al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Linguistiquement, le mot renvoie à l’empreinte qui sert de repère sur une voie ; l’auteur l’emploie pour désigner les preuves de la « vérification ».

Le substantif taḥqīq, infinitif de ḥaqqaqa, signifie : « établir une chose par l’argument » ou « l’exposer dans sa forme véritable, fût-ce sans citer explicitement l’argument ». Ici, il désigne ce qui est véridique, c’est-à-dire conforme à la réalité.

Le terme « maʿālim » comporte ainsi une métaphore déclarative ; l’on peut toutefois comprendre « maʿlam » dans son sens premier de trace. Quant à « taḥqīq », il recèle une métaphore allusive : la vérification y est implicitement comparée à un chemin que l’on parcourt, selon la figure de la maknîya ; « maʿālim » recèle, de plus, une métaphore figurative.

« Et Il nous a fait, lui et nous, emprunter la voie la plus profitable », c’est-à-dire un chemin dont la composition est la plus utile.

« Un abrégé » : ce terme constitue le second complément d’objet du verbe « ils m’ont demandé ». La proposition qui suit n’est qu’une parenthèse destinée à formuler une prière pour lui et pour eux. Abréger consiste à réduire la formulation tout en déployant une grande richesse de sens, selon la méthode de l’Imâm.

[Annotation d’ad-Dusûqî]
Ce fait est avéré ; on ne saurait donc le poser comme condition ni en faire l’apodose. En réalité, la phrase « Un groupe m’a interrogé » rapporte un propos sous-entendu qui tient lieu de réponse ; la phrase citée n’est donc pas elle-même la réponse, comme on l’a vu.

(« al-athar ») : c’est-à-dire le signe.

(« il vise par là les preuves de la vérification ») : au sens figuré.

(« ou l’a exposée… ») : il est ainsi fait allusion au double emploi du terme taḥqīq : tantôt l’établissement d’une question par la preuve, tantôt son exposition conforme à la vérité, même sans preuve citée.

(« et ici il désigne ce qui est vrai ») : à savoir, les prescriptions.

(« métaphore déclarative ») : on dira : « J’ai assimilé les preuves à des jalons, c’est-à-dire à des signes qui conduisent au but, les deux permettant d’atteindre l’objet recherché ; j’ai donc transféré le nom du comparant au comparé par métaphore déclarative. » Le sens est : « Dieu a rendu évidentes pour moi et pour eux les preuves des prescriptions authentiques, conformes au réel. »

Qu’on ne dise pas : « Cela est du ressort du mujtahid, non de l’imitateur ; or l’auteur est un imitateur. » Nous répondons : le ijtihâd consiste à déployer tout son effort pour déduire les prescriptions à partir des preuves, non à étayer des prescriptions déjà établies par leurs preuves. L’auteur demande précisément la manifestation de ces preuves afin d’étayer les prescriptions reconnues.

(« par une voie jalonnée ») : autrement dit, dotée de repères.

(« Et Il nous a fait emprunter… ») : « suivre » (salaka) signifie se mettre en route ; l’expression est ici métaphorique pour « accorder la réussite », c’est-à-dire : « Il nous a accordé, à eux comme à nous, de prendre la voie la meilleure menant à Sa satisfaction », créant en nous la capacité de suivre la meilleure des voies. Notre maître écrit en marge : la phrase, bien que grammaticale­ment assertive, est de sens optatif : « Ô mon Dieu, fais-nous emprunter, à eux et à nous, la voie la plus bénéfique. » Le sens propre — que le Seigneur chemine physiquement avec eux sur la route la plus avantageuse — est impossible ; la parole relève donc d’une métaphore déclarative dépendante : l’orientation que Dieu imprime à leur volonté vers la voie la plus avantageuse est assimilée, par hypothèse, à Son fait de les escorter sur une route rectiligne. Le verbe salaka est ainsi dérivé pour signifier : « oriente », c’est-à-dire « tourne notre volonté vers la voie la plus utile, qu’elle concerne le savoir ou autre chose ».

(« la voie la plus profitable ») : mis à l’accusatif comme complément adverbial. On ne dira pas que « anfaʿ » ne saurait être circonstanciel puisqu’il s’agit d’un superlatif dénué de valeur adverbiale ; l’explication est que, mis en annexion à un complément de lieu, le superlatif devient partie de ce lieu et se comporte alors comme un adverbial.

(« c’est-à-dire une voie plus profitable ») : dans une voie plus utile que toute autre. Le commentateur signale ainsi que l’expression de l’auteur constitue une annexion de l’épithète au substantif, licence prise pour préserver la rime.

(« en composition ») : il sous-entend : « par composition », indiquant que « abrégé » est l’épithète d’un substantif omis.

(« l’abréviation… ») : l’ouvrage abrégé est donc celui dont la formulation est concise mais la portée ample ; à l’opposé se trouve l’ouvrage développé, abondant à la fois de mots et de sens. Entre les deux se situe tout écrit soit redondant en mots et pauvre en sens, soit concis en mots et pauvre en sens : un intermédiaire entre résumé et traité développé. Le plus juste est que

وَهُوَ لُغَةً الْأَثَرُ الَّذِي يُسْتَدَلُّ بِهِ عَلَى الطَّرِيقِ وَأَرَادَ بِهَا أَدِلَّةَ (التَّحْقِيقِ) مَصْدَرُ حَقَّقَ الشَّيْءَ أَثْبَتَهُ بِالدَّلِيلِ أَوْ أَتَى بِهِ عَلَى الْوَجْهِ الْحَقِّ وَلَوْ لَمْ يَذْكُرْ الدَّلِيلَ وَالْمُرَادُ بِهِ هُنَا مَا كَانَ حَقًّا أَيْ مُطَابِقًا لِلْوَاقِعِ فَفِي مَعَالِمَ اسْتِعَارَةٌ تَصْرِيحِيَّةٌ وَيَصِحُّ أَنْ يُرَادَ بِالْمَعْلَمِ الْأَثَرُ نَفْسُهُ فَفِي التَّحْقِيقِ اسْتِعَارَةٌ بِالْكِنَايَةِ بِأَنْ شَبَّهَ التَّحْقِيقَ بِطَرِيقِ سُلُوكٍ تَشْبِيهًا مُضْمَرًا فِي النَّفْسِ عَلَى طَرِيقِ الْمَكْنِيَّةِ وَفِي مَعَالِمَ اسْتِعَارَةٌ تَخْيِيلِيَّةٌ (وَسَلَكَ) أَيْ ذَهَبَ (بِنَا وَبِهِمْ أَنْفَعَ طَرِيقٍ) أَيْ طَرِيقًا أَنْفَعَ تَأْلِيفًا (مُخْتَصَرًا) مَفْعُولٌ ثَانٍ لَسَأَلَ وَجُمْلَةُ أَبَانَ وَمَا بَعْدَهَا اعْتِرَاضٌ قُصِدَ بِهَا الدُّعَاءُ لَهُ وَلَهُمْ وَالِاخْتِصَارُ تَقْلِيلُ اللَّفْظِ مَعَ كَثْرَةِ الْمَعْنَى (عَلَى مَذْهَبِ الْإِمَامِ) ــ [حاشية الدسوقي] أَمْرٌ وَاقِعِيٌّ فَلَا صِحَّةَ لِتَعْلِيقِهِ وَجَعْلِهِ جَوَابًا وَالْحَاصِلُ أَنَّ جُمْلَةَ قَوْلِهِ قَدْ سَأَلَنِي مَقُولَةً لِقَوْلٍ مَحْذُوفٍ هُوَ الْجَوَابُ لَا أَنَّ الْجُمْلَةَ الْمَذْكُورَةَ هِيَ الْجَوَابُ لِمَا عَلِمْت (قَوْلُهُ: الْأَثَرُ) أَيْ الْعَلَامَةُ (قَوْلُهُ: أَرَادَ بِهَا أَدِلَّةَ التَّحْقِيقِ) أَيْ عَلَى جِهَةِ الْمَجَازِ (قَوْلُهُ: أَوْ أَتَى بِهِ إلَخْ) فِيهِ إشَارَةٌ إلَى أَنَّ التَّحْقِيقَ يُطْلَقُ بِالِاشْتِرَاكِ عَلَى إثْبَاتِ الْمَسْأَلَةِ بِالدَّلِيلِ وَعَلَى الْإِتْيَانِ بِهَا عَلَى الْوَجْهِ الْحَقِّ، وَإِنْ لَمْ يُذْكَرْ لَهَا دَلِيلٌ (قَوْلُهُ: وَالْمُرَادُ بِهِ هُنَا مَا كَانَ حَقًّا) أَيْ مِنْ الْأَحْكَامِ (قَوْلُهُ: اسْتِعَارَةٌ تَصْرِيحِيَّةٌ) تَقْرِيرُهَا أَنْ يُقَالَ شَبَّهْت الْأَدِلَّةَ بِالْمَعَالِمِ أَيْ الْعَلَامَاتِ الَّتِي يُسْتَدَلُّ بِهَا بِجَامِعِ التَّوَصُّلِ بِكُلٍّ لِلْمَقْصُودِ وَاسْتُعِيرَ اسْمُ الْمُشَبَّهِ بِهِ لِلْمُشَبَّهِ عَلَى طَرِيقِ الِاسْتِعَارَةِ الْمُصَرِّحَةِ وَالْمَعْنَى أَظْهَرَ اللَّهُ لِي وَلَهُمْ أَدِلَّةَ الْأَحْكَامِ الْحَقَّةِ الْمُطَابِقَةِ لِلْوَاقِعِ. لَا يُقَالُ: إنَّ هَذِهِ رُتْبَةُ الْمُجْتَهِدِ لَا الْمُقَلِّدِ وَالْمُصَنِّفُ مُقَلِّدٌ؛ لِأَنَّا نَقُولُ الِاجْتِهَادُ بَذْلُ الْوُسْعِ فِي اسْتِنْبَاطِ الْأَحْكَامِ مِنْ الْأَدِلَّةِ لَا إثْبَاتُ الْأَحْكَامِ الْمُقَرَّرَةِ بِأَدِلَّتِهَا وَالْمُصَنِّفُ سَأَلَ ظُهُورَ الْأَدِلَّةِ لِأَجْلِ أَنْ يُثْبِتَ بِهَا الْأَحْكَامَ الْمُقَرَّرَةَ (قَوْلُهُ: بِطَرِيقِ سُلُوكِ) أَيْ ذَاتِ مَعَالِمَ (قَوْلُهُ: وَسَلَكَ بِنَا إلَخْ) السُّلُوكُ هُوَ الذَّهَابُ وَالسَّيْرُ فِي الْأَرْضِ اسْتَعَارَهُ هُنَا لِلتَّوْفِيقِ أَيْ وَوَفَّقَنَا وَإِيَّاهُمْ إلَى الطَّرِيقِ الْأَحْسَنِ الْمُوصِلَةِ لِرِضَاهُ تَعَالَى أَيْ خَلَقَ فِينَا وَفِيهِمْ قُدْرَةً عَلَى ارْتِكَابِ أَحْسَنِ الطُّرُقِ الْمُوصِلَةِ إلَى رِضَاهُ وَقَالَ شَيْخُنَا فِي الْحَاشِيَةِ جُمْلَةُ وَسَلَكَ إلَخْ خَبَرِيَّةٌ لَفْظًا إنْشَائِيَّةٌ مَعْنًى وَالْمَعْنَى اللَّهُمَّ اُسْلُكْ بِنَا وَبِهِمْ أَنْفَعَ طَرِيقٍ إلَّا أَنَّ الْمَعْنَى الْحَقِيقِيَّ وَهُوَ كَوْنُ الْمَوْلَى يَذْهَبُ مَعَهُمْ فِي الطَّرِيقِ الْحِسِّيَّةِ الْأَنْفَعِ غَيْرُ مُرَادٍ؛ لِأَنَّهُ مُسْتَحِيلٌ، وَإِنَّمَا الْكَلَامُ مِنْ قَبِيلِ الِاسْتِعَارَةِ التَّصْرِيحِيَّةِ التَّبَعِيَّةِ وَتَقْرِيرُهَا أَنْ يُقَالَ شَبَّهَ صَرْفَ اللَّهِ إرَادَتَهُمْ لِلْوَجْهِ الْأَنْفَعِ مِنْ عِلْمٍ أَوْ غَيْرِهِ بِسُلُوكِهِ مَعَهُمْ الطَّرِيقَ الْمُسْتَقِيمَ عَلَى فَرْضِ تَحَقُّقِهِ، وَإِنْ كَانَ مُسْتَحِيلًا وَاسْتَعَارَ اسْمَ الْمُشَبَّهِ بِهِ لِلْمُشَبَّهِ وَاشْتُقَّ مِنْ السُّلُوكِ سَلَكَ بِمَعْنَى اُسْلُكْ مُرَادًا بِهِ صَرْفُ إرَادَتِنَا لِلْوَجْهِ الْأَنْفَعِ مِنْ عِلْمٍ أَوْ غَيْرِهِ (قَوْلُهُ: أَنْفَعَ طَرِيقٍ) نُصِبَ عَلَى الظَّرْفِيَّةِ وَلَا يُقَالُ أَنْفَعَ لَيْسَ بِظَرْفٍ، وَإِنَّمَا هُوَ اسْمُ تَفْضِيلٍ لَيْسَ فِيهِ مَعْنَى الظَّرْفِيَّةِ؛ لِأَنَّ الظَّرْفَ اسْمُ الزَّمَانِ أَوْ الْمَكَانِ الْمُضَمَّنِ مَعْنَى فِي بِاطِّرَادٍ لِأَنَّا نَقُولُ لَمَّا أُضِيفَ أَفْعَلُ إلَى ظَرْفِ الْمَكَانِ كَانَ بَعْضُ مَا يُضَافُ إلَيْهِ فَقَدْ آلَ الْأَمْرُ إلَى أَنَّهُ ظَرْفٌ (قَوْلُهُ: أَيْ طَرِيقًا أَنْفَعَ) أَيْ فِي طَرِيقٍ أَنْفَعَ مِنْ غَيْرِهَا وَأَشَارَ الشَّارِحُ بِهَذَا إلَى أَنَّ قَوْلَ الْمُصَنِّفِ أَنْفَعَ طَرِيقٍ مِنْ إضَافَةِ الصِّفَةِ لِلْمَوْصُوفِ وَارْتَكَبَهَا الْمُصَنِّفُ مَعَ كَوْنِهَا خِلَافَ الْأَصْلِ رِعَايَةً لِلسَّجْعِ (قَوْلُهُ: تَأْلِيفًا) قَدَّرَهُ إشَارَةً إلَى أَنَّ مُخْتَصَرًا صِفَةً لِمَوْصُوفٍ مَحْذُوفٍ (قَوْلُهُ: وَالِاخْتِصَارُ إلَخْ) وَعَلَى هَذَا فَالْمُخْتَصَرُ مَا قَلَّ لَفْظُهُ وَكَثُرَ مَعْنَاهُ وَيُقَابِلُهُ الْمُطَوَّلُ وَهُوَ مَا كَثُرَ لَفْظُهُ وَمَعْنَاهُ وَعَلَى هَذَا فَمَا كَثُرَ لَفْظُهُ وَقَلَّ مَعْنَاهُ أَوْ قَلَّ لَفْظُهُ وَمَعْنَاهُ وَاسِطَةٌ بَيْنَ الْمُخْتَصَرِ وَالْمُطَوَّلِ وَالْحَقُّ أَنَّهُ

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