Car la science est de deux ordres : un savoir présent chez les créatures et un savoir qui leur fait défaut. Renier le savoir disponible relève de la mécréance, et revendiquer le savoir absent relève, lui aussi, de la mécréance.
Telle est l’attitude des savants fermement enracinés dans la science, tandis que les ignorants s’enfoncent dans des égarements et des innovations qu’ils ont inventés.
La science, en vérité, se divise en deux catégories :
- Un savoir qu’Allah s’est réservé – Lui seul le connaît –, à savoir la connaissance de l’invisible.
- Un savoir présent parmi les créatures, qu’Allah leur a enseigné pour leur bien ; c’est celui qu’Il a fait descendre dans le Livre et qu’Il a confié au Messager : « Il leur enseigne le Livre et la sagesse » (Al-Baqarah, 129). Le « Livre » désigne le Coran et la « sagesse » la sunna – certains ont dit : la compréhension de la religion. Ainsi, Allah nous a instruits et Son Messager nous a instruits : « Il vous enseigne ce que vous ne saviez pas » (Al-Baqarah, 151).
Rejeter la science légiférée – qu’elle contienne des ordres, des interdictions ou des informations sur le passé et l’avenir – constitue un acte de mécréance. De même, prétendre posséder la connaissance de l’invisible est un acte de mécréance : « Dis : nul, dans les cieux et sur la terre, ne connaît l’invisible en dehors d’Allah » (An-Naml, 65). Le plus parfait des êtres – paix et salut sur lui – a dit : « Si je connaissais l’invisible, j’aurais multiplié les biens » (Al-Aʿrâf, 188). Le Prophète – paix et salut sur lui – ne connaît donc l’invisible que dans la mesure où Allah le lui révèle : « Ils n’embrassent de Sa science que ce qu’Il veut » (Al-Baqarah, 255).