Al-Taliqat al-Mukhtasarah ala Matn al-Aqidah al-TahawiyyahSalih Al-Fawzan

car, comme l’a proclamé le Livre de notre Seigneur : « Ce jour-là, des visages seront resplendissants, tournés vers leur Seigneur dans la contemplation » (75 : 22-23). L’exégèse de ce verset doit se faire conformément à ce qu’Allah – Très-Haut – a voulu et sait.

Moïse ne demanderait jamais à son Seigneur une chose illicite ; il ne Lui a donc demandé qu’une chose légitime, mais qui ne peut se produire en ce monde. Allah – exalté soit-Il – a dit : « Tu ne Me verras pas », et Il n’a pas dit : « Je ne suis pas visible. »

Allah sera donc vu dans l’au-delà (1), et les plus dignes de cette vision sont les prophètes.

Quant à l’expression « sans comment », elle signifie qu’il n’est pas permis de dire : « Comment verront-ils Allah ? » Il en va de cette question comme de tous les attributs divins : nous y croyons, nous en comprenons le sens et nous les affirmons, mais leur modalité nous est inconnue ; Allah seul la connaît, glorifié soit-Il.

Le verset fournit une preuve explicite de la vision d’Allah par les regards : le verbe y est construit avec la préposition ilâ (« vers »), ce qui indique la vision oculaire. Les muʿtazilites ont prétendu que « ilâ Rabbihâ » (« vers leur Seigneur ») ferait de ilâ le pluriel de niʿma (« bienfait ») et signifierait : « contemplant les bienfaits de leur Seigneur. » Pareille absurdité prête à rire aux esprits sensés, car une particule ne se transforme pas en pluriel.

En conséquence, toute exégèse de l’énoncé « vers leur Seigneur, ils seront regardants » (al-Qiyâma, 23) doit se faire selon le sens qu’Il a voulu.

(1) D’après Abu Musa al-Ashʿari, le Messager d’Allah a dit : « Deux jardins auront des récipients et tout ce qu’ils contiennent en argent, et deux autres jardins auront des récipients et tout ce qu’ils contiennent en or. Entre les gens et la vision de leur Seigneur ne subsiste qu’un voile de majesté couvrant Son visage, dans le Jardin d’Adn. » Ḥadith rapporté par al-Boukhari, nos 4878 et 4880, et par Muslim, n° 180.
كما نطق به كتاب ربنا: (وجوه يومئذ ناضرة * إلى ربها ناظرة) : وتفسيره على ما أراده الله تعالى وعلمه: ــ موسى لا يسأل ربه شيئاً لا يجوز، إنما سأله شيئاً يجوز، ولكن لا يكون هذا في الدنيا، فالله سبحانه قال: (لن تراني) ولم يقل: إني لا أرى. فالله يُرى في الآخرة (١) ، وأولى الناس بهذه الرؤية الأنبياء. وقوله: "ولا كيفية" أي: لا يقال: كيف يرون الله؟ لأن هذا كسائر صفات الله ﷿ لا نعرف كيفيتها، فنحن نؤمن به ونعرف معناها ونثبتها، ولكن الكيفية مجهولة ولا نعرفها، فالله أعلم بها سبحانه. هذا صريح أنه نظر إلى الله بالأبصار حيث عُدّي بإلى، فمعناه الرؤية بالأبصار، قالت المعتزلة: (إلى ربها) (إلى) جمع بمعنى: نِعَم. أي إلى نِعَم ربها ناظرة. وهذا تخريف يضحك منه العقلاء، لأن الحرف لا يحول إلى جمع. أي تفسير (إلى ربها ناظرة) [القيامة: ٢٣] أي: على ما أراده
(١) فعن أبي موسى الأشعري ﵁ قال: قال رسول الله ﷺ: "جنتان من فضة آنيتهما وما فيهما، وجنتان من ذهب آنيتهما وما فيهما، وما بين القوم وبين أن ينظروا إلى ربهم إلا رداء الكبر على وجهه في جنة عدن". ...أخرجه البخاري رقم (٤٨٧٨، ٤٨٨٠) ومسلم رقم (١٨٠) .

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