Louange à Allah, qui a élevé les savants de la Sharîʿa au-dessus de tous les autres et les a faits refuge pour Ses serviteurs dans les deux demeures.
— [Annotation d’ad-Dasûqî]
… sauf lorsqu’il y a vœu. Qu’on ne prétende donc pas que la basmala est obligatoire lors de l’abattage rituel, pour celui qui s’en souvient et en a la capacité ; car l’obligation consiste à mentionner le Nom d’Allah, sans que la formule précise de la basmala soit imposée, ainsi que l’ont établi les vérificateurs.
Il reste une autre question : la basmala devient-elle obligatoire du fait d’un vœu, y compris dans la prière canonique, comme pour celui qui a fait vœu de jeûner le quatrième jour de l’égorgement (13 Dhû l-Hijja) ou de prier deux rakʿa après al-ʿAṣr ? Est-on ou non tenu de s’acquitter d’un tel vœu ? Je n’ai trouvé personne qui l’ait traité en particulier, et l’avis apparent est celui de l’obligation, d’autant que certains docteurs de l’école considèrent déjà la basmala obligatoire dans la prière obligatoire. Cela, lorsque le vœu n’est pas simplement motivé par la volonté de sortir d’une divergence ; autrement, elle serait obligatoire à l’unanimité.
Il est en outre manifeste qu’elle ne saurait jamais être seulement permise, car son rang le plus bas est celui d’un dhikr, et le moindre statut juridique du dhikr est d’être recommandé. La parole de l’auteur : « Il est permis de la dire, comme la formule de protection, dans une prière surérogatoire », tout comme celle d’al-Shâṭibî : « Et pour la validité, le meilleur est celui qui a récité », n’excluent que l’insistance dans la demande et lèvent toute réprobation. Cela ne contredit donc pas le principe constant de la recommandation ni le fait que quiconque la prononce obtient une récompense ; qu’un homme mentionne Allah sans en être gratifié est chose fort improbable.
(Sa parole : « qui ») : qualificatif rattaché au Nom sublime. Le relatif et sa subordonnée équivalent à un adjectif verbal ; c’est comme s’il avait dit : « Louange à Allah, Celui qui a privilégié les savants de la Sharîʿa sur les autres. » S’il a délaissé l’adjectif dérivé, pourtant plus concis, au profit du relatif, c’est que Ses attributs, à l’instar de Ses Noms, sont déterminés par la Révélation ; nul ne peut donc Lui attribuer ce que le Législateur n’a pas légitimé. Or l’appellation « Celui qui favorise » n’est pas rapportée ; on a donc recouru au relatif pour indiquer l’attribut par sa subordonnée.
Dès lors que tu sais que le relatif et sa subordonnée valent adjectif verbal, que le nom qualifié et l’attribut ne forment qu’une entité, et que rattacher un jugement à un terme dérivé indique la causalité de sa racine, tu comprendras que cette louange est circonscrite : elle répond aux bienfaits d’Allah, si bien qu’elle est rétribuée comme un acte obligatoire ; elle ne s’apparente pas à la louange absolue adressée à l’Essence ou aux Attributs divins.
(Sa parole : « la Sharîʿa ») : il s’agit des statuts qu’Allah a légiférés pour Ses serviteurs et explicités pour eux en tant que rapports. Appelés « sharîʿa » au regard de la promulgation, ils sont aussi nommés « milla » parce qu’ils sont dictés pour être consignés, et « dîn » en tant qu’ils sont objet de culte. Par « savants de la Sharîʿa » on vise ceux qui la pratiquent : formulation, extraction et transmission.
(Sa parole : « au-dessus de tous les autres ») : c’est-à-dire de quiconque diffère d’eux ; louange à Allah qui a fait des savants de la Sharîʿa les plus nobles de tous, selon l’opinion d’Ibn Mâlik pour qui sawāʾ vaut ghayr, tandis que d’autres y voient un nom de lieu. Cette introduction est d’une élégante ouverture, car elle annonce que l’auteur exposera dans ce livre les statuts juridiques.
(Sa parole : « dans les deux demeures ») : c’est-à-dire