mais satanique : il survient par son entremise à titre d’épreuve et de mise à l’épreuve. Il peut ainsi s’envoler dans les airs, marcher sur l’eau ou accomplir d’autres actes hors du commun ; tout cela relève des œuvres des démons.
Le critère est le suivant : nous examinons sa conduite. Si elle concorde avec l’islam, ce qui se produit par sa main est un prodige (karâma) ; sinon, il ne s’agit que du service que lui rendent les démons.
Allah — exalté soit-Il — dit : « Le jour où Il les rassemblera tous : « Ô communauté des djinns, vous avez beaucoup abusé des hommes. » Leurs alliés parmi les hommes diront : « Seigneur, nous avons tiré profit les uns des autres… » » (al-Anʿâm, 128). Le djinn tire profit de l’homme parce que celui-ci se soumet et lui obéit, tandis que l’homme tire profit du djinn parce que celui-ci le sert et lui apporte ce qu’il souhaite.
Allah dit encore : « — Le Feu sera votre demeure, pour y demeurer éternellement, sauf ce qu’Allah voudra. Ton Seigneur est certes Plein de sagesse, Omniscient —. Ainsi faisons-Nous que les injustes soient les alliés les uns des autres, à cause de ce qu’ils se sont acquis. » (al-Anʿâm, 128-129).
Il s’agit donc de prodiges sataniques. La différence entre eux et la karâma réside dans la foi et les œuvres pieuses ; telle est la doctrine des gens de la Sunna et du groupe. Ceux qui les ont combattus se sont fortement embrouillés dans la compréhension de ces phénomènes : les muʿtazilites — et, jusqu’à aujourd’hui, tous les rationalistes qui marchent sur leurs traces — nient l’existence des prodiges, et les plus extrémistes d’entre eux vont jusqu’à rejeter certains miracles, prétextant que l’intellect ne les confirme pas, parce qu’ils font primer leur raison.
La seconde catégorie — les adorateurs de tombes et certains soufis — est tombée dans l’excès inverse : ils ont tellement voulu affirmer les prodiges qu’ils les ont attribués jusqu’aux alliés de Satan, les reconnaissant même à celui qui ne prie pas et n