al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Partant du caractère simplement réprouvé de ce divertissement, on étend la même règle aux gens de la désobéissance – pourvu qu’ils ne soient pas, au moment précis, en train de commettre leur faute – ainsi qu’à une jeune femme dont on ne redoute pas la tentation ; si, au contraire, une crainte existe, il devient interdit de la saluer. En revanche, rien n’est blâmé dans le fait de saluer un fidèle en prière, quelqu’un qui se purifie, qui mange ou qui récite le Coran ; il n’y a donc là aucune réprobation.

— Il est, de plus, réprouvé que l’iqâma soit lancée par un cavalier : il lui faudra ensuite descendre, attacher sa monture et arranger ses effets, d’où un long délai qui rompt le lien voulu entre l’iqâma et la prière ; si l’intervalle devient vraiment excessif, l’iqâma est caduque.
— De même, il est déconseillé qu’elle soit proclamée par celui qui répète la prière pour en obtenir le mérite collectif après l’avoir accomplie seul, à la différence de celui qui la recommence parce que sa première prière était invalide.
— La même réprobation vise son adhân lorsqu’il reprend la prière par pure recherche de mérite, et a fortiori s’il n’entend pas la refaire avec le groupe ; en revanche, celui qui a appelé sans encore prier peut lancer un nouvel adhân dans un autre lieu.

L’iqâma est une sunna : elle relève d’une obligation personnelle pour tout homme pubère qui prie seul ou uniquement avec des femmes, et d’une obligation collective pour un groupe d’hommes pubères. Ses formules se récitent une fois chacune.

[Annotation d’al-Dusûqî]
— Selon certains auteurs dignes de confiance.

Avertissement : il est d’usage chez les notables d’Égypte et d’ailleurs d’employer, à leur domicile, un imam rétribué ; il semble qu’il n’y ait là aucun inconvénient, puisqu’il s’agit d’honorer l’engagement de venir à la maison (cf. al-Maj…).

Commentaire des expressions :
« Sur la base de sa réprobation » : ainsi l’énonce al-Qarâfî ; l’avis retenu prohibe le jeu en question ; il devient alors illicite de saluer les joueurs au moment même où ils jouent.
« Les gens de la désobéissance » : tels le mécréant, le percepteur inique ou l’injuste.
« Non lorsqu’ils commettent le péché » : car, dans cet état, les saluer est interdit, non seulement réprouvé.
« Celui qui mange ou lit le Coran » : il est permis de les saluer et ils sont tenus de répondre, comme l’affirme ʿAj. Ibn… estime la question discutable, car Ḥ se limite à juger la chose réprouvée, avançant qu’Ibn Nâjî et son maître Abû Mahdî n’ont trouvé aucun texte l’autorisant. En somme, l’avis permettant de saluer le mangeur ou le lecteur est celui qu’a privilégié ʿAj – il le considère comme l’opinion de l’école –, tandis que Ḥ, suivi par Ibn…, maintient la réprobation.
« Il est réprouvé que le cavalier proclame l’iqâma » : contrairement à l’adhân du cavalier, qui est permis.
« Parce qu’il doit descendre, etc. » : cet argument repose sur une probabilité ; il ne s’applique pas à celui qui a un serviteur. En pratique, la réprobation est générale, qu’il dispose ou non d’un serviteur, l’explication n’étant qu’indicative.
« Contrairement à celui qui répète la prière pour nullité » : pour lui, l’iqâma n’est pas réprouvée.
« Comme son adhân » : s’il a déjà appelé puis prié, et qu’il veut la recommencer pour le mérite collectif, il est réprouvé de renouveler l’adhân pour cette prière reprise.
« Plus encore s’il n’entend pas la reprendre » : s’il a déjà accompli l’iqâma et prié sans vouloir répéter la prière, il lui est d’autant plus déconseillé de proclamer l’iqâma pour d’autres ; même chose pour l’adhân. En bref, quiconque a acquitté une prière ne doit pas refaire pour elle adhân ou iqâma, qu’il veuille ou non la reprendre, qu’il ait ou non déjà appelé ou fait l’iqâma.
« Et l’iqâma est sunna » : Ibn … ne connaît aucun avis la rendant obligatoire. Dans al-Ikmâl, on lit que ceux qui exigent la reprise de la prière pour qui a omis l’iqâma n’en font pas une obligation proprement dite, mais un blâme pour avoir négligé la sunna.
« Ou avec des femmes » : c’est-à-dire en tant qu’imam d’un groupe féminin.
« Obligation collective pour un groupe » : Ibn Samʿ rapporte d’Ibn al-Qâsim qu’aucun ne doit proclamer l’iqâma pour lui-même après qu’elle a été donnée ; qui le ferait contreviendrait à la sunna. Ibn Rushd explique que la sunna veut que l’iqâma revienne au muezzin, non à l’imam ni aux fidèles. Dans Irshâd al-Labîb, al-Mâzarî note que as-Suyûrî faisait l’iqâma pour lui-même, estimant qu’elle exige une intention que le simple fidèle n’a pas ; il déclare agir de même. Notre shaykh répond que l’iqâma, à l’instar de l’adhân, ne requiert que l’intention de l’acte, non celle de se rapprocher d’Allâh ; une telle intention existe même chez le fidèle ordinaire. L’attitude d’al-Mâzarî et de as-Suyûrî ne se conçoit que si l’on pose comme condition l’intention de la dévotion.
Avertissement : Ḥ précise qu’il est recommandé, pour celui qui proclame l’iqâma, d’être en état de pureté, debout et tourné vers la qibla. D’après une note du shaykh Karîm ad-Dîn al-Barmûnî citant Ibn ʿArafa, les ablutions en sont même une condition, contrairement à l’adhân : du fait de son lien immédiat avec la prière, l’iqâma en devient comme une partie intégrante et, de ce fait, revêt plus d’importance encore qu’elle.

بِنَاءً عَلَى كَرَاهَتِهِ وَأَهْلُ الْمَعَاصِي لَا فِي حَالِ الْمَعْصِيَةِ وَشَابَّةٌ غَيْرُ مُخَشِّيَةٍ وَإِلَّا حَرُمَ لَا عَلَى مُصَلٍّ أَوْ مُتَطَهِّرٍ أَوْ آكِلٍ أَوْ قَارِئِ قُرْآنٍ فَلَا يُكْرَهُ (وَ) كُرِهَ (إقَامَةُ رَاكِبٍ) لِأَنَّهُ يَنْزِلُ بَعْدَهَا وَيَعْقِلُ دَابَّتَهُ وَيُصْلِحُ مَتَاعَهُ وَفِيهِ طُولٌ وَفَصْلٌ بَيْنَهَا وَبَيْنَ الصَّلَاةِ وَالسُّنَّةُ اتِّصَالُهُمَا فَإِنْ طَالَ جِدًّا بَطَلَتْ (أَوْ) إقَامَةُ (مُعِيدٍ لِصَلَاتِهِ) لِتَحْصِيلِ فَضْلِ الْجَمَاعَةِ بَعْدَ أَنْ صَلَّاهَا فَذًّا بِخِلَافِ الْمُعِيدِ لِبُطْلَانِهَا (كَأَذَانِهِ) أَيْ الْمُعِيدِ لِلْفَضْلِ وَأَوْلَى إنْ لَمْ يُرِدْ الْإِعَادَةَ فِيهِمَا بِخِلَافِ مَنْ أَذَّنَ وَلَمْ يُصَلِّ فَلَهُ أَنْ يُؤَذِّنَ لَهَا بِمَوْضِعٍ آخَرَ. (وَتُسَنُّ إقَامَةٌ) لِلصَّلَاةِ عَيْنًا عَلَى كُلِّ ذَكَرٍ بَالِغٍ يُصَلِّي فَذًّا أَوْ مَعَ نِسَاءٍ فَقَطْ وَكِفَايَةً لِجَمَاعَةِ ذُكُورٍ بَالِغِينَ (مُفْرَدَةٌ) ــ [حاشية الدسوقي] بَعْضُ الْمُوَثَّقِينَ. (تَنْبِيهٌ) : قَدْ جَرَتْ عَادَةُ الْأَكَابِرِ بِمِصْرَ وَنَحْوِهَا بِإِجَارَةِ إمَامٍ فِي بُيُوتِهِمْ وَالظَّاهِرُ أَنَّهُ لَا بَأْسَ بِهِ لِأَنَّ الْأُجْرَةَ فِي نَظِيرِ الْتِزَامِ الذَّهَابِ لِلْبَيْتِ كَذَا فِي المج (قَوْلُهُ: بِنَاءً عَلَى كَرَاهَته) أَيْ كَمَا يَقُولُ الْقَرَافِيُّ وَالْمُعْتَمَدُ حُرْمَةُ لَعِبِهِ وَحِينَئِذٍ فَيَحْرُمُ السَّلَامُ عَلَى لَاعِبِيهِ حَالَ لَعِبِهِمْ (قَوْلُهُ: وَأَهْلُ الْمَعَاصِي) أَيْ كَالْكَافِرِ وَالْمَكَّاسِ وَالظَّالِمِ (قَوْلُهُ: لَا فِي حَالِ الْمَعْصِيَةِ) أَيْ لِأَنَّ السَّلَامَ عَلَيْهِمْ فِي تِلْكَ الْحَالَةِ حَرَامٌ لَا مَكْرُوهٌ فَقَطْ (قَوْلُهُ: وَآكِلٌ أَوْ قَارِئُ قُرْآنٍ فَلَا يُكْرَهُ) أَيْ وَيَجِبُ عَلَيْهِمَا الرَّدُّ كَمَا قَالَ عج قَالَ بْن وَفِيهِ نَظَرٌ فَقَدْ اقْتَصَرَ ح عَلَى الْكَرَاهَةِ فِيهِمَا قَائِلًا إنَّ ابْنَ نَاجِيٍّ وَشَيْخَهُ أَبَا مَهْدِيٍّ لَمْ يَقِفَا عَلَى ذَلِكَ أَيْ عَلَى الْجَوَازِ فِيهِمَا. وَالْحَاصِلُ أَنَّ الْقَوْلَ بِجَوَازِ السَّلَامِ عَلَى الْآكِلِ وَالْقَارِئِ هُوَ مَا رَجَّحَهُ عج قَائِلًا إنَّهُ الْمَذْهَبُ وَح اقْتَصَرَ فِيهِمَا عَلَى الْكَرَاهَةِ وَرَجَّحَهُ بْن اهـ (قَوْلُهُ: وَكُرِهَ إقَامَةُ رَاكِبٍ) أَيْ بِخِلَافِ أَذَانِهِ فَإِنَّهُ جَائِزٌ (قَوْلُهُ: لِأَنَّهُ يَنْزِلُ إلَخْ) هَذَا تَعْلِيلٌ بِالْمَظِنَّةِ فَلَا يَرِدُ مَنْ كَانَ عِنْدَهُ خَادِمٌ. وَالْحَاصِلُ أَنَّ الْكَرَاهَةَ مُطْلَقًا كَانَ لَهُ خَادِمٌ أَمْ لَا وَالتَّعْلِيلُ الْمَذْكُورُ بِالْمَظِنَّةِ (قَوْلُهُ: بِخِلَافِ الْمُعِيدِ لِبُطْلَانِهَا) أَيْ فَلَا يُكْرَهُ لَهُ الْإِقَامَةُ لِتِلْكَ الصَّلَاةِ الَّتِي يُعِيدُهَا (قَوْلُهُ: كَأَذَانِهِ) أَيْ أَنَّهُ إذَا أَذَّنَ لِصَلَاةٍ وَصَلَّاهَا ثُمَّ أَرَادَ إعَادَتَهَا لِفَضْلِ الْجَمَاعَةِ فَيُكْرَهُ أَذَانُهُ ثَانِيًا لِتِلْكَ الْمُعَادَةِ (قَوْلُهُ: وَأَوْلَى إنْ لَمْ يُرِدْ الْإِعَادَةَ فِيهِمَا) أَيْ فَإِذَا أَقَامَ الصَّلَاةَ وَصَلَّاهَا وَلَمْ يُرِدْ إعَادَةَ تِلْكَ الصَّلَاةِ فَيُكْرَهُ لَهُ إقَامَتُهَا لِجَمَاعَةٍ يُصَلُّونَ أَوْ أَذَّنَ لِصَلَاةٍ وَصَلَّاهَا وَلَمْ يُرِدْ إعَادَتَهَا فَيُكْرَهُ لَهُ أَنْ يُؤَذِّنَ لِتِلْكَ الصَّلَاةِ لِجَمَاعَةٍ يُرِيدُونَ صَلَاتَهَا. وَالْحَاصِلُ أَنَّ مَنْ أَذَّنَ لِصَلَاةٍ وَصَلَّاهَا يُكْرَهُ لَهُ أَنْ يُؤَذِّنَ لَهَا ثَانِيًا سَوَاءً أَرَادَ إعَادَتَهَا لِفَضْلِ الْجَمَاعَةِ أَمْ لَا وَكَذَا مَنْ أَقَامَ صَلَاةً وَصَلَّاهَا يُكْرَهُ لَهُ أَنْ يُقِيمَ لَهَا ثَانِيًا سَوَاءً أَرَادَ إعَادَتَهَا لِفَضْلِ الْجَمَاعَةِ أَمْ لَا (قَوْلُهُ: بِخِلَافِ مَنْ أَذَّنَ وَلَمْ يُصَلِّ إلَخْ) هَذِهِ عَكْسُ مَسْأَلَةِ الْمُصَنِّفِ لِأَنَّ مَسْأَلَةَ الْمُصَنِّفِ أَذَّنَ لَهَا وَصَلَّاهَا وَهَذِهِ أَذَّنَ وَلَمْ يُصَلِّهَا وَبَقِيَ صُورَةٌ أُخْرَى وَهِيَ مَا إذَا صَلَّاهَا بِلَا أَذَانٍ وَأَرَادَ إعَادَتَهَا لِفَضْلِ الْجَمَاعَةِ فَيُكْرَهُ أَذَانُهُ لِتِلْكَ الْمُعَادَةِ وَهَذِهِ يَتَنَاوَلُهَا كَلَامُ الْمُصَنِّفِ أَيْضًا فَتَحَصَّلَ أَنَّ كُلَّ مَنْ بَرِئَتْ ذِمَّتُهُ مِنْ صَلَاةٍ يُكْرَهُ لَهُ أَنْ يُؤَذِّنَ لَهَا أَوْ يُقِيمَ سَوَاءً أَرَادَ إعَادَتَهَا أَمْ لَا وَسَوَاءً أَذَّنَ لَهَا أَوْ لَا وَأَقَامَ أَوْ لَا. (قَوْلُهُ: وَتُسَنُّ إقَامَةٌ) قَالَ بْن لَا خِلَافَ أَعْلَمُهُ فِي عَدَمِ وُجُوبِهَا قَالَ فِي الْإِكْمَالِ وَالْقَوْلُ بِإِعَادَةِ الصَّلَاةِ لِمَنْ تَرَكَهَا عَمْدًا لَيْسَ لِوُجُوبِهَا خِلَافًا لِبَعْضِهِمْ بَلْ لِلِاسْتِخْفَافِ بِالسُّنَّةِ (قَوْلُهُ: أَوْ مَعَ نِسَاءٍ) أَيْ إمَامًا بِهِمْ (قَوْلُهُ: وَكِفَايَةً لِجَمَاعَةِ) قَالَ بْن سَمِعَ ابْنَ الْقَاسِمِ لَا يُقِيمُ أَحَدٌ لِنَفْسِهِ بَعْدَ الْإِقَامَةِ وَمَنْ فَعَلَهُ خَالَفَ السُّنَّةَ ابْنُ رُشْدٍ لِأَنَّ السُّنَّةَ إقَامَةُ الْمُؤَذِّنِ دُونَ الْإِمَامِ وَالنَّاسِ وَفِي إرْشَادِ اللَّبِيبِ قَالَ الْمَازِرِيُّ كَانَ السُّيُورِيُّ يُقِيمُ لِنَفْسِهِ وَلَا يَكْتَفِي بِإِقَامَةِ الْمُؤَذِّنِ وَيَقُولُ إنَّهَا تَحْتَاجُ لِنِيَّةٍ وَالْعَامِّيُّ لَا يَنْوِيهَا وَلَا يَعْرِفُ النِّيَّةَ الْمَازِرِيُّ وَكَذَلِكَ أَنَا أَفْعَلُ فَأُقِيمُ لِنَفْسِي اهـ قَالَ شَيْخُنَا وَالْحَقُّ أَنَّ الْإِقَامَةَ يَكْفِي فِيهَا نِيَّةُ الْفِعْلِ كَالْأَذَانِ وَلَا تَتَوَقَّفُ عَلَى نِيَّةِ الْقُرْبَةِ وَنِيَّةُ الْفِعْلِ حَاصِلَةٌ مِنْ الْعَامِّيِّ فَمَا كَانَ يَفْعَلُهُ الْمَازِرِي وَالسُّيُورِيُّ إنَّمَا يَتِمُّ عَلَى اشْتِرَاطِ نِيَّةِ الْقُرْبَةِ. (تَنْبِيهٌ) : ذَكَرَ ح أَنَّهُ يُنْدَبُ لِلْمُقِيمِ طَهَارَةٌ وَقِيَامٌ وَاسْتِقْبَالٌ وَفِي حَاشِيَةِ الشَّيْخِ كَرِيمِ الدِّينِ الْبَرْمُونِيِّ عَنْ ابْنِ عَرَفَةَ أَنَّ الْوُضُوءَ شَرْطٌ فِيهَا بِخِلَافِ الْأَذَانِ لِأَنَّ اتِّصَالَهَا بِالصَّلَاةِ صَيَّرَهَا كَالْجُزْءِ مِنْهَا وَلِأَنَّهَا آكَدُ مِنْ

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