al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

c’est-à-dire « abondamment ». Quant à l’énoncé :

(d’une substance pure)
telle que du lait ou du safran,

(ou impure)
comme l’urine ou le sang, — il s’agit là d’une précision à propos de

(comme un corps gras mêlé),
c’est-à-dire incorporé ; cet exemple vaut pour les deux catégories, car un corps gras peut être tantôt pur, tantôt impur. L’auteur ajoute :

(ou d’une vapeur)
à savoir une fumée

de (mastic),
qui constitue également un exemple pour l’une et l’autre, car cette fumée peut, elle aussi, être impure — selon l’opinion qui sera exposée plus loin, laquelle considère la fumée issue d’une souillure comme elle-même souillée, avis qui n’est pas retenu par la position prépondérante. Peu importe qu’on ait fait brûler l’encens directement sous l’eau ou qu’on ait d’abord fumigé le récipient avant d’y verser l’eau, pourvu qu’il subsiste de la fumée ; dans ce cas, le changement d’odeur est jugé nuisible, puisqu’il s’agit d’une altération par voisinage. En revanche, si aucune fumée ne demeure, l’odeur ne porte pas préjudice.

(Et son statut)
— c’est-à-dire le jugement porté sur l’eau une fois que sa capacité purificatrice est retirée, quant à la permissibilité de l’utiliser ou non —

(est celui de l’agent qui l’a altérée) :
si l’altération provient d’une substance pure, l’eau peut servir aux usages ordinaires, non aux actes cultuels ; si elle provient d’une substance impure, elle ne peut être employée à aucun usage.

(Un changement manifeste)
— c’est-à-dire évident — d’un de ses attributs nuit à l’eau.

— Annotation d’al-Dusûqî —
Il n’y a, en vérité, aucune différence entre une présomption forte ou faible de changement : l’altération nuit dans les deux cas, comme l’a rappelé notre Shaykh. C’est pourquoi le commentateur a mentionné la « présomption » sans la restreindre au qualificatif « forte ».

(L’expression : c’est-à-dire « abondamment »)
signifie : durant la majeure partie du temps. Cette restriction exclut l’altération due à ce qui ne se sépare jamais de l’eau ou ne s’en sépare que rarement ; une telle modification n’est pas nuisible. Le premier cas est par exemple celui de la « boue permanente », le second celui des poissons vivants, ou encore de la graisse rance pour les nomades dont les récipients en sont généralement imprégnés ; cela leur est donc pardonné, contrairement aux autres, comme l’a rapporté Ibn Rushd.

(L’expression : exemple pour les deux)
signifie : pour l’agent extérieur séparé, qu’il soit pur ou impur.

(L’expression : car il peut être…)
à savoir que le corps gras peut être pur, etc. Dire que « comme un corps gras mêlé » et « vapeur de mastic » sont deux exemples de l’agent séparé est préférable au fait d’en faire des termes de comparaison ; ils appartiennent en effet eux-mêmes à la catégorie qu’ils illustrent, alors que la comparaison demande normalement une différence entre comparé et comparant. On peut répondre qu’il s’agit d’une comparaison du particulier au général — ce qui suffit —, mais l’objection demeure qu’une telle formulation ferait croire qu’un corps gras mêlé nuit absolument, qu’il altère ou non l’eau, ce qui est faux : il ne nuit que s’il change l’un des trois attributs de l’eau, de façon manifeste ou non. Il en va de même pour la vapeur de mastic.

(L’expression : mastic)
Il est permis d’ouvrir ou de rendre mâdjzûm la première lettre ; avec la voyelle ouverte, la finale peut être longue ou brève ; avec la voyelle fermée, elle ne peut être que brève. Si l’auteur avait écrit : « et une vapeur, comme le mastic », la comparaison aurait inclus d’autres encens, tel l’aloès, car le mastic n’est pas exclusif ; la vapeur d’autres substances produit le même effet. On peut toutefois estimer que la kâf de comparaison, présente dans « comme un corps gras », est, par ellipse, reportée sur « vapeur », conformément à l’usage de l’auteur.

(L’expression : car elle peut aussi être impure)
c’est-à-dire : la fumée du mastic peut être, tout comme le mastic lui-même, pure ou impure.

(L’expression : compte tenu de ce qui viendra, etc.)
c’est-à-dire : la vapeur de mastic a été donnée en exemple d’un agent séparé, pur ou impur, sur la base de l’avis à venir…

(L’expression : et non selon l’opinion prépondérante)
autrement dit : l’avis prépondérant est que le feu purifie et que la fumée issue d’une impureté est, elle, pure. Ainsi, l’expression « vapeur de mastic » illustre le cas où l’agent séparé est pur ; et la phrase « qu’on ait fumigé l’eau… » décrit la situation où l’eau se trouve dans la moitié inférieure du récipient, l’encensoir dans la moitié supérieure vide, le récipient étant couvert jusqu’à ce que la fumée se mêle à l’eau, ce qui corrompt celle-ci.

(L’expression : sauf s’il n’en reste plus)
c’est-à-dire de fumée, comme lorsqu’on fumige le récipient vide puis qu’on y verse l’eau après complète dissipation de la fumée ; il ne reste alors qu’une odeur attachée aux parois, qui parfume l’eau sans lui porter préjudice.

(L’expression : et son statut est celui de l’agent)
constitue une phrase incidente répondant à la question suivante : si l’altération par un élément séparé fait perdre à l’eau sa capacité purificatrice, peut-on encore l’utiliser dans les affaires profanes ? L’auteur débute ainsi l’exposé du jugement relatif à deux des quatre catégories d’eau : l’eau absolue et la non-absolue. L’eau absolue peut être réprouvée ou non, tandis que la non-absolue est soit pure, soit impure ; c’est de ces deux dernières qu’il est ici question.

(L’expression : et si l’altération provient d’un corps impur, alors non)
c’est-à-dire qu’il n’est permis d’en user pour aucun besoin. On en déduit que la substance impure est interdite à la consommation, alors que l’eau altérée par elle — devenue mutanajjis — peut néanmoins servir à arroser les cultures ou abreuver les bêtes hors des mosquées et, par conséquent, leur statut diffère.

(L’expression : c’est-à-dire manifeste)… (le texte se poursuit)

أَيْ كَثِيرًا وَقَوْلُهُ: (مِنْ طَاهِرٍ) كَلَبَنٍ وَزَعْفَرَانٍ (أَوْ نَجِسٍ) كَبَوْلٍ وَدَمٍ بَيَانٌ لِمَا (كَدُهْنٍ خَالَطَ) أَيْ مَازَجَ مِثَالٌ لَهُمَا؛ لِأَنَّهُ قَدْ يَكُونُ طَاهِرًا وَقَدْ يَكُونُ نَجِسًا وَقَوْلُهُ: (أَوْ بُخَارِ) أَيْ دُخَانِ (مُصْطَكَى) مِثَالٌ لَهُمَا أَيْضًا لِأَنَّهُ قَدْ يَكُونُ نَجِسًا أَيْضًا بِنَاءً عَلَى مَا يَأْتِي لِلْمُصَنِّفِ مِنْ أَنَّ دُخَانَ النَّجِسِ نَجِسٌ لَا عَلَى الرَّاجِحِ وَسَوَاءٌ بُخِّرَ بِهِ الْمَاءُ أَوْ الْإِنَاءُ وَوُضِعَ فِيهِ الْمَاءُ مَعَ بَقَاءِ الدُّخَانِ لَا إنْ لَمْ يَبْقَ فَلَا يَضُرُّ تَغَيُّرُ رِيحِهِ لِأَنَّهُ مِنْ بَابِ التَّغَيُّرِ بِالْمُجَاوِرِ (وَحُكْمُهُ) أَيْ حُكْمُ الْمُتَغَيِّرِ بَعْدَ سَلْبِ الطَّهُورِيَّةِ مِنْ جَوَازِ الِاسْتِعْمَالِ وَعَدَمِهِ (كَمُغَيِّرِهِ) ، فَإِنْ تَغَيَّرَ بِطَاهِرٍ جَازَ اسْتِعْمَالُهُ فِي الْعَادَاتِ دُونَ الْعِبَادَاتِ وَإِنْ تَغَيَّرَ بِنَجِسٍ فَلَا (وَيَضُرُّ) الْمَاءُ (بَيِّنُ تَغَيُّرِ) أَيْ تَغَيُّرٍ بَيِّنٍ أَيْ ظَاهِرٍ لِأَحَدِ أَوْصَافِهِ ــ [حاشية الدسوقي] أَنَّهُ لَا فَرْقَ بَيْنَ كَوْنِ ظَنِّ التَّغَيُّرِ قَوِيًّا أَوْ غَيْرَ قَوِيٍّ فِي أَنَّهُ يَضُرُّ كَمَا فِي حَاشِيَةِ شَيْخِنَا وَلِذَا أَطْلَقَ الشَّارِحُ فِي الظَّنِّ وَلَمْ يُقَيِّدْهُ بِالْقَوِيِّ (قَوْلُهُ: أَيْ كَثِيرًا) أَيْ فِي أَكْثَرِ الْأَزْمِنَةِ اُحْتُرِزَ بِذَلِكَ مِنْ التَّغَيُّرِ بِمَا لَا يُفَارِقُهُ أَصْلًا وَبِمَا يُفَارِقُهُ قَلِيلًا فَلَا يَضُرُّ التَّغَيُّرُ بِهِ فَالْأَوَّلُ كَالتَّغَيُّرِ بِالْمُقِرِّ وَالثَّانِي كَالتَّغَيُّرِ بِالسَّمَكِ الْحَيِّ وَكَالتَّغَيُّرِ بِالسَّمْنِ بِالنِّسْبَةِ لِأَهْلِ الْبَادِيَةِ الَّتِي لَا تَنْفَكُّ أَوَانِيهِمْ عَنْهُ غَالِبًا فَيُغْتَفَرُ ذَلِكَ لَهُمْ دُونَ غَيْرِهِمْ كَمَا فِي ح عَنْ ابْنِ رُشْدٍ (قَوْلُهُ: مِثَالٌ لَهُمَا) أَيْ لِلْمُغَيِّرِ الْمُفَارِقِ الطَّاهِرِ وَالنَّجِسِ (قَوْلُهُ: لِأَنَّهُ قَدْ يَكُونُ) أَيْ الدُّهْنُ طَاهِرًا إلَخْ وَمَا ذَكَرَهُ مِنْ أَنَّ قَوْلَهُ كَدُهْنٍ خَالَطَ وَبُخَارٍ مُصْطَكَى مِثَالَانِ لِلْمُغَيِّرِ الْمُفَارِقِ غَالِبًا هُوَ الْأَوْلَى مِنْ جَعْلِهِمَا مُشَبَّهَيْنِ بِهِ؛ لِأَنَّهُمَا مِنْ جُمْلَةِ أَفْرَادِهِ، وَالتَّشْبِيهُ يَقْتَضِي مُغَايَرَةَ الْمُشَبَّهِ لِلْمُشَبَّهِ بِهِ، وَإِنْ أَمْكَنَ الْجَوَابُ عَنْهُ بِأَنَّهُ مِنْ تَشْبِيهِ الْخَاصِّ بِالْعَامِّ وَيَكْفِي فِي التَّشْبِيهِ الْمُغَايَرَةُ بَيْنَ الْمُشَبَّهِ وَالْمُشَبَّهِ بِهِ بِالْخُصُوصِ وَالْعُمُومِ نَعَمْ يُعْتَرَضُ عَلَى التَّشْبِيهِ مِنْ جِهَةِ أَنَّهُ يُفِيدُ أَنَّ الدُّهْنَ الْمُخَالِطَ يَضُرُّ مُطْلَقًا غَيَّرَ الْمَاءَ أَمْ لَا وَلَيْسَ كَذَلِكَ إذْ لَا يَضُرُّ إلَّا إذَا غَيَّرَ أَحَدَ أَوْصَافِ الْمَاءِ الثَّلَاثَةِ كَانَ التَّغَيُّرُ بَيِّنًا أَمْ لَا وَكَذَا يُقَالُ فِي بُخَارِ الْمُصْطَكَى (قَوْلُهُ: مُصْطَكَى) بِفَتْحِ الْمِيمِ وَضَمِّهَا لَكِنْ مَعَ الْفَتْحِ يَجُوزُ الْمَدُّ وَالْقَصْرُ أَمَّا مَعَ الضَّمِّ فَالْقَصْرُ مُتَعَيِّنٌ، وَلَوْ قَالَ الْمُصَنِّفُ وَبُخَارٌ كَمُصْطَكَى بِالْكَافِ كَانَ أَوْلَى لِيَدْخُلَ غَيْرُهَا كَالْعُودِ وَنَحْوِهِ إذْ لَا خُصُوصِيَّةَ لِبَخُورِ الْمُصْطَكَى بَلْ بُخَارُ غَيْرِهَا كَذَلِكَ إلَّا أَنْ يُقَالَ: إنَّ كَافَ كَدُهْنٍ الدَّاخِلَةَ عَلَى بُخَارٍ دَاخِلَةٌ عَلَى الْمُضَافِ إلَيْهِ وَهُوَ مُصْطَكَى تَقْدِيرًا كَمَا هُوَ عَادَةُ الْمُصَنِّفِ (قَوْلُهُ: لِأَنَّهُ قَدْ يَكُونُ نَجِسًا أَيْضًا) أَيْ لِأَنَّ دُخَانَ الْمُصْطَكَى قَدْ يَكُونُ نَجِسًا كَمَا يَكُونُ طَاهِرًا، فَإِذَا كَانَتْ الْمُصْطَكَى طَاهِرَةً كَانَ دُخَانُهَا طَاهِرًا، وَإِنْ كَانَتْ مُتَنَجِّسَةً كَانَ دُخَانُهَا نَجِسًا (قَوْلُهُ: بِنَاءً عَلَى مَا يَأْتِي إلَخْ) أَيْ وَجُعِلَ بُخَارُ الْمُصْطَكَى مِثَالًا لِلْمُغَيِّرِ الْمُفَارِقِ طَاهِرًا أَوْ نَجِسًا بِنَاءً إلَخْ (قَوْلُهُ: لَا عَلَى الرَّاجِحِ) أَيْ مِنْ أَنَّ النَّارَ تُطَهِّرُ وَأَنَّ دُخَانَ النَّجِسِ طَاهِرٌ وَعَلَيْهِ فَقَوْلُهُ: وَبُخَارٍ مُصْطَكَى مِثَالٌ لِمَا إذَا كَانَ الْمُغَيِّرُ الْمُفَارِقُ طَاهِرًا وَقَوْلُهُ: وَسَوَاءٌ بُخِّرَ بِهِ الْمَاءُ أَيْ وَذَلِكَ كَمَا لَوْ كَانَ الْمَاءُ فِي النِّصْفِ الْأَسْفَلِ مِنْ الْإِنَاءِ وَوُضِعَتْ الْمِبْخَرَةُ فِي النِّصْفِ الْأَعْلَى الْخَالِي مِنْ الْمَاءِ وَغَطَّى الْإِنَاءَ بِشَيْءٍ حَتَّى امْتَزَجَ دُخَانُ الْبَخُورِ بِالْمَاءِ فَيَضُرُّ (قَوْلُهُ: إلَّا إنْ لَمْ يَبْقَ) أَيْ الدُّخَانُ كَمَا لَوْ بُخِّرَ الْإِنَاءُ وَهُوَ خَالٍ مِنْ الْمَاءِ ثُمَّ بَعْدَ تَبْخِيرِهِ وُضِعَ فِيهِ الْمَاءُ بَعْدَ أَنْ زَالَ الدُّخَانُ وَلَمْ يَبْقَ مِنْهُ شَيْءٌ فِي الْإِنَاءِ غَايَةُ الْأَمْرِ أَنَّهُ تَعَلَّقَتْ بِهِ رَائِحَةُ الْبَخُورِ فَتَغَيَّرَ رِيحُ الْمَاءِ بِرَائِحَةِ الْبَخُورِ الْمُتَعَلِّقَةِ بِالْإِنَاءِ (قَوْلُهُ: وَحُكْمُهُ كَمُغَيِّرِهِ) جُمْلَةٌ مُسْتَأْنَفَةٌ جَوَابًا عَمَّا يُقَالُ إذَا كَانَ التَّغَيُّرُ بِالْمُفَارِقِ يَسْلُبُ الطَّهُورِيَّةَ فَهَلْ يَجُوزُ تَنَاوُلُهُ فِي الْعَادَاتِ أَوْ لَا يَجُوزُ تَنَاوُلُهُ فِيهَا وَهَذَا شُرُوعٌ فِي بَيَانِ حُكْمِ قِسْمَيْنِ مِنْ أَقْسَامِ الْمَاءِ الْأَرْبَعَةِ وَهِيَ مُطْلَقٌ وَغَيْرُ مُطْلَقٍ وَالْمُطْلَقُ إمَّا مَكْرُوهُ الِاسْتِعْمَالِ وَسَيَأْتِي وَإِمَّا غَيْرُ مَكْرُوهٍ، وَقَدْ مَرَّ وَغَيْرُ الْمُطْلَقِ إمَّا طَاهِرٌ أَوْ نَجِسٌ وَكَلَامُ الْمُصَنِّفِ هُنَا فِي هَذَيْنِ الْقِسْمَيْنِ أَعْنِي الطَّاهِرَ وَالنَّجِسَ (قَوْلُهُ: وَإِنْ تَغَيَّرَ بِنَجِسٍ فَلَا) أَيْ فَلَا يَجُوزُ اسْتِعْمَالُهُ فِيهَا وَفِيهِ أَنَّ النَّجِسَ مَمْنُوعُ التَّنَاوُلِ وَمَا تَغَيَّرَ بِهِ وَهُوَ الْمُتَنَجِّسُ يَجُوزُ الِانْتِفَاعُ بِهِ كَمَا يَأْتِي فِي غَيْرِ مَسْجِدٍ وَآدَمِيٍّ مِنْ سَقْيِ زَرْعٍ وَمَاشِيَةٍ مَثَلًا وَحِينَئِذٍ فَلَيْسَ حُكْمُهُمَا وَاحِدًا (قَوْلُهُ: أَيْ ظَاهِرٌ) الْأَوْلَى أَيْ

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