Nécessairement. – Parmi les « mafāhīm » – pluriel de mafhūm, c’est-à-dire les sens qu’indique l’énoncé sans être contenus dans la partie prononcée –, je ne retiens ici que le seul mafhūm de la condition. Autrement dit, je le mets sur le même pied que le contenu explicite, lequel est le sens indiqué par le terme même dans la portion prononcée ; il n’y a donc pas lieu de l’énoncer à part, sauf pour une raison stylistique particulière, comme tu le verras, si Dieu le veut. Quant aux autres catégories de mafhūm, je ne les considère pas d’une manière obligée ; parfois je les prends en compte, parfois non. Si j’ai accordé à celui-ci un caractère contraignant, c’est parce que l’esprit s’y porte spontanément, tant il est proche du sens explicite et fréquent dans mon propos ; sans cette règle, je perdrais en concision. – En somme, le mafhūm se divise en deux : 1) le mafhūm d’adhérence (mafhum al-muwâfaqa), qui partage avec l’énoncé explicite le même jugement, telle l’interdiction de frapper ses parents déduite du verset : « Ne leur dis même pas “Fi !” » (Coran 17, 23), ou l’interdiction de brûler le bien de l’orphelin inférée du verset : « Ceux qui dévorent injustement les biens des orphelins… » (Coran 4, 10). Frapper et brûler s’accordent en effet, quant au sens, avec l’expression d’agacement et la consommation illicite, puisqu’ils sont également interdits ; la première déduction relève du raisonnement a fortiori, la seconde de l’analogie d’égalité. 2) le mafhūm de divergence (mukhâlafa), qui contredit l’énoncé explicite dans son jugement ; il comprend dix formes.
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[Annotation d’ad-Dusûqî]
– On emploie ici le mot « divergence » par opposition au deuxième cas, où l’on aurait découvert qu’un avis l’emporte simplement sur l’autre. – Le deuxième cas est donc celui où l’auteur constate la prépondérance (râjiḥiyya) de l’un des avis ; le troisième, celui où il constate la suprématie (arǧaḥiyya) de l’un d’eux. Dans le premier de ces deux scénarios, il se limite à l’avis prépondérant ; dans le second, au plus prépondérant. – Le quatrième cas est qu’il ne relève aucune préférence en faveur d’aucun des avis ; il se contente alors de dire : « deux avis » ou « divers avis ».
– Son propos : « لزوماً » : c’est-à-dire “de façon constante”, dans tout passage de ce Compendium. Les autres mafāhīm, hormis le mafhūm de la condition, sont tantôt pris en compte et assimilés au contenu explicite, tantôt laissés de côté.
– Son propos : « من المفاهيم » : complément d’un mot sous-entendu, à valeur de hāl, se rapportant à « mafhum al-shart » placé avant lui ; ce dernier est l’objet du verbe « considérer », ou bien le syntagme peut être tenu pour une simple indication circonstancielle attachée audit verbe.
– Son propos : « ce que l’énoncé indique » : c’est la signification visée par la parole.
– Son propos : « non pas dans le site de l’énonciation » : la préposition fī est ici circonstancielle, l’addition de « maḥall » à « noutq » explicative ; par « noutq » il entend la partie effectivement prononcée, autrement dit un sens que le terme suggère alors qu’il n’est pas inclus dans la formule dite mais dans ce qui reste sous silence.
– Il en résulte que le mafhūm est le sens que l’expression laisse entendre tout en le passant sous silence, comme l’interdiction de frapper les parents déduite du verset : « Ne leur dis même pas “Fi !” » (Coran 17, 23), c’est-à-dire : « Ne les frappe pas. »
– Son propos : « le seul mafhūm de la condition » s’entend, par rapport aux six mafāhīm qui seront énumérés plus loin dans l’explication ; quant aux trois qui précèdent – mafhūm d’exclusivité, de limite et d’exception –, il les admet à plus forte raison, car ils sont plus solides que le mafhūm de la condition ; certains les rangent même parmi les contenus explicites.
– Son propos : « c’est-à-dire qu’il » – l’auteur – « le met sur le même pied que l’énoncé » : voilà ce qu’il faut entendre lorsqu’il dit qu’il « considère » le mafhūm de la condition ; lorsqu’il formule une condition, il n’en mentionne pas le corollaire implicite, puisqu’il le tient pour déjà exprimé, et l’énoncer reviendrait à se répéter.
– Son propos : « ce que l’énoncé indique dans la partie prononcée » : le pronom « mâ » renvoie ici à une signification ; la particule fī est circonstancielle, l’addition de « maḥall » à « noutq » explicative. Par « noutq » il vise la portion prononcée elle-même, comme l’interjection « Fi ! » ; on qualifie parfois d’« énoncé » l’interdiction qu’elle véhicule.
– Son propos : « de sorte qu’il n’est pas besoin de l’exprimer » – c’est-à-dire le mafhūm de la condition – « sauf pour une raison stylistique », comme l’amplification.
– Son propos : « eu égard au sens » : il s’agit de la cause juridique : l’atteinte dans le cas des parents, et la destruction du bien de l’orphelin dans le second. L’interdiction de soupirer d’agacement repose sur le préjudice, qui se retrouve dans le fait de frapper ; celui-ci est donc interdit par analogie a fortiori. De même, l’interdiction de dévorer le bien de l’orphelin repose sur sa destruction, laquelle est également présente dans le fait de le brûler, prohibé par analogie d’égalité.
– Son propos : « le premier » : frapper les parents.
– Son propos : « déduit a fortiori » : l’interdiction est tirée à plus forte raison du texte. – Son propos : « le second » : brûler le bien de l’orphelin. – Son propos : « par analogie d’égalité » : son interdiction est inférée au même degré que celle, explicite, de le dévorer, ce qui montre que le mafhūm d’adhérence