ainsi que l’islam.
Quant aux conditions qui relèvent à la fois de l’obligation et de la validité, elles sont au nombre de six : 1) avoir reçu l’appel (balûgh ad-daʿwa), 2) la raison, 3) l’entrée du temps, 4) la présence d’un moyen de purification, 5) l’absence de sommeil ou d’inattention ; ces cinq-là concernent indifféremment hommes et femmes. 6) La cessation des menstrues ou des lochies constitue, elle, une condition particulière aux femmes.
La validité de toute prière – qu’elle soit obligatoire, surérogatoire, funéraire, ou même une simple prosternation de récitation – suppose la pureté rituelle : il faut être exempt de toute impureté (majeure ou mineure) tant au moment d’entrer en prière que durant toute sa durée. Que l’on s’en rende compte ou non, que l’on ait la possibilité de se purifier ou non, si l’on prie en état d’impureté, ou si l’impureté survient au cours de la prière, même par inadvertance, la prière est annulée.
Il en va de même pour la propreté matérielle : le corps, le vêtement et l’emplacement doivent rester exempts de toute souillure, au début comme pendant la prière, pour celui qui en a conscience et la capacité. Omettre cette propreté, ou découvrir la souillure en cours de prière, invalide celle-ci – selon l’avis qui tient l’élimination des impuretés pour obligatoire. D’après l’opinion qui n’en fait qu’une sunna, il ne s’agit plus d’une condition de validité, mais d’une condition de perfection fortement recommandée ; on en a déjà parlé.
Le saignement de nez (ruʿâf) étant une souillure susceptible de compromettre la validité de la prière et possédant des règles propres, l’auteur en traite maintenant, le divisant en deux cas.
Premier cas : si celui qui se prépare à prier est saisi d’un saignement – que le sang coule, goutte ou suinte – avant de commencer la prière, et que celui-ci persiste, il doit repousser la prière jusqu’aux derniers instants du temps ordinaire (al-ikhtiyârî) dès lors qu’il espère, ou du moins n’exclut pas, que le saignement cesse avant la fin du temps. Il accomplira alors la prière, dans l’état où il se trouve, de sorte qu’il en réalise l’ensemble, ou tout au moins une rakʿa, avant l’expiration du délai. Il lui est interdit de prier plus tôt : la prière serait invalide tant que subsiste l’impureté, alors même qu’il reste une chance qu’elle cesse. En revanche, s’il pense que le saignement ne s’arrêtera pas avant la fin du temps ordinaire, il prie aussitôt, car retarder l’acte serait inutile ; et si, finalement, l’hémorragie cesse alors qu’il reste encore du temps, il n’a pas à reprendre la prière.
Second cas : si le saignement se déclenche au cours même de la prière – fût-elle une obligation individuelle, la prière de l’Aïd ou même la prière funéraire – et que l’on estime qu’il durera jusqu’au terme du temps ordinaire, on applique la règle précédente. Pour l’Aïd ou la prière funéraire, ce « terme » correspond au moment où l’imam les a terminées, c’est-à-dire lorsque l’on ne peut plus rattraper une rakʿa de l’Aïd ni une takbîra de la prière funéraire.
Notes explicatives d’al-Dusuqî
• L’auteur considère l’islam comme seule condition de validité, retenant l’avis-majoritaire selon lequel les non-musulmans restent légalement tenus par les prescriptions secondaires de la Loi. Pour ceux qui n’admettent pas cette règle, l’islam devient à la fois condition d’obligation et de validité.
• On a discuté du statut de la raison : pour certains, elle n’est condition d’obligation que jointe à la puberté ; le commentateur réfute cette restriction, car l’absence de raison suffit en soi à lever l’obligation, que la puberté soit atteinte ou non.
• L’entrée du temps constitue la cause de l’obligation, tout en demeurant condition de validité ; la distinction répond strictement à la définition des causes et conditions en droit musulman.
• Les cinq premières conditions sont communes aux deux sexes ; la cessation des règles et des lochies ne concerne que les femmes.
• L’exigence de « pureté d’état » s’entend comme « purification liée à l’état d’impureté » ; l’ajout est explicatif et non possessif.
• Les règles relatives au saignement de nez comportent quinze cas : neuf lorsque le saignement précède la prière et six lorsqu’il se produit après, selon que le sang coule, goutte ou suinte et selon l’évaluation que l’on fait de sa durée.
• Si le saignement survient avant la prière et que l’on espère son arrêt avant la fin du temps ordinaire, on diffère obligatoirement jusqu’à ces derniers instants ; si l’on est persuadé qu’il va se prolonger, on prie dès l’entrée du temps.
• S’il apparaît pendant la prière et que l’on est certain qu’il va continuer, on poursuit la prière telle quelle – sauf risque de souiller le sol de la mosquée ; dans ce cas, on l’interrompt, on sort, puis on la reprend à l’extérieur.
• Pour l’Aïd ou la prière funéraire, l’évaluation de la durée se mesure au temps qu’il reste avant la fin de l’office célébré par l’imam : ne plus pouvoir saisir une rakʿa de l’Aïd ni une takbîra de la prière funéraire équivaut, dans ce contexte, à l’expiration du temps ordinaire.