Il faut également que l’organe originel soit sensible.
L’auteur ouvre ensuite le chapitre des facteurs qui n’entrent ni dans la catégorie d’un état d’impureté (ḥadath) ni dans celle d’une cause (sabab) ; ils sont au nombre de deux :
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Le premier est celui qu’il a signalé par une simple coordination, en reprenant le verbe régissant : « et l’ablution est annulée par l’apostasie », fût-elle commise – selon toute apparence – par un enfant. Quant au grand lavage rituel (ghusl) accompli avant l’apostasie, deux avis s’opposent quant à sa nullité ; chacun a été donné comme prépondérant, mais notre maître a retenu l’opinion qui affirme son annulation.
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Le second est indiqué par la formule : « et l’ablution est annulée par le doute », c’est-à-dire par une hésitation véritablement équilibrée – ou, à plus forte raison, par une forte présomption – à la différence d’un simple soupçon (wahm), concernant la survenue d’un état d’impureté, donc d’un facteur de rupture.
[Ḥâshiya de ad-Dusûqî]
Cependant, cet organe surnuméraire ne fonctionne pas réellement comme ses “frères” ; il n’y a donc pas rupture.
« Il faut également que l’organe originel soit sensible » : même s’il n’égale pas ses homologues dans la faculté d’action, le critère, pour l’organe originel, est la sensation ; pour l’organe surnuméraire, les deux conditions – sensation et fonctionnalité – sont requises conjointement.
« Et l’ablution est annulée par l’apostasie » : tel est l’avis retenu, suivi par Yaḥyâ ibn ʿUmar. Mûsâ ibn Muʿâwiya rapporte d’Ibn al-Qâsim qu’il n’est, en ce cas, que recommandé de renouveler les ablutions.
« Même de la part d’un enfant, selon toute apparence » : parce que son apostasie est jugée valable ; Khash l’a clairement affirmé dans son Kabîr.
« Quant à son effet sur le ghusl » : deux positions, l’une – celle d’Ibn al-ʿArabî, privilégiée par Bahrâm dans son Ṣaghîr – prononce la nullité ; l’autre – d’Ibn Jamâʿa, apparemment préférée par Ḥ et suivie par ʿAj – estime que le ghusl n’est pas annulé. Leur argument : lorsque les œuvres sont « anéanties » par l’apostasie, il ne s’agit que de la perte de leur récompense, non de leur validité intrinsèque. C’est pourquoi l’on n’exige pas de rattraper les prières ou les jeûnes accomplis avant l’apostasie ; il en va de même du ghusl : même si sa récompense est perdue, il n’a pas à être répété. Seules les ablutions deviennent obligatoires, parce que le repenti se trouve, à cet instant, dans la situation de celui qui vient d’atteindre la puberté : il doit les renouveler pour l’intention de la prière. Le ghusl, en revanche, n’est imposé qu’à la survenue d’une de ses causes.
L’argument du premier avis est que l’apostasie annule l’acte lui-même ; dès lors, celui qui apostasie retourne à l’état d’impureté – mineure ou majeure – qui le précédait.
« Notre maître a retenu l’annulation » : on ne dira pas que les juristes n’ont pas rangé l’apostasie parmi les motifs du ghusl ; s’ils se sont limités aux quatre causes exposées plus loin, c’est qu’ils suivaient les cas les plus fréquents.
« Et l’ablution est annulée par un doute quant à un ḥadath après une pureté avérée » : c’est l’avis le plus connu de l’école. D’aucuns soutiennent qu’il n’y a pas annulation ; il est seulement recommandé de refaire les ablutions, par considération pour ceux qui l’exigent. Le premier avis considère que la responsabilité reste engagée et ne se libère que par une certitude ; le second invoque la présomption de continuité de l’état antérieur, qui ne disparaît que par preuve certaine.
Ibn ʿArafa dit : celui qui réfléchit verra que le doute portant sur le ḥadath est un doute relatif à un empêchement, non à une condition ; or, ce que l’on met en doute ici est le ḥadath, et non l’ablution ; la règle veut donc que l’on écarte ce doute. Le doute sur un empêchement n’a pas d’effet, car le principe est le maintien de la situation antérieure et l’absence de survenue dudit empêchement ; tandis que le doute touchant une condition entraîne la nullité, la responsabilité ne se libérant que par certitude.
On lui a répondu que dire : « le doute porte sur le ḥadath, non sur l’ablution » n’est pas exact ; car douter d’un des deux contradictoires implique de douter de l’autre : qui hésite sur la présence de Zayd dans la maison doute nécessairement de son absence.