pour notre religion ; n’accepterions-nous donc pas que tu conduises aussi nos affaires temporelles ? » Ils lui prêtèrent alors serment d’allégeance.
Cela, parce qu’Abou Bakr — mis en avant et préféré à l’ensemble de la communauté, doté de mérites incomparables avant comme après l’Hégire — était la personne la plus digne de succéder au Prophète ﷺ. Après lui vint ʿOmar ibn al-Khattâb, conformément à la désignation faite par Abou Bakr ; puis ʿOthmân, choisi à l’unanimité des Compagnons sur avis des membres du conseil consultatif (shûrâ) qu’ʿOmar avait institué avant sa mort parmi les dix auxquels le Prophète ﷺ avait annoncé le Paradis, c’est-à-dire l’élite des Compagnons. À la suite de l’assassinat de ʿOthmân, le califat revint à ʿAlî. Tel est l’ordre légitime de la succession ; quiconque prétend que le califat revenait à ʿAlî dès le décès du Prophète ﷺ s’égare et contredit aussi bien le Prophète ﷺ que le consensus des musulmans.
Les chiites, pour leur part, soutiennent qu’il revenait à ʿAlî et le présentent comme le « légataire » de la communauté ; leur dessein n’est que de semer la confusion et d’attiser les dissensions, sans être pour autant mieux avisés que les Compagnons — qu’Allah les agrée. Ils vont jusqu’à qualifier ces derniers d’oppresseurs ; à leurs yeux, tout blâme formulé dans le Coran viserait les Compagnons, qu’ils traitent d’injustes, de mécréants et d’égarés. C’est pour prémunir les croyants de l’influence de ces fauteurs d’impureté que les savants ont tenu à exposer la question du califat dans les traités de croyance.
Ainsi, placer les quatre califes dans cet ordre précis constitue la doctrine des gens de la Sunna et du groupe, car ce sont les Compagnons eux-mêmes qui l’ont établi.