al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Elle observe la durée de son habitude, à laquelle elle ajoute la période de précaution ; tel est l’avis confirmé. (Deux opinions existent ; la plus solide est la seconde.)

Et si —

(période de pureté morcelée) : c’est-à-dire que du sang apparaît au milieu, que les jours de pureté et de flux s’équilibrent, que les jours de sang soient plus nombreux ou, au contraire, moins nombreux —

(elle combine) : autrement dit, elle additionne

(les seuls jours de sang), à l’exclusion

des jours de pureté,

(conformément au détail) exposé plus haut pour la débutante, l’habituée et la femme enceinte ; ainsi

• la débutante combine la moitié du mois ;
• l’habituée, la durée de son habitude augmentée de la précaution ;
• la femme enceinte, lorsque la grossesse n’a pas encore atteint trois mois, combine un demi-mois environ, et, du sixième mois inclus jusqu’à l’accouchement, vingt jours à peu près.

(Puis) après cela

(elle est en état d’istihâda) ; la femme qui procède à cette combinaison doit accomplir le grand lavage, obligatoirement,

(chaque fois que le sang cesse)

durant les jours de combinaison, à moins qu’elle n’estime que l’écoulement reviendra avant l’expiration du temps de la prière en cours ; dans ce cas, on ne lui impose pas le ghusl.

(Elle jeûne)

si elle est pure avant l’aube,

(et elle prie).

[Hâshiya d’ad-Dusûqî]

— Pour la période de six mois : la règle vise ce qui suit, non ce qui précède, et c’est l’avis retenu. Les paroles de l’auteur peuvent se comprendre selon l’expression des maîtres — « dès l’entrée dans le sixième mois », comme l’a expliqué notre commentateur — ou selon la Mudawwana — « une fois six mois révolus », ainsi qu’An-Naf l’a indiqué. On sait toutefois que l’opinion adoptée va à l’encontre de l’apparence du texte.

— « Elle observe son habitude et la période de précaution, selon l’avis authentique » : c’est la position retenue par Ibn Yûnus, d’après le Tawdhîh. Il précise qu’il convient, selon l’opinion à laquelle Mâlik est revenu, que la femme s’arrête un mois ou deux durant sa coutume et la précaution, car la grossesse ne devient pas visible en un ou deux mois ; on la considère donc comme non enceinte jusqu’à ce que la grossesse apparaisse, ce qui ne se produit qu’au bout de trois mois. — L’opinion opposée est celle d’Abû ‘Abbâs, relayée par quelques-uns, qui veut qu’on la traite comme l’habituée : elle n’ajoute pas la précaution. Aucune parole de Mâlik ne corrobore cependant cette vue : ni dans les sources anciennes ni récentes on ne lit qu’il aurait prescrit à la femme enceinte d’ajouter trois jours de précaution.

— « Deux opinions » : la première, abandonnée par Mâlik mais choisie par al-Abiyânî, considère que la femme suit les règles de la femme enceinte dès qu’un indice sûr (telle la nausée matinale) lui révèle sa grossesse ; la seconde, à laquelle Mâlik est revenu et qu’a préférée Ibn Yûnus, subordonne ces règles à l’apparition effective de la grossesse, laquelle n’est vérifiable qu’à partir du troisième mois. Certains maîtres ont privilégié la première, mais un passage d’Ibn ‘Arafa suggère la prépondérance de la seconde ; néanmoins, celle-ci reste la plus forte.

— « Et si la pureté est morcelée » : qu’il s’agisse d’une débutante, d’une habituée ou d’une femme enceinte.

— « Que les deux soient égaux » : un jour de sang, un jour de pureté, et ainsi de suite.

— « Ou que les jours de sang augmentent » : deux jours de sang, un jour de pureté, etc.

— « Ou qu’ils diminuent » : un jour de sang, deux jours de pureté, etc.

— « Elle n’inclut pas les jours de pureté » : elle les annule ; il faut ensuite quinze jours de pureté après la fin des jours de sang. Ce principe — additionner les jours de sang et annuler ceux de pureté — fait consensus lorsque la pureté est inférieure au sang, et, selon l’avis le plus répandu, même lorsqu’elle lui est égale ou supérieure, contre ceux qui estiment que, dans ce cas, les jours de pureté demeurent valides, fussent-ils inférieurs à quinze. Pour ces derniers, la femme reste vraiment pure durant ces jours et vraiment réglée durant ceux de sang, inaugurant ainsi un nouveau cycle pour toute sa vie. L’utilité de la divergence apparaît lorsque le sang revient après la combinaison ou après quinze jours : selon l’avis retenu, elle est pure et ce sang est pathologique ; selon l’autre, il s’agit encore de menstrues.

— « Puis, après cela » : après avoir combiné les jours de sang comme indiqué.

— « Elle se lave chaque fois que le sang cesse durant les jours de combinaison » : parce qu’elle ignore s’il reviendra.

— « À moins qu’elle ne pense qu’il reviendra avant la fin du temps de la prière en cours » : qu’il s’agisse du temps strict ou élargi, on ne lui impose alors pas le lavage. Le commentateur suit ici Abû ‘Abbâs, mais certains ont objecté : le Jazûlî, le shaykh Yûsuf b. ‘Umar et Az-Zuhri affirment qu’il est illicite de retarder la prière en espérant le retour du sang. Ils divergent ensuite : la prière tombe-t-elle si elle la retarde et que le sang revient dans le temps — ce qu’estiment le Jazûlî et Ibn ‘Umar — ou doit-elle être rattrapée, comme le veut Az-Zuhri ? Al-Lakhmî, pour sa part, juge que retarder ainsi la prière n’est qu’un acte réprouvé. Ḥ rapporta cela de lui au chapitre du jeûne : « Il rompt le jeûne lors d’un voyage qui permet la prière écourtée », etc., et al-Mawwâq l’a mentionné ailleurs

تَمْكُثُ عَادَتُهَا وَالِاسْتِظْهَارُ عَلَى التَّحْقِيقِ (قَوْلَانِ) أَرْجَحُهُمَا الثَّانِي (وَإِنْ) (تَقَطَّعَ طُهْرٌ) أَيْ تَخَلَّلَهُ دَمٌ وَتَسَاوَيَا أَوْ زَادَتْ أَيَّامُ الدَّمِ أَوْ نَقَصَتْ (لَفَّقَتْ) أَيْ جَمَعَتْ (أَيَّامَ الدَّمِ فَقَطْ) لَا أَيَّامَ الطُّهْرِ (عَلَى تَفْصِيلِهَا) الْمُتَقَدِّمِ مِنْ مُبْتَدَأَةٍ وَمُعْتَادَةٍ وَحَامِلٍ فَتُلَفِّقُ الْمُبْتَدَأَةُ نِصْفَ شَهْرٍ وَالْمُعْتَادَةُ عَادَتَهَا وَاسْتِظْهَارُهَا وَالْحَامِلُ فِي ثَلَاثَةِ أَشْهُرٍ النِّصْفُ وَنَحْوُهُ وَفِي سِتَّةٍ فَأَكْثَرَ عِشْرِينَ وَنَحْوِهَا (ثُمَّ هِيَ) بَعْدَ ذَلِكَ (مُسْتَحَاضَةٌ وَتَغْتَسِلُ) الْمُلَفِّقَةُ وُجُوبًا (كُلَّمَا انْقَطَعَ الدَّمُ) عَنْهَا فِي أَيَّامِ التَّلْفِيقِ إلَّا أَنْ تَظُنَّ أَنَّهُ يُعَاوِدُهَا قَبْلَ انْقِضَاءِ وَقْتِ الصَّلَاةِ الَّتِي هِيَ فِيهِ فَلَا تُؤْمَرُ بِالْغُسْلِ (وَتَصُومُ) إنْ كَانَتْ قَبْلَ الْفَجْرِ طَاهِرًا (وَتُصَلِّي) ــ [حاشية الدسوقي] السِّتَّةِ أَشْهُرٍ حُكْمُ مَا بَعْدَهَا لَا حُكْمُ مَا قَبْلَهَا وَهَذَا هُوَ الْمُعْتَمَدُ وَكَلَامُ الْمُصَنِّفِ قَابِلٌ لِلْحَمْلِ عَلَى كَلَامِ الشُّيُوخِ بِأَنْ يُقَالَ وَفِي دُخُولِ سِتَّةٍ كَمَا قَالَ شَارِحُنَا وَقَابِلٌ لِلْحَمْلِ عَلَى كَلَامِ الْمُدَوَّنَةِ بِأَنْ يُقَالَ وَفِي مُضِيِّ سِتَّةٍ كَمَا قَالَ عبق وَقَدْ عَلِمْت أَنَّ الْمُعْتَمَدَ خِلَافُ ظَاهِرِهَا (قَوْلُهُ: تَمْكُثُ عَادَتُهَا وَالِاسْتِظْهَارُ عَلَى التَّحْقِيقِ) أَيْ وَهُوَ الَّذِي اخْتَارَهُ ابْنُ يُونُسَ كَمَا فِي التَّوْضِيحِ وَحِّ وَنَصُّ ابْنُ يُونُسَ الَّذِي يَنْبَغِي عَلَى قَوْلِ مَالِكٍ الَّذِي رَجَعَ إلَيْهِ أَنْ تَجْلِسَ فِي الشَّهْرِ وَالشَّهْرَيْنِ قَدْرَ أَيَّامِهَا وَالِاسْتِظْهَارُ لِأَنَّ الْحَمْلَ لَا يَظْهَرُ فِي شَهْرٍ وَلَا فِي شَهْرَيْنِ فَهِيَ مَحْمُولَةٌ عَلَى أَنَّهَا حَائِلٌ حَتَّى يَظْهَرُ الْحَمْلُ وَلَا يَظْهَرُ إلَّا فِي ثَلَاثَةِ أَشْهُرٍ اهـ وَخِلَافُ التَّحْقِيقِ قَوْلُ عبق تَبَعًا لعج أَوْ كَالْمُعْتَادَةِ تَمْكُثُ عَادَتَهَا لَكِنْ بِغَيْرِ اسْتِظْهَارٍ وَلَا دَلِيلَ لعج فِي قَوْلِ الْمُدَوَّنَةِ مَا عَلِمْت مَالِكًا قَالَ فِي الْحَامِلِ تَسْتَظْهِرُ بِثَلَاثَةٍ لَا قَدِيمًا وَلَا حَدِيثًا لِأَنَّ كَلَامَهَا فِي ظَاهِرَةِ الْحَمْلِ وَهَذِهِ لَيْسَتْ كَذَلِكَ لِقَوْلِ ابْنِ يُونُسَ أَنَّهَا مَحْمُولَةٌ عَلَى أَنَّهَا حَائِلٌ اُنْظُرْ بْن (قَوْلُهُ: قَوْلَانِ) الْأَوَّلُ مِنْهُمَا قَوْلُ مَالِكٍ الْمَرْجُوعُ عَنْهُ وَاخْتَارَهُ الْأَبْيَانِيُّ وَهُوَ مَبْنِيٌّ عَلَى أَنَّهُ يَلْزَمُهَا مَا يَلْزَمُ الْحَامِلَ بِعِلْمِهَا بِالْحَمْلِ بِقَرِينَةٍ كَالْوَحَمِ الْمَعْلُومِ عِنْدَ النِّسَاءِ لِظُهُورِ الْحَمْلِ وَالثَّانِي قَوْلُ مَالِكٍ الْمَرْجُوعُ إلَيْهِ وَاخْتَارَهُ ابْنُ يُونُسَ وَهُوَ مَبْنِيٌّ عَلَى أَنَّهُ يَلْزَمُهَا مَا يَلْزَمُ الْحَامِلَ إذَا ظَهَرَ الْحَمْلُ وَهُوَ إنَّمَا يَظْهَرُ فِي الثَّالِثِ وَمَا بَعْدَهُ وَبَعْضُ الشُّيُوخِ رَجَّحَ الْقَوْلَ الْأَوَّلَ وَفِي كَلَامِ ابْنِ عَرَفَةَ مَا يُشْعِرُ بِتَرْجِيحِ الثَّانِي فَكُلٌّ مِنْهُمَا قَدْ رَجَّحَ وَلَكِنَّ الثَّانِي أَرْجَحُ (قَوْلُهُ: وَإِنْ تَقَطَّعَ طُهْرٌ) أَيْ لِمُبْتَدَأَةٍ أَوْ لِمُعْتَادَةٍ أَوْ لِحَامِلٍ (قَوْلُهُ: وَتَسَاوَيَا) أَيْ تَسَاوَتْ أَيَّامُ الطُّهْرِ وَأَيَّامُ الْحَيْضِ بِأَنْ أَتَاهَا الدَّمُ يَوْمًا وَانْقَطَعَ يَوْمًا وَهَكَذَا (قَوْلُهُ: أَوْ زَادَتْ أَيَّامُ الدَّمِ) أَيْ بِأَنْ أَتَاهَا الدَّمُ يَوْمَيْنِ وَانْقَطَعَ يَوْمًا وَهَكَذَا (قَوْلُهُ: أَوْ نَقَصَتْ) أَيْ أَيَّامُ الدَّمِ عَنْ أَيَّامِ الطُّهْرِ بِأَنْ أَتَاهَا الدَّمُ يَوْمًا وَانْقَطَعَ يَوْمَيْنِ وَهَكَذَا (قَوْلُهُ: لَا أَيَّامُ الطُّهْرِ) أَيْ فَلَا تُلَفِّقُهَا بَلْ تَلْغِيهَا وَحِينَئِذٍ فَلَا تُلَفِّقُ الطُّهْرَ مِنْ تِلْكَ الْأَيَّامِ الَّتِي فِي أَثْنَاءِ الْحَيْضِ بَلْ لَا بُدَّ مِنْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا بَعْدَ فَرَاغِ أَيَّامِ الدَّمِ وَمَا ذَكَرَهُ مِنْ كَوْنِهَا تُلَفِّقُ أَيَّامَ الدَّمِ وَتَلْغِي أَيَّامَ الطُّهْرِ فَهُوَ أَمْرٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ إنْ نَقَصَتْ أَيَّامُ الطُّهْرِ عَنْ أَيَّامِ الدَّمِ وَعَلَى الْمَشْهُورِ إنْ زَادَتْ أَوْ تَسَاوَتْ خِلَافًا لِمَنْ قَالَ إنَّ أَيَّامَ الطُّهْرِ إذَا تَسَاوَتْ أَيَّامُ الْحَيْضِ أَوْ زَادَتْ فَلَا تُلْغَى وَلَوْ كَانَتْ دُونَ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا بَلْ هِيَ فِي أَيَّامِ الطُّهْرِ طَاهِرٌ تَحْقِيقًا وَفِي أَيَّامِ الْحَيْضِ حَائِضٌ تَحْقِيقًا بِحَيْضٍ مُؤْتَنَفٍ وَهَكَذَا مُدَّةُ عُمْرِهَا وَلَا تَلْفِيقَ وَلَا شَيْءَ وَفَائِدَةُ الْخِلَافِ تَظْهَرُ فِي الدَّمِ النَّازِلِ بَعْدَ تَلْفِيقِ عَادَتِهَا أَوْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا فَعَلَى الْمُعْتَمَدِ تَكُونُ طَاهِرًا وَالدَّمُ النَّازِلُ دَمُ عِلَّةٍ وَفَسَادٍ وَعَلَى مُقَابِلِهِ يَكُونُ حَيْضًا (قَوْلُهُ: ثُمَّ هِيَ بَعْدَ ذَلِكَ) أَيْ بَعْدَ تَلْفِيقِهَا أَيَّامَ الدَّمِ عَلَى تَفْصِيلِهَا (قَوْلُهُ: وَتَغْتَسِلُ كُلَّمَا انْقَطَعَ عَنْهَا فِي أَيَّامِ التَّلْفِيقِ) أَيْ لِأَنَّهَا لَا تَدْرِي هَلْ يُعَاوِدُهَا دَمٌ أَمْ لَا (قَوْلُهُ: إلَّا أَنْ تَظُنَّ أَنَّهُ يُعَاوِدُهَا قَبْلَ انْقِضَاءِ وَقْتِ الصَّلَاةِ الَّتِي هِيَ فِيهِ) سَوَاءٌ كَانَ ضَرُورِيًّا أَوْ اخْتِيَارِيًّا فَلَا تُؤْمَرُ بِالْغُسْلِ قَدْ تَبِعَ الشَّارِحُ فِي هَذَا الْكَلَامِ عبق قَالَ بْن وَفِيهِ نَظَرٌ فَقَدْ صَرَّحَ الْجُزُولِيُّ وَالشَّيْخُ يُوسُفُ بْنُ عُمَرَ وَالزُّهْرِيُّ فِي شَرْحِ الرِّسَالَةِ بِأَنَّهُ يَحْرُمُ تَأْخِيرُ الصَّلَاةِ لِرَجَاءِ الْحَيْضِ وَاخْتَلَفُوا هَلْ تَسْقُطُ عَنْهَا إذَا أَخَّرَتْهَا وَأَتَاهَا الْحَيْضُ فِي الْوَقْتِ وَهُوَ الَّذِي لِلْجُزُولِيِّ وَابْنِ عُمَرَ أَوْ يَلْزَمُهَا الْقَضَاءُ وَعَلَيْهِ الزُّهْرِيُّ وَذَهَبَ اللَّخْمِيُّ إلَى أَنَّ التَّأْخِيرَ لِرَجَاءِ الْحَيْضِ مَكْرُوهٌ فَقَطْ نَقَلَ ذَلِكَ ح عَنْهُ عِنْدَ قَوْلِهِ فِي الصَّوْمِ وَيُفْطِرُ بِسَفَرِ قَصْرٍ إلَخْ وَنَقَلَهُ أَيْضًا الْمَوَّاقُ وَحِّ فِي مَوْضِعٍ آخَرَ لَكِنْ

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