avec l’intention de lever l’état de janâba ; on ne recommande donc pas la triple répétition, qui est même jugée répréhensible.
– « Sa partie haute » : il est recommandé de commencer par le haut avant le bas ;
– « son côté droit » : il est recommandé de commencer par la droite avant la gauche ;
– « tripler la tête » : c’est-à-dire la laver avec trois poignées d’eau qui la recouvrent à chaque fois ; la première est l’obligatoire.
Description complète du ghusl : on commence par laver ses mains jusqu’aux poignets trois fois, en disant « bismi Llâh » et en visant la sunna. On élimine ensuite toute souillure : on lave le sexe, les testicules et l’anus, en formulant l’intention de lever l’impureté majeure. Viennent ensuite le rinçage de la bouche, l’aspiration d’eau par le nez – toujours avec l’intention de la sunna –, puis le lavage du visage, des mains jusqu’aux coudes, l’essuyage de la tête et de l’orifice des oreilles, et enfin le lavage des deux pieds, une fois chacun, en ayant à l’esprit que cette ablution vise la janâba, puisqu’elle fait partie du ghusl tout en revêtant la forme d’un wudûʾ ; les membres du wudûʾ sont cités en premier du fait de leur noblesse.
On entrelace alors les orteils – ici de façon obligatoire –, puis on passe les doigts à la racine des cheveux, sans eau mais avec une légère humidité, par recommandation, afin de fermer les pores du cuir chevelu. On verse ensuite sur la tête trois fois de l’eau qui la couvre entièrement à chaque versement ; on lave les oreilles comme indiqué plus haut, puis le cou.
On répand l’eau sur le flanc droit : on lave le bras jusqu’au coude, on nettoie l’aisselle, et l’on poursuit jusqu’à la cheville – et non jusqu’au genou comme certains l’ont prétendu. Il n’est pas exigé de laver le bas avant le haut, car tout le flanc est assimilé à un seul membre ; sinon on pourrait leur rétorquer : pourquoi s’arrêter au genou et non à la cuisse, puis passer de l’épaule gauche à la cuisse, etc., alors qu’aucun ḥadith ne l’étaye ?
On lave ensuite le flanc gauche de la même manière. Une fois chaque côté lavé, on en lave l’avant et l’arrière pour éviter d’avoir ensuite à laver séparément le dos et le ventre ; en cas de doute, on les relave. Il n’est obligatoire de laver la zone dont on doute que si l’on n’est pas atteint d’obsessions ; sinon on doit s’en abstenir. Le simple passage d’une main ou d’un tissu sur le membre suffit pour le frottement requis ; il ne convient ni de recommencer ni de frotter avec dureté, car ce serait de l’excès en religion.
– « et la réduction de la quantité d’eau, sans seuil fixe » : il ne s’agit pas de se limiter à un sâʿ ; la mesure varie selon les personnes et leurs besoins.
L’auteur place ensuite, parmi les actes recommandés, le fait de « laver le sexe d’une personne en état de janâba » après un rapport non suivi de ghusl ; il est recommandé, s’il désire reprendre les rapports, de laver à nouveau son sexe – que ce soit avec la même partenaire ou une autre –, car cela ôte l’impureté et redonne vigueur à l’organe. Il est également recommandé, pour l’homme comme pour la femme en état de janâba, d’accomplir les ablutions.
[Annotation d’ad-Dusûqî]
Ce hadith est rapporté avec des chaînes authentiques par an-Nassâʾî et al-Bayhaqî, d’après Abû Salama, selon ʿÂʾisha : elle y décrit le ghusl du Messager d’Allâh — paix et bénédiction sur lui — après la janâba, précisant qu’il se rinça la bouche trois fois, inspira l’eau par le nez trois fois, lava son visage trois fois, ses mains trois fois, puis versa sur sa tête l’eau à trois reprises.
Ainsi, l’opinion retenue par l’auteur se trouve réfutée dans l’abrégé d’al-Juzûlî : c’est la triple répétition qu’a adoptée Abû Muḥammad Ṣâliḥ et sur laquelle il s’est appuyé ; voir Ibn …
– Sur l’expression « lever l’état majeur » : elle signifie que l’acte se fait en étant accompagné de l’intention de lever la janâba, c’est-à-dire lorsqu’on ne l’a pas formulée en lavant le sexe ; sinon, il n’y a pas lieu de la renouveler. L’intention peut aussi viser la simple ablution ou la levée de l’état mineur ; spécifier la janâba sur les membres du wudûʾ n’est pas indispensable. Ibn ʿArafa, citant al-Lakhmî, dit : si l’on vise par ce lavage la seule ablution, cela suffit ; la parole du maître, plus loin, le confirme : « et le lavage du wudûʾ tient lieu du lavage de son endroit ».
[Description du ghusl]
– « qu’il commence par laver ses mains » : il s’agit du véritable début.
– « qu’il ôte la souillure » : c’est-à-dire ce qui se trouve sur son corps.
– « en visant par cette ablution la janâba » : si, en enlevant la souillure, il n’a pas déjà formulé l’intention ; sinon, il n’a pas à recommencer, comme on l’a vu.
– « sans eau » : c’est-à-dire avec une légère humidité.
– « jusqu’à la cheville, etc. » : l’opinion voulant que tout le côté droit, haut et bas, précède en bloc le côté gauche est celle de Shaykh Aḥmad az-Zarqânî et de Zarrûq. D’autres textes laissent plutôt entendre que le haut — droite et gauche — précède le bas — droite et gauche. Ibn Jamâʿa l’affirme explicitement, suivi par Ibn ʿÂshir : « Le haut et le bas se disputant la priorité, le haut du côté gauche est en concurrence avec le bas du côté droit ; certains ont donc prescrit de commencer par le haut en donnant à l’intérieur de chaque partie la priorité au côté droit, puis de passer au bas en y donnant encore la priorité au côté droit. »
En résumé, après avoir lavé la tête, on lave le haut du côté droit (avant, arrière, flanc) jusqu’aux genoux, puis le haut du côté gauche, ensuite le bas du côté droit, puis le bas du côté gauche. Les termes de l’auteur se prêtent aux deux méthodes : si le pronom de « sa partie haute » renvoie au côté lavé et celui de « ses droites » à la personne, le sens rejoint la méthode d’az-Zarqânî ; s’ils renvoient respectivement à la personne et au haut comme au bas, il rejoint l’autre méthode, que notre maître a retenue.
– « puis il lave le côté gauche de la même manière » : jusqu’à la cheville ; c’est la suite de la description que le commentateur a choisie.
– « afin qu’il n’ait plus besoin » : c’est-à-dire après avoir lavé les deux flancs.
– « s’il doute de cela » : à savoir d’avoir lavé le dos et le ventre en même temps que les flancs.
– « et la réduction de l’eau » : il est recommandé de diminuer l’eau appliquée sur chaque membre, de sorte qu’on ne dépasse pas un sâʿ.
– « il est recommandé, lorsqu’il veut reprendre un rapport… » : autrement dit, celui qui a eu un rapport sans se laver est invité à laver son sexe s’il compte reprendre un rapport.
En somme, quiconque a eu un rapport et ne s’est pas encore purifié est invité à laver son sexe s’il entend renouveler l’acte, que ce soit avec la première partenaire ou avec une autre.
– « ou une autre » : certains limitent cette recommandation au cas où l’on souhaite reprendre le rapport avec la même épouse.