al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Quant à l’intérieur :
Si quelqu’un mange ou boit une substance impure, il lui incombe de la vomir dès qu’il en a la possibilité ; à défaut, il doit recommencer indéfiniment la prière tant qu’il juge que l’impureté subsiste dans son estomac. S’il est incapable de vomir, aucune obligation ne pèse sur lui, son incapacité à l’enlever l’en disculpant.

Il convient également d’éliminer l’impureté du lieu même où il prie, c’est-à-dire de la surface que ses membres touchent réellement. N’est donc pas concerné le fidèle qui se contente d’indiquer l’inclinaison par des gestes de la tête alors qu’il se trouve sur une zone souillée : selon l’avis prépondérant, sa prière reste valide. De même, la présence d’une impureté sous sa poitrine, entre ses genoux, sous ses pieds, à sa droite, à sa gauche, devant, derrière ou sous sa couche ne l’invalide pas ; il en va ainsi, par exemple, de celui qui étend une natte dont la face posée au sol est impure alors que la face supérieure, sur laquelle il place ses membres, est pure : cela ne porte pas préjudice, comme l’indique la formule « … ni [à cause de] l’extrémité de sa natte ». Même si cette extrémité se déplace avec lui, l’expression vise ce qui dépasse la zone effectivement en contact avec ses membres. N’entre pas dans la catégorie de la « natte » l’étoffe qu’il aurait déployée, prise parmi ses effets, sur un emplacement souillé pour y prostern­er, telle une manche de son vêtement.

[Hachiya d’ad-Dusûqî]
– Il est tenu de retirer l’impureté ; et si du sang coule de ses dents, il doit laver l’intérieur de sa bouche. De même, il lave, autant qu’il le peut, l’intérieur de ses conduits auditifs lorsqu’une souillure y pénètre ; la seule prédominance de la salive ou des larmes ne suffit pas : il faut inévitablement de l’eau pure absolue. Par la particule « kāf », l’auteur inclut l’intérieur du corps – l’estomac par exemple – lorsqu’on y introduit une impureté ; d’où sa parole : « Même s’il a mangé ou bu … »

Quant à ce qui ne provient pas de l’extérieur mais se forme dans l’estomac, il n’est pas pris en compte avant d’en être séparé.

« De l’intérieur » : c’est la raison pour laquelle le rinçage de la bouche, l’aspiration nasale et l’essuyage des oreilles, dans le wuḍūʾ ou le ghusl, sont sunna et non obligatoires. Les juristes n’ont pas considéré l’intérieur de l’oreille, du nez et de la bouche comme appartenant à la partie apparente à purifier de l’état de hadath, en raison de la difficulté d’en répéter sans cesse le lavage.

« Il lui incombe de la vomir » : tel est le récit de Muḥammad b. al-Mawwāz. Al-Tûnisî estime que cette ingestion est vaine ; on ne l’oblige donc ni à vomir ni à reprendre la prière. D’après Ibn ʿArafa, l’opinion la plus solide reste néanmoins celle rapportée par Muḥammad ; al-Qarâfî la qualifie d’avis bien établi.

Objection : l’estomac resterait donc impur ? Réponse : il est incapable de purifier l’organe lui-même ; on lui impose seulement ce qui est en son pouvoir, à savoir le vomissement. Il apparaît d’ailleurs que, s’il peut en évacuer ne serait-ce qu’une partie, il y est tenu, car réduire l’impureté est un devoir.

« À défaut, il doit recommencer … » : c’est-à-dire que, s’il ne vomit pas alors qu’il le pouvait, il doit répéter chaque prière, aussi bien dans le temps prescrit qu’après, tant qu’il pense que l’impureté demeure dans ses entrailles. Peu importe qu’il l’ait ingérée sciemment, par oubli, par force majeure, par nécessité ou parce qu’il la croyait pure.

« Tant qu’il pense … » : que ce soit par certitude, forte présomption ou simple doute. Ainsi, s’il a absorbé du vin, il doit recommencer tant qu’il est convaincu que le vin reste du vin à l’intérieur ; au-delà, il est assimilé aux excréments.

« En raison de son incapacité à l’enlever » : un incapable ne voit pas sa prière invalidée lorsqu’il prie dans cet état ; apparemment, rien ne lui est reproché et sa prière est valable, qu’il se repente ou non.

« … la surface que ses membres touchent » : même si un écran intermédiaire les sépare de l’impureté ; le contact, même à travers un obstacle, nuit.

« … sa prière est valide, selon l’avis prépondérant » : parce qu’il ne lui est pas demandé d’enlever l’impureté d’un endroit où ses membres ne se posent pas réellement. L’auteur du Majmaʿ considère qu’il faut néanmoins tenir compte d’un contact qui se ferait par un prolongement imperceptible sous le premier voile ; notre maître ajoute que le contact par les cheveux équivaut à celui du bord du vêtement et ne nuit donc pas.

« Sous sa poitrine » : c.-à-d. sous le prieur.

« Comme s’il avait étendu une natte … » – ou une peau. L’absence d’annulation dans tous ces cas est l’opinion reconnue, contrairement à ceux qui jugent cela nuisible.

« … sur la face inférieure » : c’est-à-dire la face en contact avec le sol.

« … cela ne porte pas préjudice » : il n’est pas tenu de l’enlever.

« Même si elle bouge avec lui » : tel est l’avis du madhhab, à l’opposé de ceux qui distinguent entre le cas où elle bougerait ou non.

« … ce qui dépasse la zone que ses membres touchent » : cela inclut l’extrémité longitudinale de la natte.

مِنْ الْبَاطِنِ وَلَوْ أَكَلَ أَوْ شَرِبَ نَجَسًا وَجَبَ عَلَيْهِ أَنْ يَتَقَايَأَهُ إنْ أَمْكَنَ وَإِلَّا وَجَبَ عَلَيْهِ الْإِعَادَةُ أَبَدًا مُدَّةَ مَا يَرَى بَقَاءَ النَّجَاسَةِ فِي بَطْنِهِ، فَإِنْ لَمْ يُمْكِنْ التَّقَايُؤُ فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ لِعَجْزِهِ عَنْ إزَالَتِهَا (وَ) عَنْ (مَكَانِهِ) وَهُوَ مَا تَمَاسُّهُ أَعْضَاؤُهُ بِالْفِعْلِ لَا الْمُومِي بِمَحَلٍّ بِهِ نَجَاسَةٌ فَصَحِيحَةٌ عَلَى الرَّاجِحِ وَلَا إنْ كَانَتْ تَحْتَ صَدْرِهِ أَوْ بَيْنَ رُكْبَتَيْهِ أَوْ قَدَمَيْهِ أَوْ عَنْ يَمِينِهِ أَوْ يَسَارِهِ أَوْ أَمَامَهُ أَوْ خَلْفَهُ أَوْ أَسْفَلَ فِرَاشِهِ كَمَا لَوْ فَرَشَ حَصِيرًا بِأَسْفَلِهَا نَجَاسَةٌ وَالْوَجْهُ الَّذِي يَضَعُ عَلَيْهِ أَعْضَاءَهُ طَاهِرٌ فَلَا يَضُرُّ كَمَا أَشَارَ إلَى ذَلِكَ كُلِّهِ بِقَوْلِهِ (لَا) عَنْ (طَرَفِ حَصِيرِهِ) وَلَوْ تَحَرَّكَ بِحَرَكَتِهِ فَالْمُرَادُ بِهِ مَا زَادَ عَمَّا تَمَاسُّهُ أَعْضَاؤُهُ وَلَيْسَ مِنْ الْحَصِيرِ مَا فَرَشَهُ مِنْ مَحْمُولِهِ عَلَى مَكَان نَجِسٍ وَسَجَدَ عَلَيْهِ كَكُمِّهِ ــ [حاشية الدسوقي] يُطَالَبْ بِإِزَالَتِهَا وَإِنْ نَزَلَ دَمٌ مِنْ أَسْنَانِهِ غَسَلَ دَاخِلَ فَمِهِ وَكَذَا يَغْسِلُ مَا قَدَرَ عَلَيْهِ مِنْ صِمَاخَيْهِ إذَا دَخَلَ فِيهِمَا نَجَاسَةٌ وَلَا يَكْفِي غَلَبَةُ الرِّيقِ وَالدَّمْعِ بَلْ لَا بُدَّ مِنْ الْمُطْلَقِ وَأَدْخَلَ بِالْكَافِ بَاطِنَ الْجَسَدِ كَالْمَعِدَةِ بِالنِّسْبَةِ لِمَا أَدْخَلَهُ فِيهَا مِنْ النَّجَاسَةِ وَلِذَا قَالَ: وَلَوْ أَكَلَ أَوْ شَرِبَ. وَأَمَّا مَا لَمْ يُدْخِلْهُ وَتَوَلَّدَ فِيهَا فَلَا حُكْمَ لَهُ إلَّا بَعْدَ انْفِصَالِهِ (قَوْلُهُ: مِنْ الْبَاطِنِ) أَيْ وَلِذَا كَانَتْ الْمَضْمَضَةُ وَالِاسْتِنْشَاقُ وَمَسْحُ الْأُذُنَيْنِ فِي الْوُضُوءِ وَالْغُسْلِ سُنَّةً لَا وَاجِبًا وَلَمْ يَجْعَلُوا دَاخِلَ الْأُذُنِ وَالْأَنْفِ وَالْفَمِ مِنْ الظَّاهِرِ فِي طَهَارَةِ الْحَدَثِ لِلْمَشَقَّةِ بِتَكَرُّرِهِ (قَوْلُهُ: وَجَبَ عَلَيْهِ أَنْ يَتَقَايَأَهُ) هَذَا رِوَايَةُ مُحَمَّدِ بْنِ الْمَوَّازِ وَقَالَ التُّونُسِيُّ: ذَلِكَ الْأَكْلُ أَوْ الشُّرْبُ لَغْوٌ فَلَا يُؤْمَرُ بِتَقَايُؤٍ وَلَا بِإِعَادَةٍ وَكَلَامُ ابْنِ عَرَفَةَ يُفِيدُ أَنَّ الرَّاجِحَ رِوَايَةُ مُحَمَّدٍ وَقَالَ الْقَرَافِيُّ: إنَّهُ الْمَشْهُورُ (قَوْلُهُ: وَجَبَ عَلَيْهِ أَنْ يَتَقَايَأَهُ) إنْ قُلْتَ قَدْ اسْتَمَرَّتْ الْمَعِدَةُ نَجِسَةً قُلْتُ: إنَّهُ عَاجِزٌ عَنْ تَطْهِيرِ نَفْسِ الْمَعِدَةِ فَأَمَرْنَاهُ بِمَا يَقْدِرُ عَلَيْهِ مِنْ التَّقَايُؤِ وَالظَّاهِرُ أَنَّهُ إذَا قَدَرَ عَلَى تَقَايُؤِ الْبَعْضِ وَجَبَ؛ لِأَنَّ تَقْلِيلَ النَّجَاسَةِ وَاجِبٌ (قَوْلُهُ: وَإِلَّا وَجَبَ إلَخْ) أَيْ وَإِلَّا يَتَقَايَأَهُ مَعَ الْإِمْكَانِ وَجَبَ عَلَيْهِ الْإِعَادَةُ أَبَدًا أَيْ فِي الْوَقْتِ وَبَعْدَهُ فَكُلُّ صَلَاةٍ صَلَّاهَا مُدَّةَ مَا يَرَى بَقَاءَ النَّجَاسَةِ فِي جَوْفِهِ يُعِيدُهَا فِي الْوَقْتِ وَبَعْدَهُ وَلَا فَرْقَ فِي هَذَا التَّفْصِيلِ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ تَعَاطَى النَّجَاسَةَ عَمْدًا أَوْ سَهْوًا أَوْ غَلَبَةً أَوْ لِضَرُورَةٍ أَوْ لِظَنِّهِ أَنَّهَا غَيْرُ نَجَاسَةٍ (قَوْلُهُ: مُدَّةَ مَا يَرَى إلَخْ) أَيْ يَقِينًا أَوْ ظَنًّا أَوْ شَكًّا وَقَوْلُهُ مُدَّةَ مَا يَرَى بَقَاءَ النَّجَاسَةِ فِي بَطْنِهِ أَيْ مُدَّةَ مَا يَرَى بَقَاءَهَا فِي بَطْنِهِ بِصِفَةِ النَّجَاسَةِ فَإِذَا كَانَتْ خَمْرًا مَثَلًا وَجَبَتْ الْإِعَادَةُ مُدَّةَ مَا يَرَى بَقَاءَهَا فِي جَوْفِهِ خَمْرًا. وَأَمَّا بَعْدَ ذَلِكَ فَهِيَ بِمَثَابَةِ الْعَذِرَةِ اُنْظُرْ طفى (قَوْلُهُ: لِعَجْزِهِ عَنْ إزَالَتِهَا) أَيْ وَالْعَاجِزُ لَا تَبْطُلُ صَلَاتُهُ إذَا صَلَّى بِهَا وَظَاهِرُهُ أَنَّهُ لَا شَيْءَ عَلَيْهِ وَأَنَّ صَلَاتَهُ صَحِيحَةٌ سَوَاءٌ تَابَ أَمْ لَا وَهُوَ كَذَلِكَ كَمَا صَرَّحَ بِهِ ح خِلَافًا لِمَا فِي خش اُنْظُرْ بْن (قَوْلُهُ: مَا تَمَاسُّهُ أَعْضَاؤُهُ) أَيْ وَلَوْ مِنْ فَوْقِ حَائِلٍ عَلَيْهَا فَمَسُّ الْأَعْضَاءِ لِلنَّجَاسَةِ وَلَوْ كَانَ عَلَى الْأَعْضَاءِ حَائِلٌ مُضِرٌّ (قَوْلُهُ: فَصَحِيحَةٌ عَلَى الرَّاجِحِ) أَيْ؛ لِأَنَّهُ لَا يَجِبُ عَلَيْهِ إزَالَةُ النَّجَاسَةِ مِنْ مَحَلِّ إيمَائِهِ لِعَدَمِ مُمَاسَّةِ أَعْضَائِهِ لَهُ بِالْفِعْلِ قَالَ فِي المج وَالظَّاهِرُ اعْتِبَارُ الْمَسِّ بِزَائِدٍ لَا يُحِسُّ بِالْأَوْلَى مِنْ الْحَائِلِ وَقَالَ شَيْخُنَا الْمَسُّ بِالشَّعَرِ كَالْمَسِّ لِطَرَفِ الثَّوْبِ فَلَا يَضُرُّ مَسُّهُ لِلنَّجَاسَةِ (قَوْلُهُ: وَلَا إنْ كَانَتْ) أَيْ النَّجَاسَةُ وَقَوْلُهُ: تَحْتَ صَدْرِهِ أَيْ الْمُصَلِّي (قَوْلُهُ: كَمَا لَوْ فَرَشَ حَصِيرًا) أَيْ أَوْ فَرْوَةً وَمَا ذَكَرَهُ مِنْ عَدَمِ الضَّرَرِ فِي هَذِهِ هُوَ الْمَشْهُورُ خِلَافًا لِمَنْ قَالَ بِالضَّرَرِ (قَوْلُهُ: بِأَسْفَلِهَا) أَيْ بِبَاطِنِهَا الْمُقَابِلِ لِلْأَرْضِ (قَوْلُهُ: فَلَا يَضُرُّ) الْأَوْلَى فَلَا يُطَالَبُ بِإِزَالَتِهَا (قَوْلُهُ: وَلَوْ تَحَرَّكَ بِحَرَكَتِهِ) هَذَا هُوَ الْمَذْهَبُ خِلَافًا لِمَنْ قَالَ: إنْ تَحَرَّكَتْ بِحَرَكَتِهِ ضَرَّ وَإِلَّا فَلَا (قَوْلُهُ: مَا زَادَ عَمَّا تَمَاسُّهُ أَعْضَاؤُهُ) فَيَشْمَلُ طَرَفَ الْحَصِيرِ الطُّولِيِّ

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