al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Et la prière devient caduque si l’on omet d’essuyer la face supérieure du khuff et que l’on se limite à sa face inférieure ; elle ne l’est pas lorsque seule la face inférieure a été négligée : on la recommencera alors à l’intérieur du temps préféré.

Après avoir clos le chapitre consacré à la purification par l’eau, tant mineure que majeure, l’auteur passe à la purification “terrestre”, à laquelle on ne recourt qu’en cas d’absence d’eau, d’incapacité à l’utiliser, de crainte pour sa personne ou ses biens, ou de crainte de voir l’heure de la prière s’achever. Il dit donc :

Chapitre du tayammum. – Dans la langue, le terme signifie « intention » ; en droit, il désigne une purification à base de terre consistant à essuyer le visage et les mains avec une intention. Par « terre » il faut entendre toute substance du sol : pierre, poussière, etc. Ont licence de recourir au tayammum : celui qui, en voyage ou non, ne trouve pas d’eau ; celui qui est dans l’incapacité de l’utiliser – le malade au sens propre ou au sens juridique. Toute personne à qui le tayammum est permis peut l’accomplir pour la prière obligatoire, surérogatoire, pour le vendredi et pour la prière funéraire lorsqu’ils sont d’abord assignés, à l’exception du fidèle sain, présent et dépourvu d’eau : celui-ci ne se contente du tayammum que pour une obligation autre que le vendredi et la salât al-janâza qui lui incombe. Il ne priera donc avec ce tayammum ni une surérogatoire, ni une funéraire non obligatoire, sauf à titre subsidiaire. C’est à cela que renvoie la formule :

« Le malade – fût-il malade au sens juridique, tel un homme sain qui craint, par l’usage de l’eau, de tomber malade et se trouve de ce fait dans l’impossibilité de l’employer – se purifie par tayammum ; de même le voyageur, même si son déplacement n’autorise pas la prière écourtée, pourvu que ce voyage soit licite, c’est-à-dire ni prohibé ni réprouvé ; la règle vaut donc tant pour l’obligatoire que pour le recommandé. »

[Hâshiya d’ad-Dusûqî]
– L’auteur résume l’affaire et la rapporte à Bahrâm dans son Abrégé mineur ; il ouvre en affirmant que l’essuyage des faces supérieure et inférieure est à la fois obligatoire, même si, dans le texte du compilateur, le verbe « essuya » apparaît au passé. Il retient cette opinion et l’étaye par la déclaration de la Mudawwana : « Il n’est pas permis d’essuyer la face supérieure sans la face inférieure, ni la face inférieure sans la supérieure ; toutefois, s’il a essuyé la face supérieure et accompli la prière, il me plaît qu’il la répète dans le temps prescrit, car ʿUrwa b. az-Zubayr n’essuyait pas la plante de ses khuffs. »
– « … et la prière est annulée s’il délaisse la face supérieure » : notre maître précise que les côtés du khuff partagent le même statut que sa partie supérieure. L’expression « s’il délaisse la face supérieure » englobe le cas où cela se fait délibérément, par oubli, par ignorance ou par incapacité. En cas d’oubli, on se fonde sur l’ablution déjà accomplie sans condition ; dans les cas d’acte volontaire, d’incapacité ou d’ignorance, on se fonde dessus tant que l’intervalle n’a pas été long ; s’il s’avère long, on reprend les ablutions depuis le début.
– « … il la répète dans le temps préféré » : c’est-à-dire qu’il recommence la prière ; il refait aussi ses ablutions si l’omission de la face inférieure était volontaire, due à l’incapacité ou à l’ignorance et que l’intervalle a été long. S’il n’a pas tardé, il se contente d’essuyer la face inférieure seulement ; de même en cas d’oubli, qu’il ait ou non tardé.
– « … de crainte pour soi ou pour son bien… » : par exemple, l’eau se trouve à sa place habituelle et l’on est capable de l’utiliser, mais on craint, en allant la chercher, d’être tué par des bêtes féroces ou des brigands, ou que ceux-ci s’emparent de ses biens, ou encore l’on craint qu’en l’utilisant le temps de la prière en cours ne s’achève.
– « Dans la langue, il signifie l’intention » : on dit « j’ai tayammumé un tel » lorsque je me suis dirigé vers lui ; de là ces vers :
« Qui vous prend pour but, mû par le désir de vous, triomphe ;
celui que vous secourez finit toujours par l’emporter. »
– « Et par “terre” on entend… » : c’est celle à laquelle la purification a été attribuée.
– « Le malade se purifie… » : la permission ici est générale, qu’il s’agisse d’une obligation ou non.
– « … ou malade au sens juridique » : c’est l’homme sain qui, par crainte de tomber malade en utilisant l’eau, est assimilé à celui qui en est réellement incapable.
– « … et la prière funéraire qui lui incombe » est coordonné à « hors le vendredi », c’est-à-dire : excepté pour une obligation autre que le vendredi et excepté pour la janâza qui lui incombe.
– « Il ne priera pas avec ce tayammum une surérogatoire » : ni la prière du vendredi.
– « … sauf à titre subsidiaire » : rattachée à l’obligation pour laquelle il s’est purifié.
– « Le malade se purifie… » : c’est celui qui est incapable d’utiliser l’eau de peur de retarder sa guérison ou d’aggraver son mal ; n’en fait donc pas partie le diarrhéique capable d’utiliser l’eau, car celui-ci fait ses ablutions, les sécrétions qu’il émet n’étant pas invalidantes, comme vu plus haut au sujet de l’incontinence, d’accord avec la position de Ḥ, à l’encontre de qui a autorisé son tayammum.
– « … à cause de lui » : c’est-à-dire du mal ou de la crainte de sa survenue.
– « Licite » qualifie le voyage, non la maladie ; en effet, celui dont la maladie résulte d’un acte de désobéissance se purifie par tayammum tant pour l’obligatoire que pour la surérogatoire, d’un commun accord. La différence

(وَبَطَلَتْ) الصَّلَاةُ (إنْ) (تَرَكَ) مَسْحَ (أَعْلَاهُ) وَاقْتَصَرَ عَلَى مَسْحِ الْأَسْفَلِ (لَا) إنْ تَرَكَ (أَسْفَلَهُ فَفِي الْوَقْتِ) الْمُخْتَارِ يُعِيدُهَا وَلَمَّا أَنْهَى الْكَلَامَ عَلَى الطَّهَارَةِ الْمَائِيَّةِ صُغْرَى وَكُبْرَى انْتَقَلَ يَتَكَلَّمُ عَلَى الطَّهَارَةِ التُّرَابِيَّةِ الَّتِي لَا تُسْتَعْمَلُ إلَّا عِنْدَ عَدَمِ الْمَاءِ أَوْ عَدَمِ الْقُدْرَةِ عَلَى اسْتِعْمَالِهِ أَوْ خَوْفٍ عَلَى نَفْسٍ أَوْ مَالٍ أَوْ خَوْفِ خُرُوجِ وَقْتٍ فَقَالَ (فَصْلٌ) فِي التَّيَمُّمِ وَهُوَ لُغَةً الْقَصْدُ وَشَرْعًا طَهَارَةٌ تُرَابِيَّةٌ تَشْتَمِلُ عَلَى مَسْحِ الْوَجْهِ وَالْيَدَيْنِ بِنِيَّةٍ، وَالْمُرَادُ بِالتُّرَابِ جِنْسُ الْأَرْضِ فَيَشْمَلُ الْحَجَرَ وَغَيْرَهُ مِمَّا يَأْتِي وَاَلَّذِي يَسُوغُ لَهُ التَّيَمُّمُ فَاقِدُ الْمَاءِ فِي سَفَرٍ أَوْ حَضَرٍ وَفَاقِدُ الْقُدْرَةِ عَلَى اسْتِعْمَالِهِ وَهُوَ الْمَرِيضُ حَقِيقَةً أَوْ حُكْمًا وَكُلُّ مَنْ جَازَ لَهُ التَّيَمُّمُ فَيَتَيَمَّمُ لِلْفَرْضِ وَالنَّفَلِ وَلِلْجُمُعَةِ وَالْجِنَازَةِ تَعَيَّنَتْ أَوَّلًا إلَّا الصَّحِيحُ الْحَاضِرُ الْفَاقِدُ لِلْمَاءِ فَإِنَّهُ لَا يَتَيَمَّمُ إلَّا لِفَرْضٍ غَيْرِ الْجُمُعَةِ وَالْجِنَازَةِ الْمُتَعَيِّنَةِ عَلَيْهِ فَلَا يُصَلِّي بِهِ النَّفَلَ أَوْ جِنَازَةً غَيْرَ مُتَعَيِّنَةً إلَّا تَبَعًا وَإِلَى هَذَا أَشَارَ بِقَوْلِهِ [دَرَسَ] (يَتَيَمَّمُ ذُو مَرَضٍ) وَلَوْ حُكْمًا كَصَحِيحٍ خَافَ بِاسْتِعْمَالِ الْمَاءِ حُدُوثَهُ لَمْ يَقْدِرْ عَلَى اسْتِعْمَالِ الْمَاءِ بِسَبَبِهِ (وَ) ذُو (سَفَرٍ) وَإِنْ لَمْ تُقْصَرْ فِيهِ الصَّلَاةُ (أُبِيحَ) أَرَادَ بِهِ مَا قَابَلَ الْمُحَرَّمِ وَالْمَكْرُوهِ فَيَشْمَلُ الْفَرْضَ وَالْمَنْدُوبَ ــ [حاشية الدسوقي] التَّقْرِيرَ وَعَزَاهُ لِبَهْرَامَ فِي صَغِيرِهِ وَصَدَّرَ بِأَنَّ مَسْحَ كُلٍّ مِنْ الْأَعْلَى وَالْأَسْفَلِ وَاجِبٌ وَإِنْ مَسَحَ فِي كَلَامِ الْمُصَنِّفِ فِعْلٌ مَاضٍ وَاسْتَظْهَرَهُ وَاسْتَدَلَّ لَهُ بِقَوْلِ الْمُدَوَّنَةِ لَا يَجُوزُ مَسْحُ أَعْلَاهُ دُونَ أَسْفَلِهِ وَلَا أَسْفَلِهِ دُونَ أَعْلَاهُ إلَّا أَنَّهُ لَوْ مَسَحَ أَعْلَاهُ وَصَلَّى فَأَحَبُّ إلَيَّ أَنْ يُعِيدَ فِي الْوَقْتِ لِأَنَّ عُرْوَةَ بْنَ الزُّبَيْرِ كَانَ لَا يَمْسَحُ بُطُونَهُمَا (قَوْلُهُ: وَبَطَلَتْ إنْ تَرَكَ أَعْلَاهُ) وَالظَّاهِرُ أَنَّ أَجْنَابَ الْخُفِّ كَأَعْلَاهُ كَمَا قَالَ شَيْخُنَا وَقَوْلُهُ: إنْ تَرَكَ أَعْلَاهُ أَيْ عَمْدًا أَوْ نِسْيَانًا أَوْ جَهْلًا أَوْ عَجْزًا نَعَمْ لَهُ الْبِنَاءُ فِي النِّسْيَانِ مُطْلَقًا وَفِي الْعَمْدِ وَالْعَجْزِ وَالْجَهْلِ إذَا لَمْ يُطِلْ فَإِنْ طَالَ ابْتَدَأَ الْوُضُوءَ مِنْ أَوَّلِهِ (قَوْلُهُ: فَفِي الْوَقْتِ الْمُخْتَارِ يُعِيدُهَا) أَيْ الصَّلَاةَ وَيُعِيدُ الْوُضُوءَ أَيْضًا إنْ كَانَ تَرْكُهُ الْأَسْفَلَ عَمْدًا أَوَعَجْزًا أَوْ جَهْلًا وَطَالَ فَإِنْ لَمْ يَطُلْ مَسَحَ الْأَسْفَلَ فَقَطْ وَكَذَا إنْ كَانَ سَهْوًا طَالَ أَوْ لَا [فَصْلٌ فِي التَّيَمُّمِ] . (فَصْلٌ فِي التَّيَمُّمِ) (قَوْلُهُ: أَوْ خَوْفٌ عَلَى نَفْسٍ أَوْ مَالٍ إلَخْ) أَيْ كَمَا لَوْ كَانَ الْمَاءُ مَوْجُودًا فِي مَحَلِّهِ وَقَادِرًا عَلَى اسْتِعْمَالِهِ لَكِنَّهُ خَافَ بِطَلَبِهِ هَلَاكَ نَفْسِهِ مِنْ السِّبَاعِ أَوْ اللُّصُوصِ أَوْ أَخْذَ اللُّصُوصِ لِمَالِهِ أَوْ خَافَ بِاسْتِعْمَالِهِ خُرُوجَ الْوَقْتِ الَّذِي هُوَ فِيهِ (قَوْلُهُ: وَهُوَ لُغَةً الْقَصْدُ) أَيْ فَيُقَالُ يَمَّمْت فُلَانًا إذَا قَصَدْته وَمِنْهُ مَنْ أَمَّكُمْ لِرَغْبَةِ فِيكُمْ ظَفِرَ ... وَمَنْ تَكُونُوا نَاصِرِيهِ يَنْتَصِرْ (قَوْلُهُ: وَالْمُرَادُ بِالتُّرَابِ) أَيْ الَّذِي نُسِبَتْ لَهُ الطَّهَارَةُ (قَوْلُهُ: يَتَيَمَّمُ ذُو مَرَضٍ) أَيْ أَذِنَ لَهُ فِيهِ أَعَمُّ مِنْ كَوْنِهِ عَلَى جِهَةِ الْوُجُوبِ أَوْ غَيْرِهِ (قَوْلُهُ: أَوْ حُكْمًا) أَيْ وَهُوَ الصَّحِيحُ الَّذِي خَافَ بِاسْتِعْمَالِهِ حُدُوثَ مَرَضٍ فَهُوَ بِسَبَبِ خَوْفِهِ الْمَذْكُورِ فِي حُكْمِ غَيْرِ الْقَادِرِ عَلَى اسْتِعْمَالِهِ (قَوْلُهُ: وَالْجِنَازَةُ الْمُتَعَيِّنَةُ عَلَيْهِ) عَطْفٌ عَلَى قَوْلِهِ لِفَرْضٍ غَيْرِ الْجُمُعَةِ أَيْ إلَّا لِفَرْضٍ غَيْرِ الْجُمُعَةِ وَإِلَّا لِلْجِنَازَةِ الْمُتَعَيِّنَةِ عَلَيْهِ (قَوْلُهُ: فَلَا يُصَلِّي بِهِ النَّفَلَ) أَيْ وَلَا فَرْضَ الْجُمُعَةِ (قَوْلُهُ: إلَّا تَبَعًا) أَيْ لِلْفَرْضِ الَّذِي تَيَمَّمَ لَهُ (قَوْلُهُ: يَتَيَمَّمُ ذُو مَرَضٍ) أَيْ عَاجِزٌ عَنْ اسْتِعْمَالِ الْمَاءِ لِخَوْفِهِ تَأْخِيرَ بُرْئِهِ أَوْ زِيَادَةِ مَرَضِهِ وَحِينَئِذٍ فَلَيْسَ مِنْهُ الْمَبْطُونُ الْمُنْطَلِقُ الْبَطْنِ الْقَادِرُ عَلَى اسْتِعْمَالِ الْمَاءِ لِأَنَّ هَذَا يَتَوَضَّأُ وَمَا خَرَجَ مِنْهُ غَيْرُ نَاقِضٍ كَمَا مَرَّ فِي السَّلَسِ وِفَاقًا لح خِلَافًا لِمَنْ قَالَ إنَّهُ يَتَيَمَّمُ اُنْظُرْ بْن (قَوْلُهُ: بِسَبَبِهِ) أَيْ بِسَبَبِ الْمَرَضِ أَوْ خَوْفِهِ حُدُوثَ الْمَرَضِ (قَوْلُهُ: أُبِيحَ) صِفَةٌ لِسَفَرٍ لَا أَنَّهُ رَاجِعٌ لِمَرَضٍ أَيْضًا لِأَنَّ مَنْ كَانَ مَرَضُهُ مِنْ مَعْصِيَةٍ يَتَيَمَّمُ لِلْفَرْضِ وَالنَّفَلِ اتِّفَاقًا وَالْفَرْقُ بَيْنَهُ

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