– Il est également possible de rattacher le pronom à « prix » ; l’idée est alors qu’il n’est pas tenu d’accepter qu’on lui donne la somme nécessaire ni d’en contracter l’emprunt lorsqu’il est dépourvu de moyens dans son pays – à méditer.
– En revanche, il lui incombe de se procurer l’eau, c’est-à-dire de l’acheter, pour un tarif habituellement pratiqué et raisonnable ; cette obligation vaut lorsqu’il paie comptant, mais elle subsiste même s’il l’acquiert à crédit pour le même tarif, pourvu qu’il soit solvable dans son pays. La faculté de s’acquitter de la dette l’assimile, en effet, à celui qui détient déjà le prix.
– On en déduit que, si le prix demandé dépasse le tarif courant du lieu et de ses environs, il n’est plus obligé d’acheter – fût-ce pour un simple dirham supplémentaire ; telle est l’opinion d’Achhab et l’apparence de la Mudawwana, qui fait autorité. ʿAbd al-Haqq estime, pour sa part, qu’il reste tenu d’acheter tant que la hausse ne dépasse pas le tiers du prix ordinaire.
– Par ailleurs, même au tarif normal, s’il a un besoin pressant de cette somme pour ses dépenses de voyage, il n’est pas tenu de se procurer l’eau.
– Il lui revient de rechercher l’eau avant chaque prière lorsqu’il sait, présume fortement ou même doute qu’elle se trouve en cet endroit ; l’auteur ajoute que l’obligation demeure même s’il n’en a qu’une vague conjecture. Ibn Marzûq privilégie toutefois l’avis contraire : en cas de simple conjecture, aucune recherche n’est requise, car la présomption porte alors sur l’absence d’eau, et les jugements reposent sur l’opinion prépondérante.
– S’il est certain de l’absence d’eau, il n’a rien à chercher. Lorsqu’elle est requise, la recherche ne doit pas être pénible : on la limite à une distance inférieure à deux milles ; si elle entraîne une gêne effective, l’obligation tombe, même pour un voyageur monté. Il en va de même lorsque l’eau se trouve exactement à deux milles : l’obligation disparaît, qu’il y ait difficulté ou non.
– Le témoignage d’une personne intègre rapportant – au nom d’un groupe qu’elle a envoyé – qu’elle n’a pas trouvé d’eau est recevable.
– De même, il doit solliciter de l’eau auprès de ses compagnons de route : qu’ils soient peu nombreux (quatre ou cinq) et proches ou non, ou qu’ils constituent un noyau de quelques personnes au sein d’une caravane plus importante (une quarantaine). Cette obligation de demander ne vaut cependant que s’il ignore leur éventuelle avarice ; autrement dit, lorsqu’il pense, suppose, hésite ou imagine qu’ils accepteraient de la lui donner. S’il ne la leur demande pas et se contente du tayammum… (la suite au passage suivant).