al-Sharḥ al-Kabīr wa-Ḥāshiyat al-DusūqīMohamed Ibn Ahmad al-Dusuqi

Autrement dit : il s’agit de vider et d’expulser (ses deux impuretés), c’est-à-dire l’urine et les excréments, tout en procédant au selt du sexe : on le tient à sa racine entre l’index et le pouce, par exemple, puis on fait glisser ces deux doigts jusqu’à l’extrémité du gland. On y ajoute le natr – terme écrit avec un ث surmonté de deux points, non vocalisé –, c’est-à-dire qu’on le tire légèrement pour faire sortir ce qui pourrait rester. Il est recommandé que selt et natr soient accomplis en douceur, sans force ; car le sexe ressemble à une mamelle : plus on le presse vigoureusement, plus il émet d’humidité. Une pression excessive relâche en outre les vaisseaux et nuit à la vessie, réceptacle de l’urine. On continue jusqu’à être raisonnablement sûr que la matière a cessé – trois fois, moins ou plus. Il convient aussi d’abréger la durée de ces manœuvres et de ne pas céder aux soupçons, car cela conduit l’obsession à s’implanter dans le cœur, ce qui nuit à la religion – qu’Allāh nous en préserve !

Il est en outre recommandé, pour celui qui pratique l’istinjāʾ, de joindre l’eau à la pierre – ou tout ce qui en tient lieu parmi les matières autorisées pour l’istijmār, comme on le verra –, afin d’ôter toute trace visible.

— Ḥâshiya de ad-Dusūqī —

Les deux lettres sīn et tāʾ peuvent exprimer la recherche ou être de simples augmentatives ; on peut aussi admettre qu’elles désignent la recherche dans le premier terme et qu’elles soient redondantes dans le second. Si, dans les deux vocables, elles marquent la recherche, ou si elles sont toutes deux redondantes, la préposition bāʾ relèvera alors de la représentation, car chercher l’acquittement revient à vouloir vider et expulser les deux impuretés, et l’acquittement lui-même est cette expulsion ; on ne saurait donc y voir la marque d’un instrument ou d’une cause, l’instrument différant de l’objet sur lequel on s’en sert, et la cause de l’effet, alors qu’ici pureté et expulsion ne font qu’un, de même que leur recherche.

Si, en revanche, l’on considère que la sīn et la tāʾ de « istibrāʾ » expriment la recherche, tandis que, dans « istifrāgh », elles sont redondantes, la bāʾ signifiera alors soit la causalité, soit l’instrumentalité ; autrement dit : « Il devient obligatoire de rechercher la pureté en vidant les deux orifices de leurs impuretés. » Certains commentateurs attribuent à cette bāʾ la valeur de représentation, d’autres celle de cause ou d’instrument ; toutes ces lectures sont recevables selon la perspective que nous venons d’exposer.

« C’est-à-dire : vider et expulser ses deux impuretés » : des deux orifices. Si quelqu’un faisait ses ablutions alors que l’urine est encore dans l’urètre ou que les selles demeurent à l’intérieur de l’anus, son ablution serait nulle, car la validité de celle-ci requiert l’absence de toute contradiction. L’istibrāʾ est donc exigé pour lever l’état de minorité rituelle, non pour ôter la souillure ; il n’entre dès lors pas dans la divergence relative à l’élimination de la najāsa, comme l’a établi notre maître.

« avec le selt du sexe » : se rattache à « il devient obligatoire », autrement dit : ce qui précède est obligatoire conjointement au selt et au natr du sexe, ce qui en indique le caractère obligatoire pour l’homme.

Pour la femme, elle pose sa main sur sa vulve ; cela tient lieu de selt et de natr. L’hermaphrodite, par précaution, fera ce que font l’homme et la femme. La mention du selt du sexe, etc., ne concerne que l’urine ; pour les selles, il suffit de sentir qu’il ne reste rien prêt à sortir, et il n’est pas tenu de laver l’intérieur de l’orifice ; ce serait en effet assimilé à la sodomie et, partant, interdit.

« par exemple » : l’auteur indique que le selt ne se limite pas forcément à l’index et au pouce, même si ces deux doigts sont préférables, car plus efficaces pour l’évacuation.

« puis il les fait glisser » : depuis la racine du sexe.

« c’est-à-dire : le tirer » ; or le tirage est le mouvement même du selt. Il eût été meilleur de dire : « le déplacer de droite à gauche, de haut en bas. » Sache que, pour les linguistes, le natr désigne un mouvement léger ; qualifier le natr de « léger » ne fait donc que dévoiler ce qui est déjà contenu dans son sens.

« car il » : c’est-à-dire le sexe, « est comparable à une mamelle ».

« plus il délivre d’humidité » : ce qui empêche la purification.

« et la vigueur de cette pression » – à savoir du selt –

« nuit à la vessie » : elle la relâche au point qu’elle ne retient plus l’urine ; dès qu’un peu s’y forme, il en coule.

« jusqu’à être raisonnablement sûr, etc. » : cette clause précise la limite des mots de l’auteur « avec selt du sexe et natr ». Il en ressort que l’essentiel est d’atteindre la conviction que la matière a cessé ; dès lors, le séchage n’est pas requis. Si quelqu’un attend un laps de temps suffisant pour être convaincu qu’il ne reste rien que le selt puisse faire sortir, cela suffit, même sans selt.

« et qu’il ne suive pas les suppositions » : c’est-à-dire qu’une fois convaincu de la cessation de la matière, il cesse selt et natr et ne s’attache pas à l’idée, purement conjecturale, qu’il pourrait en rester. Ce dont il douterait après l’istibrāʾ – comme une petite goutte – est pardonné. S’il vérifie et la voit, elle est alors soumise aux règles de l’impureté rituelle et matérielle : elle annule les ablutions si elle n’apparaît pas la majeure partie du temps, et il faut la laver sauf si elle survient quotidiennement.

« parmi tout ce qui peut servir à l’istijmār » : à condition de s’en contenter, qu’il s’agisse d’une matière sèche, pure, nettoyante, non nuisible et non respectée. Quant à ce qui ne

أَيْ إفْرَاغِ وَإِخْرَاجِ (أَخْبَثَيْهِ) هُمَا الْبَوْلُ وَالْغَائِطُ (مَعَ سَلْتِ ذَكَرٍ) مَاسِكًا لَهُ مِنْ أَصْلِهِ بِأُصْبُعَيْهِ السَّبَّابَةِ وَالْإِبْهَامِ مَثَلًا يُمِرُّهُمَا لِرَأْسِ الْكَمَرَةِ (وَنَتْرٍ) بِمُثَنَّاةٍ فَوْقِيَّةٍ سَاكِنَةٍ أَيْ جَذْبِهِ لِيُخْرِجَ مَا بَقِيَ فِيهِ (خَفَّا) أَيْ السَّلْتُ وَالنَّتْرُ أَيْ يُنْدَبُ أَنْ يَكُونَ كُلٌّ مِنْهُمَا خَفِيفًا لَا بِقُوَّةٍ لِأَنَّهُ كَالضَّرْعِ كُلَّمَا سُلِتَ بِقُوَّةٍ أَعْطَى النَّدَاوَةَ وَلِأَنَّ قُوَّةَ ذَلِكَ تُوجِبُ اسْتِرْخَاءَ الْعُرُوقِ وَيَضُرُّ بِالْمَثَانَةِ أَيْ مُسْتَقَرِّ الْبَوْلِ إلَى أَنْ يَغْلِبَ عَلَى الظَّنِّ انْقِطَاعُ الْمَادَّةِ ثَلَاثًا أَوْ أَقَلَّ أَوْ أَكْثَرَ وَيَنْبَغِي أَنْ يُخَفِّفَ زَمَنَهُمَا أَيْضًا وَلَا يَتْبَعْ الْأَوْهَامَ، فَإِنَّهُ يُؤَدِّي إلَى تَمَكُّنِ الْوَسْوَسَةِ مِنْ الْقَلْبِ وَهِيَ تَضُرُّ بِالدِّينِ وَالْعِيَاذُ بِاَللَّهِ تَعَالَى (وَنُدِبَ) لِلْمُسْتَنْجِي (جَمْعُ مَاءٍ وَحَجَرٍ) وَمَا فِي مَعْنَاهُ مِنْ كُلِّ مَا يَجُوزُ الِاسْتِجْمَارُ بِهِ مِمَّا يَأْتِي لِإِزَالَتِهِمَا الْعَيْنَ ــ [حاشية الدسوقي] أَنْ يَكُونَا لِلطَّلَبِ وَأَنْ تَكُونَا زَائِدَتَيْنِ وَيَحْتَمِلُ أَنْ تَكُونَا لِلطَّلَبِ فِي الْأَوَّلِ وَزَائِدَتَيْنِ فِي الثَّانِي، فَإِنْ كَانَتَا لِلطَّلَبِ فِيهِمَا أَوْ زَائِدَتَيْنِ فِيهِمَا كَانَتْ الْبَاءُ لِلتَّصْوِيرِ؛ لِأَنَّ طَلَبَ الْبَرَاءَةِ هُوَ طَلَبُ الْإِفْرَاغِ وَالْإِخْرَاجِ لِلْأَخْبَثَيْنِ وَكَذَلِكَ الْبَرَاءَةُ هِيَ إخْرَاجُ الْأَخْبَثَيْنِ وَلَا يَصِحُّ جَعْلُهَا حِينَئِذٍ لِلِاسْتِعَانَةِ وَلَا لِلسَّبَبِيَّةِ؛ لِأَنَّ الْمُسْتَعَانَ بِهِ غَيْرُ الْمُسْتَعَانِ عَلَيْهِ وَالسَّبَبَ غَيْرُ الْمُسَبَّبِ، وَهُنَا الْبَرَاءَةُ وَإِخْرَاجُ الْأَخْبَثَيْنِ شَيْءٌ وَاحِدٌ وَكَذَا طَلَبُهُمَا. وَأَمَّا إنْ جَعَلْنَا السِّينَ وَالتَّاءَ فِي الِاسْتِبْرَاءِ لِلطَّلَبِ وَفِي الِاسْتِفْرَاغِ زَائِدَتَيْنِ كَانَتْ الْبَاءُ لِلسَّبَبِيَّةِ أَوْ لِلِاسْتِعَانَةِ أَيْ وَوَجَبَ طَلَبُ الْبَرَاءَةِ بِتَفْرِيغِ الْمَحَلَّيْنِ مِنْ الْأَخْبَثَيْنِ وَبَعْضُ الشُّرَّاحِ جَعَلَ الْبَاءَ فِي كَلَامِ الْمُصَنِّفِ لِلتَّصْوِيرِ وَبَعْضُهُمْ جَعَلَهَا لِلسَّبَبِيَّةِ أَوْ الِاسْتِعَانَةِ وَكُلٌّ صَحِيحٌ نَظَرًا لِمَا قُلْنَا (قَوْلُهُ: أَيْ إفْرَاغُ وَإِخْرَاجُ أَخْبَثَيْهِ) أَيْ مِنْ مَخْرَجَيْهِمَا، فَلَوْ تَوَضَّأَ وَالْبَوْلُ فِي قَصَبَةِ الذَّكَرِ أَوْ الْغَائِطُ فِي دَاخِلِ فَمِ الدُّبُرِ كَانَ الْوُضُوءُ بَاطِلًا؛ لِأَنَّ شَرْطَ صِحَّةِ الْوُضُوءِ كَمَا مَرَّ عَدَمُ حُصُولِ الْمُنَافِي فَالِاسْتِبْرَاءُ مَطْلُوبٌ لِأَجْلِ إزَالَةِ الْحَدَثِ لَا لِأَجْلِ إزَالَةِ الْخَبَثِ فَلَا يَجْرِي فِيهِ الْخِلَافُ الَّذِي فِي إزَالَةِ النَّجَاسَةِ كَمَا قَرَّرَ شَيْخُنَا (قَوْلُهُ: مَعَ سَلْتِ ذَكَرٍ) مُتَعَلِّقٌ بِوَجَبَ أَيْ وَجَبَ مَا ذُكِرَ مَعَ سَلْتِ ذَكَرِهِ وَنَتْرِهِ وَفِيهِ إشَارَةٌ إلَى وُجُوبِهِمَا وَهَذَا فِي حَقِّ الرَّجُلِ. وَأَمَّا فِي حَقِّ الْمَرْأَةِ، فَإِنَّهَا تَضَعُ يَدَهَا عَلَى عَانَتِهَا وَيَقُومُ ذَلِكَ مَقَامَ السَّلْتِ وَالنَّتْرِ، وَأَمَّا الْخُنْثَى فَيَفْعَلُ مَا يَفْعَلُهُ الرَّجُلُ وَالْمَرْأَةُ احْتِيَاطًا وَقَوْلُهُ مَعَ سَلْتِ ذَكَرٍ إلَخْ هَذَا خَاصٌّ بِالْبَوْلِ، وَأَمَّا الْغَائِطُ فَيَكْفِي فِي تَفْرِيغِ الْمَحَلِّ مِنْهُ الْإِحْسَاسُ بِأَنَّهُ لَمْ يَبْقَ شَيْءٌ مِمَّا هُوَ بِصَدَدِ الْخُرُوجِ وَلَيْسَ عَلَيْهِ غَسْلُ مَا بَطَنَ مِنْ الْمَخْرَجِ بَلْ يَحْرُمُ لِشِبْهِ ذَلِكَ بِاللِّوَاطِ (قَوْلُهُ: مَثَلًا) أَشَارَ إلَى أَنَّ السَّلْتَ لَا يَتَوَقَّفُ عَلَى خُصُوصِ السَّبَّابَةِ وَالْإِبْهَامِ نَعَمْ هُمَا أَوْلَى؛ لِأَنَّهُمَا أَعْوَنُ عَلَى الْإِفْرَاغِ مِنْ غَيْرِهِمَا (قَوْلُهُ: ثُمَّ يُمِرُّهُمَا) أَيْ مِنْ أَصْلِ الذَّكَرِ (قَوْلُهُ: أَيْ جَذْبِهِ) فِيهِ أَنَّ الْجَذْبَ هُوَ السَّحْبُ الَّذِي هُوَ السَّلْتُ وَالْأَوْلَى أَنْ يَقُولَ أَيْ تَحْرِيكُهُ يَمِينًا وَشِمَالًا أَوْ فَوْقُ وَتَحْتُ وَاعْلَمْ أَنَّ النَّتْرَ عِنْدَ أَهْلِ اللُّغَةِ هُوَ التَّحْرِيكُ الْخَفِيفُ وَحِينَئِذٍ فَوَصْفُ الْمُصَنِّفُ لَهُ بِالْخِفَّةِ كَاشِفٌ؛ لِأَنَّهُ لَا يَكُونُ إلَّا كَذَلِكَ لِأَخْذِ الْخِفَّةِ فِي مَفْهُومِهِ وَلَيْسَ وَصْفًا مُخَصَّصًا كَمَا هُوَ الشَّأْنُ فِي الْأَوْصَافِ (قَوْلُهُ: لِأَنَّهُ) أَيْ الذَّكَرَ كَالضَّرْعِ (قَوْلُهُ: أَعْطَى النَّدَاوَةَ) أَيْ فَيَتَسَبَّبُ عَدَمَ التَّنْظِيفِ (قَوْلُهُ: وَلِأَنَّ قُوَّةَ ذَلِكَ) أَيْ السَّلْتِ (قَوْلُهُ: وَيَضُرُّ بِالْمَثَانَةِ) أَيْ يُصَيِّرُهَا مَرْخِيَّةً سَائِبَةً لَا تُمْسِكُ عَلَى الْبَوْلِ بَلْ كُلَّمَا حَصَلَ فِيهَا شَيْءٌ نَزَلَ مِنْهَا (قَوْلُهُ: إلَى أَنْ يَغْلِبَ عَلَى الظَّنِّ إلَخْ) هَذَا غَايَةٌ لِقَوْلِ الْمُصَنِّفِ مَعَ سَلْتِ ذَكَرٍ وَنَتْرٍ وَعُلِمَ مِنْ هَذَا أَنَّ الْمَدَارَ عَلَى حُصُولِ الظَّنِّ بِانْقِطَاعِ الْمَادَّةِ فَإِذَنْ لَا يُشْتَرَطُ التَّنْشِيفُ وَأَنَّهُ لَوْ مَكَثَ مُدَّةً بِحَيْثُ يَغْلِبُ عَلَى الظَّنِّ أَنَّهُ لَمْ يَبْقَ شَيْءٌ يُخْرِجُهُ السَّلْتُ كَانَ ذَلِكَ كَافِيًا وَلَوْ لَمْ يَسْلُتْ (قَوْلُهُ: وَلَا يَتْبَعْ الْأَوْهَامَ) أَيْ فَإِذَا غَلَبَ عَلَى ظَنِّهِ انْقِطَاعُ الْمَادَّةِ مِنْ الذَّكَرِ تَرَكَ ذَلِكَ السَّلْتَ وَالنَّتْرَ وَلَا يَعْمَلُ عَلَى مَا عِنْدَهُ مِنْ تَوَهُّمِ بَقَاءِ شَيْءٍ فِي الذَّكَرِ مِنْ الْمَادَّةِ وَمَا شَكَّ فِي خُرُوجِهِ بَعْدَ الِاسْتِبْرَاءِ كَنُقْطَةٍ فَمَعْفُوٌّ عَنْهَا، فَإِنْ فَتَّشَ وَرَآهَا فَحُكْمُ الْحَدَثِ وَالْخَبَثِ أَيْ أَنَّهَا تَنْقُضُ الْوُضُوءَ إنْ لَمْ تُلَازِمْ جُلَّ الزَّمَانِ وَيَجِبُ غَسْلُهَا إنْ لَمْ تَعْتَرِهِ كُلَّ يَوْمٍ. (قَوْلُهُ: مِنْ كُلِّ مَا يَجُوزُ الِاسْتِجْمَارُ بِهِ) أَيْ مَعَ الِاقْتِصَارِ عَلَيْهِ وَهُوَ الْيَابِسُ الطَّاهِرُ الْمُنَقِّي غَيْرُ الْمُؤْذِي وَغَيْرُ الْمُحْتَرَمِ، وَأَمَّا مَا لَا

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