car, comme l’a proclamé le Livre de notre Seigneur : « Ce jour-là, des visages seront resplendissants, tournés vers leur Seigneur dans la contemplation » (75 : 22-23). L’exégèse de ce verset doit se faire conformément à ce qu’Allah – Très-Haut – a voulu et sait.
Moïse ne demanderait jamais à son Seigneur une chose illicite ; il ne Lui a donc demandé qu’une chose légitime, mais qui ne peut se produire en ce monde. Allah – exalté soit-Il – a dit : « Tu ne Me verras pas », et Il n’a pas dit : « Je ne suis pas visible. »
Allah sera donc vu dans l’au-delà (1), et les plus dignes de cette vision sont les prophètes.
Quant à l’expression « sans comment », elle signifie qu’il n’est pas permis de dire : « Comment verront-ils Allah ? » Il en va de cette question comme de tous les attributs divins : nous y croyons, nous en comprenons le sens et nous les affirmons, mais leur modalité nous est inconnue ; Allah seul la connaît, glorifié soit-Il.
Le verset fournit une preuve explicite de la vision d’Allah par les regards : le verbe y est construit avec la préposition ilâ (« vers »), ce qui indique la vision oculaire. Les muʿtazilites ont prétendu que « ilâ Rabbihâ » (« vers leur Seigneur ») ferait de ilâ le pluriel de niʿma (« bienfait ») et signifierait : « contemplant les bienfaits de leur Seigneur. » Pareille absurdité prête à rire aux esprits sensés, car une particule ne se transforme pas en pluriel.
En conséquence, toute exégèse de l’énoncé « vers leur Seigneur, ils seront regardants » (al-Qiyâma, 23) doit se faire selon le sens qu’Il a voulu.