pouvait, s’il le voulait, faire qu’une chose existe, et que ce qu’il ne veut pas n’existe pas ; il serait, selon eux, indépendant dans ses actes, sa volonté et son libre choix. Telle est l’opinion des qadarites, qu’ils fassent partie des muʿtazilites ou d’autres écoles.
Les jabrites, à l’inverse, affirment que le serviteur ne possède aucune volonté ; la volonté appartient uniquement à Allah, et le serviteur se meut sans choix ni intention, comme se mettrait en mouvement une machine.
Ainsi, un groupe a exagéré dans l’affirmation de la seule volonté d’Allah, tandis qu’un autre a exagéré dans l’affirmation de la seule volonté du serviteur.
Les gens de la Sunna et du groupe, quant à eux, reconnaissent les deux volontés et considèrent que la volonté du serviteur est liée à celle d’Allah. Ils s’appuient pour cela sur les deux versets cités plus haut : « Et vous ne voulez… », qui établit la volonté des serviteurs, et « …sauf si Allah veut », qui établit la volonté d’Allah. Ces versets indiquent que la volonté du serviteur n’est pas autonome ; elle est subordonnée à la volonté d’Allah, car le serviteur est l’une des créatures d’Allah : Il l’a créé, et Il a créé sa volonté et son intention.
C’est pourquoi, lorsqu’un homme dit un jour au Prophète – paix et bénédictions sur lui – : « Ce qu’Allah veut et ce que tu veux », le Prophète répliqua : « As-tu donc fait de moi un égal à Allah ? » – c’est-à-dire un associé dans la volonté – « Dis plutôt : “Ce qu’Allah veut, Lui seul.” » (1)