et l’un d’eux est allé jusqu’à dire :
« Le rang de la prophétie se trouve
légèrement au-dessus du messager
et au-dessous du saint. »
Cela relève de la mécréance, car les meilleurs sont d’abord les envoyés, puis les prophètes, puis les saints. Si les soufis — selon leur prétention — placent le saint avant le prophète, c’est, disent-ils, parce que le saint reçoit directement d’Allah, tandis que le prophète reçoit par l’intermédiaire d’un ange.
L’auteur poursuit : « Nous affirmons qu’un seul prophète est supérieur à l’ensemble des saints. » Cela ne fait aucun doute : tous les saints, du premier au dernier des hommes, n’équivalent pas un seul prophète. Telle est la croyance des gens de la Sunna et du groupe.
Nous abordons ici un sujet capital : celui des prodiges (karâmât). Le karâma est un fait surnaturel ; s’il survient aux mains d’un prophète, on l’appelle miracle (muʿjiza). Tel est, par exemple, le miracle du Coran : hommes et djinns furent incapables d’en produire l’équivalent, et il s’agit du plus grand des miracles. Citons encore le miracle du bâton de Moïse et les neuf signes, ou la résurrection des morts opérée par Jésus fils de Marie.
Si, en revanche, ce phénomène extraordinaire se produit par l’entremise d’un homme pieux, c’est un prodige accordé par Allah, qui se manifeste par sa main et non de son propre fait ; ainsi en fut-il pour les Gens de la Caverne, ou pour Marie, à propos de qui Allah dit : « Chaque fois que Zacharie entrait auprès d’elle dans l’oratoire, il trouvait auprès d’elle une subsistance » (Âl ʿImrân, 37). Sa nourriture lui parvenait tandis qu’elle se consacrait au culte, sans quitter son oratoire. De semblables prodiges se sont également produits dans cette communauté ; Cheikh al-Islâm en a rapporté quelques-uns dans son livre Al-Furqân.
Quant au phénomène surnaturel qui se manifeste aux mains d’un devin ou d’un sorcier, il s’agit là d’un fait extraordinaire