Selon l’avis réputé le plus sûr, le tayammum n’a d’autre effet que de rendre l’acte cultuel licite ; il ne lève donc pas, à proprement parler, l’état d’impureté. La question est pourtant délicate : comment la permission pourrait-elle coexister avec l’interdiction ? Pour lever cette difficulté, al-Qarâfî et d’autres ont estimé qu’il ne s’agissait que d’une divergence de formulation. Celui qui affirme que le tayammum « ne lève pas l’impureté » n’entend pas un maintien absolu de celle-ci, mais seulement « jusqu’à un certain terme », de sorte que deux contraires ne se trouvent jamais réunis : l’impureté représente l’interdiction, tandis que la permission de prier, elle, est reconnue par consensus.
Obligations matérielles du tayammum
• Essuyer l’ensemble du visage, fût-ce avec une seule main ou même un seul doigt ; la barbe, si longue soit-elle, l’arête nasale, la partie en retrait de l’œil entrent dans cette obligation, sans qu’il soit nécessaire de rechercher les plis cutanés.
• Essuyer intégralement les deux mains jusqu’aux poignets, en entrecroisant les doigts selon l’avis prépondérant ; cet entrelacement se fait avec la pulpe d’un doigt ou davantage, non avec son côté, faute de contact avec la terre.
• Ôter toute bague, même licite ou ample, car elle ferait sinon écran.
• Utiliser un sol pur (ṣaʿîd ṭâhir), sens du mot « ṭayyib » dans le verset : « … recourez à un sol pur… » (al-Mâʾida 6). Relève de ce sol ce qui affleure à la surface de la terre, telle la poussière, préférable lorsqu’elle est disponible. Transportée, elle demeure permise – l’expression « comme la poussière » vise ici l’autorisation, non la supériorité ; une autre matière terrestre non transportée lui serait alors préférable. Mêmes règles pour les terres salines, le sable et la pierre lorsqu’ils sont déplacés ; par « transport » on entend qu’un obstacle les sépare du sol.
• Relèvent également de cette matière la neige – assimilée à la terre par son aspect, bien qu’elle ne soit qu’une eau durcie – et le khiḍkhâḍ, c’est-à-dire la boue fluide.