propos de l’auteur ne restreignent donc pas l’exemption à la seule humidité ou à la seule main.
• « si les renvois sont fréquents » : qu’il y soit contraint ou non ; le plus souvent, la contrainte existe. Il apparaît que la sortie d’un prolapsus rectal (ṣarm) est assimilée à l’hémorroïde : ce qui atteint la main est excusé lorsque les renvois sont fréquents, et notre shaykh étend la règle aux sécrétions d’un furoncle, etc.
• « que cela dépasse une fois » : c’est-à-dire plus d’une fois par jour.
• « Et, à l’instar de la main » : l’étoffe spécialement destinée à remettre l’hémorroïde, tel un mouchoir, n’est excusée que si les renvois sont nombreux.
• « ou dans un vêtement » : si l’humidité touche un vêtement ou le corps, l’exemption s’applique.
• « quand bien même les renvois ne sont pas nombreux » : pour le vêtement ou le corps, eu égard à la difficulté de les laver, contrairement à la main.
• « de même pour le vêtement ou le corps d’une nourrice » : l’exemption ne couvre pas l’endroit où elle se trouve ; rien n’est excusé si elle peut s’en éloigner.
• « lorsqu’elle y est contrainte » : si la nourrice n’est pas la mère et qu’elle allaite par nécessité (pauvreté, absence d’autre nourrice, refus de l’enfant), cette nécessité constitue la condition de l’exemption ; hors de ce cas, il n’y a pas d’exemption.

(وَعُفِيَ عَمَّا يَعْسُرُ) الِاحْتِرَازُ عَنْهُ مِنْ النَّجَاسَاتِ وَهَذِهِ قَاعِدَةٌ كُلِّيَّةٌ وَلَمَّا كَانَ اسْتِخْرَاجُ الْجُزْئِيَّاتِ مِنْ الْكُلِّيَّاتِ قَدْ يَخْفَى عَلَى بَعْضِ الْأَذْهَانِ ذَكَرَ لَهَا جُزْئِيَّاتٍ لِلْإِيضَاحِ فَقَالَ (كَحَدَثٍ) بَوْلًا أَوْ مَذْيًا أَوْ غَيْرَهُمَا (مُسْتَنْكِحٍ) بِكَسْرِ الْكَافِ أَيْ مُلَازِمٍ كَثِيرًا بِأَنْ يَأْتِيَ كُلَّ يَوْمٍ وَلَوْ مَرَّةً فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ مِنْهُ وَيُبَاحُ دُخُولُ الْمَسْجِدِ بِهِ مَا لَمْ يَخْشَ تَلَطُّخَهُ فَيُمْنَعَ (وَ) ك (بَلَلِ بَاسُورٍ) بِمُوَحَّدَةٍ حَصَلَ (فِي يَدٍ) فَلَا يَلْزَمُ غَسْلُهَا مِنْهُ (إنْ كَثُرَ الرَّدُّ) بِهَا بِأَنْ يَزِيدَ عَلَى الْمَرَّةِ فِي كُلِّ يَوْمٍ وَيَظْهَرُ أَنْ يَكُونَ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ إذْ لَا مَشَقَّةَ فِي غَسْلِ الْيَدِ إلَّا بِالْكَثْرَةِ وَمِثْلُ الْيَدِ الثَّوْبُ الَّذِي يَرُدُّ بِهِ أَيْ الْخِرْقَةُ (أَوْ) فِي (ثَوْبٍ) أَوْ بَدَنٍ وَإِنْ لَمْ يَكْثُرْ الرَّدُّ بِأَنْ يَأْتِيَ كُلَّ يَوْمٍ مَرَّةً فَأَكْثَرَ (وَ) ك (ثَوْبِ مُرْضِعَةٍ) أَوْ جَسَدِهَا أُمًّا أَوْ غَيْرَهَا إنْ احْتَاجَتْ أَوْ لَمْ يُوجَدْ غَيْرُهَا أَوْ لَمْ يَقْبَلْ الْوَلَدُ سِوَاهَا ــ [حاشية الدسوقي] أَوْ بِأَسْفَلِهِ (قَوْلُهُ: وَعُفِيَ عَمَّا يَعْسُرُ) أَيْ عَمَّا يَشُقُّ الِانْفِكَاكُ مِنْهُ وَالتَّبَاعُدُ عَنْهُ (قَوْلُهُ: كَحَدَثٍ إلَخْ) الْمُرَادُ بِالْحَدَثِ الْجِنْسُ فَيَشْمَلُ سَائِرَهَا وَلَمْ يَقُلْ كَأَحْدَاثِ مُسْتَنْكَحَةٍ لِئَلَّا يُتَوَهَّمَ أَنَّ الْعَفْوَ مَقْصُورٌ عَلَى حُصُولِ جَمْعٍ مِنْ الْأَحْدَاثِ (قَوْلُهُ: أَوْ غَيْرَهُمَا) أَيْ كَغَائِطٍ وَمَنِيٍّ وَفِي الذَّخِيرَةِ فَرْعٌ إذَا عُفِيَ عَنْ الْأَحْدَاثِ فِي حَقِّ صَاحِبِهَا عُفِيَ عَنْهَا فِي حَقِّ غَيْرِهِ لِسُقُوطِ اعْتِبَارِهَا شَرْعًا وَقِيلَ لَا يُعْفَى عَنْهَا فِي حَقِّ غَيْرِهِ؛ لِأَنَّ سَبَبَ الْعَفْوِ الضَّرُورَةُ وَلَمْ تُوجَدْ فِي حَقِّ الْغَيْرِ وَثَمَرَةُ الْخِلَافِ تَظْهَرُ فِي جَوَازِ صَلَاةِ صَاحِبِهَا إمَامًا بِغَيْرِهِ وَعَدَمِ الْجَوَازِ فَعَلَى الْأَوَّلِ تَجُوزُ وَتُكْرَهُ عَلَى الثَّانِي، وَإِنَّمَا لَمْ يَقُلْ بِالْبُطْلَانِ عَلَى الثَّانِي؛ لِأَنَّ صَاحِبَ السَّلَسِ صَلَاتُهُ صَحِيحَةٌ لِلْعَفْوِ عَنْ النَّجَاسَةِ فِي حَقِّهِ وَصَحَّتْ صَلَاةُ مَنْ ائْتَمَّ بِهِ؛ لِأَنَّ صَلَاتَهُ مُرْتَبِطَةٌ بِصَلَاتِهِ وَصَلَاتُهُ صَحِيحَةٌ فَالْمُرْتَبِطَةُ بِهَا كَذَلِكَ (قَوْلُهُ: أَيْ مُلَازِمٌ كَثِيرًا) تَفْسِيرٌ بِاللَّازِمِ؛ لِأَنَّ الْمُسْتَنْكِحَ مَعْنَاهُ الْقَاهِرُ لِلشَّخْصِ وَمَعْلُومٌ أَنَّهُ لَا يَكُونُ قَاهِرًا لِلشَّخْصِ إلَّا إذَا لَازَمَهُ كَثِيرًا (قَوْلُهُ: فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ مِنْهُ) أَيْ وَلَا يَجِبُ غَسْلُهُ وَلَا يُسَنُّ وَقَوْلُهُ فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ مِنْهُ أَيْ الثَّوْبِ أَوْ الْبَدَنِ. وَأَمَّا الْمَكَانُ فَقَالَ ح لَمْ يَذْكُرُوهُ وَالظَّاهِرُ أَنْ يُقَالَ: إنْ أَصَابَهُ فِي غَيْرِ الصَّلَاةِ فَظَاهِرٌ أَنَّهُ لَا عَفْوَ؛ لِأَنَّهُ يُمْكِنُ أَنْ يَتَحَوَّلَ مِنْهُ إلَى مَكَان طَاهِرٍ وَإِنْ أَصَابَهُ وَهُوَ فِي صَلَاتِهِ فَهُوَ مِنْ جُمْلَةِ مَا هُوَ مُلَابِسٌ لَهُ وَيَعْسُرُ الِاحْتِرَازُ مِنْهُ اهـ بْن وَقَوْلُهُ فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ مِنْهُ أَيْ وَأَمَّا كَوْنُهُ يَنْقُضُ الْوُضُوءَ أَوْ لَا فَشَيْءٌ آخَرُ لَهُ مَحَلٌّ يَخُصُّهُ يَأْتِي فِي نَوَاقِضِ الْوُضُوءِ وَحَاصِلُهُ أَنَّهُ إنْ لَازَمَ كُلَّ الزَّمَنِ أَوْ جُلَّهُ أَوْ نِصْفَهُ فَلَا يَنْقُضُ وَإِنْ لَازَمَ أَقَلَّ الزَّمَنِ نَقَضَ مَعَ الْعَفْوِ عَمَّا أَصَابَ مِنْهُ وَإِنَّمَا عُفِيَ عَمَّا أَصَابَ مِنْ الْحَدَثِ اللَّازِمِ مُطْلَقًا وَفَصَّلَ فِي نَقْضِهِ الْوُضُوءَ؛ لِأَنَّ مَا هُنَا مِنْ بَابِ الْأَخْبَاثِ وَذَاكَ مِنْ بَابِ الْأَحْدَاثِ وَالْأَخْبَاثُ أَسْهَلُ مِنْ الْأَحْدَاثِ. (قَوْلُهُ: بَاسُورٍ) جَمْعُهُ بَوَاسِيرُ وَالْمُرَادُ الْبَاسُورُ النَّابِتُ فِي دَاخِلِ مَخْرَجِ الْغَائِطِ بِحَيْثُ يَخْرُجُ مِنْهُ وَعَلَيْهِ بُلُولَةٌ وَنَجَاسَةٌ فَيَرُدُّهُ بِيَدِهِ أَوْ غَيْرِهَا كَخِرْقَةٍ إلَى مَحَلِّهِ فَتَتَلَوَّثُ يَدُهُ مِنْ الْبُلُولَةِ الَّتِي عَلَيْهِ أَوْ مِنْ النَّجَاسَةِ الْخَارِجَةِ مَعَهُ فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ الْيَدَ أَوْ الْخِرْقَةَ مِنْ ذَلِكَ الْخَارِجِ إنْ كَثُرَ الرَّدُّ فَلَا مَفْهُومَ لِلْبَلَلِ فِي كَلَامِ الْمُصَنِّفِ وَلَا لِلْيَدِ (قَوْلُهُ: إنْ كَثُرَ الرَّدُّ) أَيْ سَوَاءٌ اُضْطُرَّ لِرَدِّهِ أَمْ لَا؛ لِأَنَّ الْغَالِبَ اضْطِرَارُهُ لِرَدِّهِ كَمَا فِي ح وَفِي عبق الظَّاهِرُ أَنَّ خُرُوجَ الصَّرْمِ كَالْبَاسُورِ فَيُعْفَى عَمَّا أَصَابَ الْيَدَ مِنْ النَّجَاسَةِ الْخَارِجَةِ مَعَهُ إنْ كَثُرَ الرَّدُّ قِيَاسًا لِلصَّرْمِ عَلَى الْبَاسُورِ بَلْ قَرَّرَ شَيْخُنَا أَنَّ مِثْلَ الْبَاسُورِ أَثَرُ الدُّمَّلِ وَنَحْوِهِ (قَوْلُهُ: أَنْ يَكُونَ) أَيْ ذَلِكَ الزَّائِدُ عَلَى الْمَرَّةِ (قَوْلُهُ: وَمِثْلُ الْيَدِ) أَيْ فِي اعْتِبَارِ كَثْرَةِ الرَّدِّ فِي الْعَفْوِ عَمَّا أَصَابَهَا الْخِرْقَةُ الْمُتَّخَذَةُ لِلرَّدِّ بِهَا كَالْمِنْدِيلِ فَلَا يُعْفَى عَمَّا أَصَابَهَا إذَا رَدَّ بِهَا إلَّا إذَا كَثُرَ الرَّدُّ (قَوْلُهُ: أَوْ فِي ثَوْبٍ) أَيْ أَوْ حَصَلَ بَلَلُ الْبَاسُورِ فِي ثَوْبٍ أَوْ بَدَنٍ، فَإِنَّهُ يُعْفَى عَنْهُ (قَوْلُهُ: وَإِنْ لَمْ يَكْثُرْ الرَّدُّ) أَيْ بِالثَّوْبِ أَوْ الْبَدَنِ وَذَلِكَ لِمَشَقَّةِ غَسْلِهِمَا بِخِلَافِ غَسْلِ الْيَدِ، فَإِنَّهُ لَا مَشَقَّةَ فِيهِ إلَّا بِالْكَثْرَةِ (قَوْلُهُ: وَكَثَوْبِ مُرْضِعَةٍ أَوْ جَسَدِهَا) أَيْ لَا مَكَانَهَا فَلَا يُعْفَى عَمَّا أَصَابَهُ إنْ أَمْكَنَهَا التَّحَوُّلُ عَنْهُ (قَوْلُهُ: إنْ احْتَاجَتْ) أَيْ غَيْرُ الْأُمِّ لِلرَّضَاعِ لِفَقْرِهَا وَهَذَا قَيْدٌ لِلْعَفْوِ عَنْ ثَوْبِ الْمُرْضِعَةِ إذَا كَانَتْ غَيْرَ أُمٍّ فَلَا يُعْفَى عَمَّا.

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