Il guide qui Il veut, Il protège et accorde la santé par pure grâce ; Il égare qui Il veut, les délaisse et les éprouve en toute justice.
Lorsque des gens dirent : « Ce qu’Allah veut et ce que Muhammad veut », il le leur désapprouva et déclara : « Dites plutôt : “Ce qu’Allah veut, puis ce que Muhammad veut.” » Par la conjonction « puis » (thumma), qui marque l’ordre et l’intervalle, il plaça sa propre volonté après celle d’Allah, et non par le « et » (wa), lequel impliquerait l’association.
Allah – exalté soit-Il – guide qui Il veut et égare qui Il veut ; cela relève de Son décret et de Sa prédestination. Toutefois, Il guide celui dont Il sait qu’il est apte à la guidée et qui la recherche avec empressement ; Il le facilite alors vers la voie aisée. Et Il égare qui Il veut en raison de son indifférence à l’égard de la guidée et du bien ; Allah l’égare ainsi en sanction de son désintérêt et de son manque de désir pour le bien.
Cette réalité est illustrée par Sa parole : « Quant à celui qui donne, craint [Allah] et atteste la plus belle récompense, Nous le faciliterons vers la voie aisée » (al-Layl 92 : 5-7). Ici, la cause provient du serviteur, tandis que le décret vient d’Allah. Et Il dit encore : « Mais celui qui est avare, se croit autosuffisant et traite de mensonge la plus belle récompense, Nous le faciliterons vers la voie difficile » (al-Layl 92 : 8-10). Là aussi, la cause émane du serviteur et le décret d’Allah, lequel le décrète toutefois comme châtiment pour lui.
Ainsi, la prédestination de la guidée est une grâce qu’Allah accorde ; Il se montre généreux envers celui qui veut le bien et la guidée, et Il lui facilite le bien ainsi que sa réalisation – pour son propre intérêt, non pour celui d’Allah. Quant à l’égarement des égarés, il est justice de Sa part, rétribution de leur indifférence et de leur refus du bien.