Troisième catégorie : ceux qui, sous un certain angle, relèvent de l’alliance, et sous un autre, de l’inimitié. Il s’agit du musulman pécheur : il possède une part d’alliance proportionnelle à son obéissance, et une part d’inimitié proportionnelle à sa désobéissance. Tout musulman est donc un allié d’Allah, mais à la mesure de la foi qu’il détient.
Ainsi, quiconque se déclare saint – ou se voit attribuer cette sainteté – sans posséder la foi ni la piété n’est qu’un imposteur et un menteur.
Il arrive que certains revendiquent la sainteté alors qu’ils ne sont que sorciers, prêtres païens, charlatans ou devins. Cheikh al-Islâm Ibn Taymiyya a écrit un ouvrage intitulé « Le Critère entre les alliés du Tout Miséricordieux et les alliés de Satan », où il dévoile le cas de ceux qui prétendent à la sainteté et propagent auprès des gens des phénomènes que l’on croit être des karâmât (prodiges), alors qu’il ne s’agit que d’exploits sataniques ; cela sera expliqué plus loin.
Il est donc obligatoire d’aimer les alliés d’Allah, de les prendre pour modèles, de leur manifester notre alliance et de nous rapprocher d’eux.
Quant à la parole de l’auteur : « Nous ne préférons aucun des saints à aucun des prophètes – que la paix soit sur eux », elle constitue une réfutation des soufis, chez qui l’exagération au sujet des saints est telle qu’ils les tiennent pour supérieurs aux prophètes. Les gens de la Sunna et du groupe, eux, ne versent pas dans l’excès ; ils attribuent aux saints le rang qui leur revient. Quant aux soufis égarés, ils les élèvent au-dessus des prophètes, et l’un d’eux est allé jusqu’à dire :