Non, si l’on n’a eu pour intention que d’ôter la saleté ; mais s’il n’a nourri aucune intention, je penche pour la validité.
Il est réprouvé de répéter l’essuyage, car cela contredit la Sunna. Ainsi, si la main de celui qui essuie sèche au cours de l’opération, il ne la remouille pas pour le membre déjà traité ; il ne la remouille que pour ce qu’il lui reste à essuyer, le cas échéant.
Il est de même blâmé de rechercher les plis et ridules du khuff, l’essuyage reposant sur la facilité.
L’effet de l’essuyage cesse dès qu’un grand bain (ghusl) devient obligatoire ; même si la personne ne s’est pas encore lavée, elle ne pourra plus essuyer lorsqu’elle fera ses ablutions pour dormir alors qu’elle est en état majeur d’impureté. L’auteur eût été plus clair en disant : « lorsqu’apparaît un motif imposant le ghusl ».
L’essuyage s’invalide également lorsque le khuff est largement déchiré – pour un tiers du pied ou davantage, même en cas d’hésitation. Si ce large accroc survient alors que l’intéressé est encore en état de pureté après avoir essuyé, il doit sans délai retirer le khuff, laver ses pieds et ne pas reprendre l’ablution ; s’il se trouve en prière, il l’interrompt. Cette règle ne répète pas ce qui précède au sujet de la déchirure d’un tiers : l’autre portait sur l’initialisation de l’essuyage, celle-ci sur sa continuation.
L’essuyage devient en outre caduc lorsqu’on retire la majeure partie du pied d’une jambe jusque dans la tige du khuff – partie couvrant la jambe au-dessus des malléoles – de telle sorte que l’essentiel du pied se trouve dans la tige ; a fortiori lorsque tout le pied y pénètre, comme l’affirme la Mudawwana. Selon l’opinion retenue, toutefois, enlever la majeure partie du pied ne l’invalide pas ; il ne s’annule que si l’on retire tout le pied dans la tige, contre ceux qui assimilent la plus grande partie au tout et que l’auteur suit ici.
Il ne s’annule pas par le seul retrait du talon dans la tige du khuff.
Si, après avoir essuyé, on ôte les deux khuffs à la fois pour les essuyer de nouveau ; ou si l’on porte deux paires superposées et que l’on retire la paire supérieure après essuyage ; ou encore si l’on enlève l’un des deux khuffs, qu’il soit unique ou qu’il fasse partie de la paire supérieure – dans chacun de ces quatre cas, on doit aussitôt revenir aux pieds nus : on lave les deux pieds dans le premier cas, et de même dans le troisième, car il faut alors retirer l’autre khuff et laver les deux pieds, afin de ne pas cumuler lavage et essuyage, ce qui n’est pas permis.
[Hâshiya d’ad-Dusûqî]
– Il suffit que l’intention vise la levée de l’impureté ; même si l’on y joint celle d’enlever la saleté, l’intention d’ablution demeure efficace.
– « Non, s’il a seulement voulu ôter la saleté » : en ce cas, l’essuyage ne suffit pas, pas plus qu’il ne serait valide de prier en khuff après un tel essuyage en se disant : « Lorsque la prière viendra, je les retirerai et laverai mes pieds. » En revanche, s’il entend, au moment de l’essuyage, les retirer après avoir prié, cela ne nuit pas.
– « Il est réprouvé de répéter l’essuyage » : le pronom se rapporte à l’essuyage, non au khuff. La réprobation concerne une répétition dans la même séance, non à des moments distincts ; elle n’entre donc pas en conflit avec la recommandation de retirer le khuff chaque vendredi. On ne parle de réprobation que lorsqu’on emploie une eau nouvelle ; sinon, elle disparaît.
– « Il ne remouille pas pour le membre » : c’est-à-dire pour le pied dont l’essuyage est achevé malgré le dessèchement de la main.
[Causes d’annulation de l’essuyage]
– « Son effet a cessé » : il ne s’agit pas d’annuler l’essuyage lui-même – ce qui impliquerait la nullité des prières déjà accomplies –, mais de faire cesser la faculté de prier en l’état.
– « Par un ghusl devenu obligatoire » : l’auteur semble dire que l’essuyage ne s’annule que par le ghusl effectivement accompli, non par la seule survenance de sa cause (rapport intime, éjaculation, menstrues, lochies). Il faut comprendre : « par la survenance d’un motif imposant le ghusl ». Il s’ensuit qu’on ne peut essuyer pour des ablutions de sommeil alors qu’on est junub.
– « Environ un tiers du pied » : selon Ibn Bashîr ; ou « de la dimension du pied » selon la Mudawwana ; pour les Irakiens, est « important » tout accroc empêchant une marche durable.
– « Il doit aussitôt le retirer et laver ses pieds » : car une déchirure importante invalide l’essuyage sans annuler la pureté. S’il tarde par oubli ou incapacité, il poursuit et lave simplement les pieds ; s’il tarde volontairement, il poursuit tant que l’intervalle n’est pas excessif, faute de quoi il recommence l’ablution.
– « Il rompt sa prière » : il se hâte alors de retirer le khuff, lave ses pieds et reprend la prière dès le début.
– « Et l’essuyage devient caduc » : mais non la pureté, lorsque l’on retire la majeure partie du pied dans la tige du khuff. En pareil cas, on se dépêche de l’ôter, lave les pieds et ne reprend pas l’ablution, sauf si l’on tarde volontairement.
– « C’est la tige du khuff » : à savoir la partie couvrant la jambe ; l’expression « au-dessus des malléoles » précise ce qu’est la jambe.
– « A fortiori tout le pied » : d’autant plus si le pied entier pénètre dans la tige.
– « Comme le texte de la Mudawwana » : celle-ci dit que l’essuyage s’annule par le retrait de tout le pied dans la tige. Al-Jallâb ajoute : « la majeure partie vaut le tout ». Pour certains, c’est une opinion opposée à la Mudawwana ; pour d’autres, une explication de son propos.
– « Il ne s’annule que si l’on retire tout le pied » : car c’est l’énoncé explicite de la Mudawwana, confirmé par Ibn ‘Arafa.
– « Contrairement à celui qui a procédé par analogie » : il s’agit d’al-Jallâb.
– « Non le talon » : la coordination porte sur « la majeure partie du pied », non sur « pied » ; il n’y a donc pas invalidation si l’on retire seulement le talon.
– « En dehors des verbes de cœur » : lapsus à supprimer, car deux duels successifs sont lourds en toute occurrence.
– « Dans le premier cas » : lorsqu’il ôte les deux khuffs après essuyage.
– « De même dans le troisième » : lorsqu’il retire l’un des deux khuffs après essuyage.
– « Il doit plutôt retirer… » : la conjonction « fa » rattache la phrase.
– « Afin de ne pas réunir… » : il ne lave pas un pied tout en essuyant l’autre, car on ne peut mêler lavage et essuyage.