— font également partie des dépouilles pures les scarabées et les « banât wardân » – petit insecte rouge proche du scarabée –, de même que toute bête dont le sang n’est pas constitutif ; ainsi la puce, par exemple, reste pure après sa mort.
— Est pure, en outre, la dépouille de tout animal marin : qu’il périsse très vite hors de l’eau, tel le poisson, ou qu’il puisse survivre longtemps sur terre, comme le crocodile, la grenouille ou la tortue de mer.
— Est considéré pur tout animal abattu selon la Loi – par égorgement, saignée ou chasse – ainsi que chacune de ses parties : os, chair, sabots, dents, peau, à l’exception des espèces dont la consommation est interdite, telles le cheval, le mulet, l’âne ou le porc, l’abattage ne leur conférant aucune pureté. Quant aux bêtes dont la consommation est simplement réprouvée, par exemple les fauves ou le chat, si l’on les abat pour en manger la chair, la peau se purifie par dépendance, puisqu’elle est assimilée à la viande ; si, en revanche, on les abat uniquement pour la peau, celle-ci devient bien pure, mais leur chair ne se mange pas, car elle reste considérée comme une bête morte – selon l’opinion prépondérante qui admet la divisibilité de l’acte d’abattage ; pour ceux qui ne la reconnaissent pas, la chair demeure consommable.
— Sont encore purs : la laine du mouton ; le poil soyeux du chameau, du lapin et assimilés ; le duvet qui entoure la tige des plumes ; tout poil, quelle que soit l’espèce – fût-il prélevé sur un porc. Leur pureté est toutefois subordonnée au fait d’avoir été coupés (rasage, tonte ou épilation), même après la mort, car ces matières ne sont pas pénétrées par la vie ; ce qui n’est pas pénétré par la vie ne se souille pas par la mort. S’ils ont été arrachés, la racine attachée à des fragments de peau demeure impure ; si l’on coupe ensuite la partie restante, ce qui contient encore des parcelles de peau reste impur, le reste étant pur.
— Enfin, tout corps inanimé – c’est-à-dire dépourvu et n’ayant jamais été animé de vie – est pur, pourvu qu’il ne se soit pas détaché d’un être vivant. Par conséquent, l’œuf, le beurre clarifié et le miel n’entrent pas dans cette catégorie, puisqu’ils se séparent de l’animal vivant. Aussi bien les liquides, comme l’eau ou l’huile, que les solides, tels la terre, la pierre ou l’herbe, sont englobés dans cette définition, à l’exception de tout liquide enivrant : vin ou boisson fermentée (soubiyâ) laissée jusqu’à acquérir une force excitante. De tels liquides sont impurs, car ils troublent la raison sans abolir les sens.