Entre la confiance excessive et le désespoir :
De même, cela fait partie de la croyance des gens de la Sunna et du groupe : ils se maintiennent au juste milieu entre le fait de se croire à l’abri du stratagème d’Allah et celui de désespérer de Sa miséricorde. Ils espèrent la miséricorde d’Allah, sans jamais se sentir en sécurité vis-à-vis de Son stratagème, ni de Son châtiment ou de l’épreuve ; mais ils ne sombrent pas pour autant dans le désespoir de Sa miséricorde. Ils associent ainsi la crainte et l’espérance, comme l’ont fait les prophètes. Le Très-Haut dit : « Ils rivalisaient au bien, Nous invoquaient avec désir et crainte, et se montraient humblement soumis à Nous. » ⦗Al-Anbiyāʾ : 90⦘. Tel était l’état des prophètes : leur crainte d’Allah ne les poussait pas au désespoir de Sa miséricorde. Le Très-Haut dit encore : « Seuls les gens mécréants désespèrent du secours d’Allah. » ⦗Yūsuf : 87⦘, et : « Qui donc désespère de la miséricorde de son Seigneur, sinon les égarés ? » ⦗Al-Ḥijr : 56⦘. De même, leur espérance en Allah ne les conduisait pas à se croire à l’abri de Son stratagème. Le Très-Haut dit : « Se sentent-ils à l’abri du stratagème d’Allah ? Nul ne s’en croit à l’abri si ce n’est les perdants. » ⦗Al-Aʿrāf : 99⦘.
Abraham, le père des prophètes, disait : « Préserve-moi, ainsi que mes enfants, de l’adoration des idoles. » ⦗Ibrāhīm : 35⦘. Abraham ne se sentait donc pas assuré pour lui-même ; il redoutait la tentation, car il restait un être humain.
L’homme ne doit donc pas se croire en sécurité pour lui-même et dire : « Je suis un homme vertueux. » Il doit plutôt craindre pour lui-même, sans toutefois désespérer de la miséricorde d’Allah. Le Très-Haut a dit : « Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah ! Certes, Allah pardonne les péchés…” »