Et nous croyons aux signes annonciateurs de l’Heure – au premier rang desquels la sortie du Dajjâl ; c’est un sujet d’une grande importance qu’il faut connaître, surtout en des temps d’ignorance et de superstition.
Le mot « signes » (ashrâṭ) est le pluriel de shart, qui signifie « marque » ou « indice ». De là vient l’appellation « shurṭî » (agent de police), parce qu’il porte un insigne distinctif.
Les « signes de l’Heure » sont donc les indices qui attestent de la proximité de sa survenue. Le Très-Haut dit : « Qu’attendent-ils donc, sinon que l’Heure les surprenne à l’improviste ? Certes, ses signes sont déjà venus. » (Muḥammad, 18). L’expression « Qu’attendent-ils ? » signifie ici : « que guettent-ils ? », et le mot « à l’improviste » indique que nul, hormis Allah, n’en connaît l’instant. Il dit également : « Son poids pèse lourd dans les cieux et sur la terre ; elle ne viendra à vous que soudainement. » (al-Aʿrâf, 187).
Dans le célèbre ḥadith de Jibrîl, celui-ci interrogea le Prophète ﷺ : « Informe-moi au sujet de l’Heure. » Il répondit : « Celui à qui l’on pose la question n’en sait pas plus que celui qui la pose. » Jibrîl poursuivit : « Alors informe-moi de ses signes. » Il dit : « Lorsque la servante donnera naissance à sa maîtresse, et lorsque tu verras les pieds-nus, démunis, gardiens de troupeaux rivaliser dans la construction de bâtiments toujours plus élevés. » (1)
Les savants ont classé les signes de l’Heure en trois catégories :
- Les petits signes : ils se sont déjà produits et appartiennent au passé.
- Les signes intermédiaires : ils continuent d’apparaître, comme les progrès actuels de l’industrie et des communications, l’extraction des trésors enfouis dans la terre, ou encore le rétrécissement des distances entre les pays, au point que le monde semble n’être plus qu’un seul village.