de la double purification, rituelle (ḥadath) et matérielle (khabath), du voile de la partie intime, de l’orientation vers la qibla ; on y ajoute l’adhân et l’iqâma. L’expression « il est évalué » laisse entendre qu’il est permis, à celui qui doit réunir ces conditions, de différer la prière d’un laps égal au temps nécessaire pour les accomplir.
Le temps choisi (al-mukhtâr) de l’ʿishâʾ commence avec la disparition de la rougeur du crépuscule et s’étend jusqu’au premier tiers de la nuit. Pour la prière de l’aube (ṣubḥ), il débute à l’aube véridique : l’apparition de la clarté authentique, horizontale, dont la lueur se répand jusqu’à embrasser tout l’horizon – à la différence de l’aube menteuse, verticale, qui ne se diffuse pas, mais s’élève vers le zénith en un filet ténu semblable à la queue du sirhân.
[Annotation d’al-Dusûqî]
– Pour le jeûneur. Quant au coucher « astronomique » (mîqâtî), il correspond à la disparition du centre du disque solaire ; c’est sur lui que se fonde le calcul de la durée de la nuit et d’autres règles exposées au chapitre des horaires. Ce coucher astronomique précède le coucher légal d’une demi-degré.
– « … de la double purification, ḥadath et khabath » : c’est-à-dire la purification mineure si l’on n’est pas en état de grande impureté, et la purification majeure si l’on l’est ; à l’eau pour qui n’est pas autorisé au tayammum, à la terre pour qui l’est. Celui qui a déjà fait ablution et bain comptera la durée d’un grand ghusl ; celui qui s’est lavé sans faire ses ablutions retiendra la durée d’un petit wudûʾ. Notre maître en déduit que le délai change selon les individus ; tel est le sens immédiat de la formule de l’auteur. Les propos d’Ibn ʿArafa et d’al-Abiy indiquent toutefois qu’il faut toujours compter la durée d’une purification majeure, que l’obligation soit wudûʾ, ghusl ou tayammum ; le temps ne varie donc pas d’un orant à l’autre. Notre maître conclut que c’est sur cette opinion qu’il faut se reposer.
– Sache que la prise en compte de la purification, rituelle ou matérielle, est fondée sur l’usage courant de la majorité : on ne retiendra donc ni l’extrême lenteur d’un scrupuleux, ni la brièveté inhabituelle d’un hâbleur, ainsi que l’a fait ressortir l’auteur.
– « … et le voile de la partie intime » : il s’agit de la couverture la plus complète, car c’est elle que requiert la Loi.
(Avertissement)
Ce que l’auteur a dit du temps choisi du maghrib concerne son début : il est permis, une fois la prière commencée, de la prolonger jusqu’à la disparition du crépuscule, mais non au-delà ; cela vaut pour le résident. Quant aux voyageurs, rien ne leur interdit de parcourir, après le coucher, un mille ou distance analogue, puis de faire halte et de prier, comme le rapporte la Mudawwana ; Ibn … et d’autres ont posé la condition que ce prolongement réponde à un besoin – tel qu’atteindre un point d’eau – faute de quoi ils devront prier au début du temps. Tout cela suit la version d’Ibn al-Qâsim selon laquelle le temps du maghrib est étroit, limité à la durée de la prière après réunion de ses conditions. D’autres ont rapporté de Mâlik que le temps choisi du maghrib va jusqu’à la disparition du crépuscule ; Ibn al-ʿArabî et al-Rajrajî jugent que c’est l’avis correct dans l’école. En vérité, cette thèse reste faible, malgré quelque force qu’on puisse lui reconnaître, et l’on se fonde sur l’opinion adoptée par l’auteur d’après Ibn al-Qâsim.
– « … de la disparition de la rougeur du crépuscule » : c’est-à-dire de la rougeur même qui constitue le crépuscule – annexion explicative. Le poète dit :
« S’il vient nier que le soleil se soit couché,
Que dans sa bouche le démente, devant son visage, la rougeur du crépuscule. »
Tel est l’avis classique de l’école, suivi par la majorité des savants, rapporte Ibn Nâjî. Ibn Hârûn transmet d’Ibn al-Qâsim une opinion voisine de celle d’Abû Ḥanîfa, qui fait commencer le temps choisi de l’ʿishâʾ à la disparition du blanc – phénomène postérieur à la disparition du rouge ; je n’ai point trouvé cette opinion.
– « … jusqu’au premier tiers » : c’est-à-dire compté depuis le coucher. Certains pensent que le temps choisi de l’ʿishâʾ s’étend jusqu’à l’aube ; il n’y aurait alors pas de temps de nécessité. C’est l’avis des shâfiʿites, qui apporte une certaine latitude.
– « … dont la clarté se répand » : depuis la direction de la qibla comme de son opposé, jusqu’à couvrir l’horizon. Son expression pourrait laisser croire que l’aube véridique n’est pas la lumière même ; il n’en est rien : c’est précisément la lueur solaire qui la précède. Il conviendrait donc, pour plus de clarté, d’omettre « sa clarté » et de dire : « qui se répand, depuis la direction de la qibla et son opposé, jusqu’à embrasser l’horizon ».
– « … mais s’élève vers le milieu du ciel, etc. » : c’est une pâleur ténue qui surgit à l’horizon et monte vers la voûte céleste sans se diffuser, bordée d’obscurité de part et d’autre ; la véritable aube, elle, est une blancheur qui apparaît à l’horizon, s’étend vers la qibla et son opposé, se répand et monte au ciel en se diffusant.
– « … semblable à la queue du sirhân » : le mot sirhân, avec un sîn kasrée, s’emploie pour le loup comme pour le lion ; on veut dire ici qu’il ressemble à la queue d’un sirhân noir, parce que l’aube menteuse est une blancheur mêlée d’ombre, et que la robe du sirhân noir est sombre tandis que le dessous de sa queue est blanc – la blancheur y est donc mêlée de noirceur.