Puis il fut élevé, en personne et à l’état de veille, jusqu’au ciel,
et plus haut encore, jusqu’où Allah voulut dans les sphères supérieures. Allah l’honora comme Il l’entendit et lui révéla ce qu’Il voulut : « Le cœur n’a pas menti sur ce qu’il a vu ».
Il s’agit de cette ascension – « puis il s’approcha » de son Seigneur, ou bien Gabriel s’approcha du Messager ﷺ – « et se suspendit, se trouvant à deux portées d’arc, voire plus près encore ; alors Il révéla à Son serviteur ce qu’Il révéla » (sourate 53, versets 8-10).
L’Isrâʾ et le Miʿrâj sont donc une vérité tangible. Celui qui les nie ou les tient pour impossibles est mécréant envers Allah ; celui qui leur donne une interprétation figurée est égaré. Seuls les polythéistes les ont rejetés. Ainsi, affirmer que le Prophète n’aurait été transporté que par son âme, sans son corps, ou que l’évènement se serait déroulé en rêve plutôt qu’en état d’éveil, relève de l’erreur, car Allah déclare : « Il fit voyager Son serviteur ». Or le terme serviteur (ʿabd) englobe l’âme et le corps ; on ne l’emploie jamais pour la seule âme. Le voyage se produisit donc à l’état de veille, et non en songe : un rêve n’a pas valeur de preuve, tout le monde rêve et voit des choses extraordinaires, ce qui n’est pas une particularité du Prophète ﷺ.
Il s’éleva corporellement : voilà qui réfute ceux qui prétendent qu’il ne s’éleva qu’en esprit. Non, il s’éleva avec toute sa personne – et le mot shakhṣ désigne à la fois l’âme et le corps. Allah dit bien : « Il fit voyager Son serviteur ».
Cette ascension vers le ciel s’est accompagnée, en ce lieu même, de la révélation qu’Allah voulut lui transmettre. Allah, exalté soit-Il, lui parla sans qu’il Le voie, car Allah ne se laisse pas voir dans la vie d’ici-bas.
Telle est l’Ascension évoquée dans la sourate an-Najm.