e jeûne, lorsqu’un phénomène extraordinaire se produit par son entremise ; or il ne s’agit là que de prouesses sataniques. Certains, pour leur part, exagèrent tant à l’égard d’un saint vertueux qu’ils en font une divinité aux côtés d’Allah, comme c’est le cas des adorateurs de tombes. Si tu lisais l’ouvrage d’al-Shaʿrânî intitulé « Ṭabaqât al-Awliyâʾ », tu y découvrirais des choses prodigieusement aberrantes et des récits mensongers : pour eux, le saint serait affranchi de toute responsabilité religieuse et n’aurait plus besoin d’adorer.
Or, quel que soit le degré de piété et de dévotion auquel parvienne l’être humain, il ne sort jamais de la servitude : ni les anges, ni les saints, ni les prophètes. Notre Prophète ﷺ lui-même a déclaré : « Par Allah, j’espère être le plus savant d’entre vous au sujet d’Allah et le plus pieux », alors qu’il est le maître des hommes et le meilleur à avoir jamais foulé la terre. Et Allah lui dit : « Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te parvienne la certitude » (al-Ḥijr, 99).
Personne n’a atteint le rang du Prophète ﷺ sans pour autant se dispenser d’adorer Allah. Même le Messie ﷺ — à son sujet Allah, exalté soit-Il, dit :
« Le Messie ne dédaigne pas d’être un serviteur d’Allah, pas plus que les anges rapprochés ; quant à ceux qui dédaignent Son adoration et s’enorgueillissent, Il les rassemblera tous vers Lui. Puis, à ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres, Il donnera pleinement leurs récompenses et leur ajoutera de Sa grâce ; mais ceux qui ont dédaigné et se sont enflés d’orgueil, Il les châtiera d’un châtiment douloureux, et ils ne trouveront, en dehors d’Allah, ni allié ni secoureur. » (an-Nisâʾ, 172-173).
Tel est, en résumé, l’objet de cette discussion.