Temps choisi (al-mukhtâr)
Il se trouve en vis-à-vis du « temps de nécessité » ; une prière possède donc deux créneaux.
Pour le ẓuhr, le créneau choisi débute dès le déclin du soleil, c’est-à-dire dès qu’il s’écarte du zénith vers l’ouest, et s’achève à l’extrémité d’une « qâma », quelle qu’elle soit. La qâma d’une personne correspond, par convention, à sept de ses propres longueurs de pied, soit quatre de ses coudées. Autrement dit, le temps du ẓuhr s’étend jusqu’à ce que l’ombre de chaque chose devienne égale à sa hauteur, sans compter l’ombre résiduelle du zénith : celle-ci n’entre pas dans le calcul.
Explication : dès son lever, le soleil fait surgir à l’ouest de tout objet dressé une ombre qui diminue au fur et à mesure qu’il monte. Lorsqu’il atteint le milieu du ciel – position d’équilibre (istiwaʾ) –, cette diminution est complète, mais il subsiste un reste d’ombre. Ce reliquat varie selon les mois coptes : Tût, Bâbah, Hâtûr, Kiyahk, Tûbah, Amshîr, Baramhât, Barmûdah, Bashans, Buʾnah, Abîb et Misrâ. Il arrive parfois qu’aucun reste ne subsiste : c’est le cas à La Mecque et à Zubaid deux fois l’an, et à la Médine vénérée une seule fois, le jour le plus long de l’année. Dès que le soleil penche de nouveau vers l’ouest…
[Annotation d’al-Dusûqî]
Tout autre moment peut aussi recevoir l’appellation de « temps », mais seulement dans l’usage courant ; médite cela.
« Le temps choisi » : c’est le créneau dans lequel le législateur a confié l’accomplissement de la prière au libre choix du fidèle, sans péché ; il peut donc la célébrer au début, au milieu ou à la fin de ce laps.
« Son pendant est le temps de nécessité » : il est interdit de retarder la prière jusque-là, sauf pour les personnes véritablement empêchées, que l’on mentionnera plus loin.
« Jusqu’à la fin d’une qâma, quelle qu’elle soit » : bâton, mur ou être humain.
« Sans l’ombre du zénith » : la qâma est évaluée hors de l’ombre résiduelle du zénith.
« Ainsi, cette ombre n’est pas comptée » : si une ombre zénithale existe, elle n’entre pas dans la qâma ; à défaut, seule la qâma est considérée ; si elle existe, on tient compte à la fois de la qâma et de cette ombre.
« Elle varie, etc. » : certains ont proposé pour cette variation un moyen mnémotechnique :
« ṭaza jabâ abduḥâ » ; la lettre ṭâ indique la présence d’une ombre résiduelle en Ṭûbah, et le zâʾ son absence en Amshîr, et ainsi de suite pour les autres mois.
« À La Mecque deux fois l’an et à Médine une fois, etc. » : la latitude de Médine est de vingt-quatre degrés, celle de La Mecque de vingt-et-un degrés, toutes deux au nord. Par « latitude » on entend la distance zénithale des habitants par rapport au cercle équatorial. La déclinaison maximale du soleil est de vingt-quatre degrés : c’est l’angle extrême qu’il atteint, sur l’écliptique, par rapport à l’équateur. Lorsqu’il se trouve à l’extrême de sa déclinaison septentrionale, il passe à la verticale des habitants de Médine et l’ombre disparaît.